1863, un ange dans l’enfer de Gettysburg (2/3)

aumonierPsaume 23 verset 1 :  « L’Éternel est mon berger : Je ne manquerai de rien. »

Lorsque l’aumônier militaire vint, il reconnut tout de suite le garçon car il l’avait souvent vu aux réunions en pleine campagne. Il prit sa main et dit : « Mon cher Karl, je suis très navré de te voir dans un tel état. »

« Oh, pour moi ça va bien, monsieur le Pasteur ! » répondit-il. « Le docteur voulait me chloroformer, mais je lui ai résisté. Ensuite il m’a proposé un cognac et je l’ai aussi refusé. Si mon Sauveur m’appelle maintenant, je pourrai le rencontrer avec l’esprit lucide… »

« Peut-être ne vas-tu pas mourir, Karl » disait l’aumônier, mais si le Seigneur te reprend quand même auprès de Lui, puis-je encore faire quelque chose pour toi ? »

« Monsieur le pasteur, s’il-vous-plait, cherchez sous mon oreiller ma petite Bible. Vous y trouverez l’adresse de ma mère. S’il-vous-plait, envoyez-lui la Bible et écrivez-lui aussi que depuis que je suis parti de la maison, je n’ai jamais laissé passer une journée sans avoir lu un passage dans la Bible et j’ai prié chaque jour qu’il bénisse ma chère mère. Que ce soit à l’entraînement, au combat ou au Lazaret, je l’ai toujours fait. »

« Puis-je encore faire autre chose pour toi mon enfant ? » demanda l’aumônier. « Oui, s’il-vous-plaît, écrivez une lettre au responsable de l’école du dimanche à Brooklyn,  et dites-lui que les paroles aimables et le bon enseignement que j’ai reçu là bas, ainsi que les prières, je ne les ai jamais oubliées. Elles m’ont accompagné à travers les dangers des combats, et maintenant à l’heure de ma mort, je prie mon Sauveur de bénir mon cher responsable de l’école du dimanche… Voilà tout. »

gettysburg-6Il se tourna vers moi et dit : « Maintenant je suis prêt, docteur. Et je vous promets que je ne gémirai pas pendant que vous ôterez mon bras et ma jambe si vous ne me donnez pas de chloroforme. » Je le lui promis. Mais, moi-même, je n’avais pas le courage de prendre le couteau dans la main avant d’être allé dans une pièce adjacente pour prendre un verre d’alcool pour stimuler mes nerfs et commencer cette dure besogne. Pendant que je coupais dans la chair, aucun bruit ne sortit de la bouche de Karl. Mais lorsque je commençais à séparer l’os, le garçon pris le coin de l’oreiller dans sa bouche et tout ce que j’ai pu entendre était « Oh! Jésus, bien-aimé Jésus, soutiens moi, maintenant. » Il tint sa promesse et resta silencieux !

La nuit suivante, je ne pus pas dormir. J’avais beau essayer, je voyais toujours ses doux yeux bleus, et lorsque je fermais les miens alors j’entendais dans mes oreilles : « Oh! Jésus, bien-aimé Jésus, soutiens moi, maintenant. » Entre minuit et une heure, je me levai et allai au Lazaret (pièce où l’on mettait certains malades en quarantaine), ce que je ne faisais jamais, à moins d’y être appelé. Mais le souhait de revoir ce garçon était trop grand…

gettysburg-5A mon arrivée à l’hôpital, on m’annonça que 16 des cas désespérés étaient déjà décédés et avaient été de suite transférés sous la tente mortuaire. « Comment va Karl ? Est-ce qu’il est parmi les morts ? » demandai-je… « Non, Docteur, il dort aussi paisiblement qu’un petit enfant. » Lorsque j’arrivai à son chevet une des infirmières me raconta que vers 9 heures, deux des membres de son église étaient venus à l’hôpital pour lire et chanter. L’aumônier militaire était aussi venu avec eux. Celui-ci s’était agenouillé au lit de Karl et avait dit une ardente prière. Après cela ils avaient encore chanté, à genoux, le plus beau chant que je n’ai jamais entendu. « Jésus, Sauveur de mon âme. » que Karl entonna aussi. Je n’arrive pas à comprendre comment ce garçon, qui avait traversé de telles souffrances, pouvait encore chanter.

Cinq jours après avoir amputé le bras et la jambe de ce cher garçon, celui-ci m’appela. C’est de lui que j’entendis ce jour-là ma première prédication de l’évangile. « Docteur, » disait -il, « Mon heure est venue et je ne pense pas vivre le prochain lever du soleil. Mais je remercie Dieu, je suis prêt à partir. Mais avant que je ne meure, je voudrais de tout mon cœur vous remercier pour votre amabilité. Docteur, vous êtes juif. Vous ne croyez pas en Jésus. Voulez-vous, s’il vous plaît, restez devant ce lit et voir comment je fais confiance à mon Sauveur jusqu’au bout. »

J’essayais de rester mais ne le pouvais pas. Je n’avais pas le courage de rester pour voir comment un jeune chrétien meurt, joyeux dans l’amour de ce Jésus qu’on m’avait appris à haïr. Ainsi je quittais rapidement la pièce. Je m’assis dans ma pièce privée, la tête entre les mains. Après 20 minutes, le surveillant vint pour me dire que Karl Coulson souhaitait me revoir …

(à suivre)…

Bonne semaine et bonnes fêtes !

Debout Jeunesse

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