49 heures de bouchon

Ésaïe 41 verset 10 : “Ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu, je te fortifie, je viens à ton secours.”

Bien des fois les vents nous sont contraires. Tout semble se mettre en place pour nous empêcher de faire ce qui nous semble juste et bon ou tout simplement ce que nous avons prévu d’accomplir. Qui d’entre nous n’a pas eu ce qu’on appelle des “bâtons dans les roues” dans ses projets ? Bien souvent, dans ces situations, nous pouvons devenir inquiets, anxieux, douter et se poser des tas de questions qui ne font qu’empirer notre état d’anxiété et de doute. Dans ces situations il est bon de se rappeler que Dieu veille sur ses enfants comme un Père. Il sait parfaitement le pourquoi des événements et de leurs tournures qui nous semblent êtres comme de véritables montagnes infranchissables. Ne nous privons jamais d’aller vers Lui avec nos questions, nos supplications, car Il est notre Dieu, toujours prêt à nous fortifier et à nous porter secours dans les situations critiques que nous pouvons traverser. Dieu donne alors bien souvent d’une manière dont on ne l’attend pas, une porte de sortie de crise, car Il ne laisse pas ses enfants dans l’incertitude. C’est ce que deux vaillants missionnaires partis pour évangéliser ont pu expérimenter sur les routes du sud de la France…

Sous un ciel gris, deux missionnaires parcourent les neuf cents kilomètres qui les mènent de Berne à Perpignan, aux portes de l’Espagne. En quelques heures la situation météorologique se détériore rapidement. Nos deux vaillants évangélistes entrent de plein fouet dans une zone orageuse. Les tourbillons de vent et les rafales s’intensifient. C’est avec peine que Fredy tente de maintenir le véhicule sur la chaussée inondée. Mais leur ennuis ne font que commencer… La tempête qui se transforme en véritable ouragan atteint maintenant une violence telle que des toits sont emportés, des arbres déracinés, des pylônes électriques rompus comme des fétus de paille ! Au lieu dit “Le Boulou”, les câbles à haute tension tombés sur l’autoroute interrompent brusquement la circulation, impossible d’aller plus loin ! Le bus de nos amis est lui aussi immobilisé entre deux camions. En quelques minutes, la température chute et c’est une impressionnante tempête de neige qui s’abat sur les automobilistes piégés… Même nos deux missionnaires helvètes n’en ont vu de pareille dans le Jura suisse ! Dans une rare violence, l’ouragan s’abat sur les Pyrénées et la côte d’Azur, de Narbonne aux portes de Barcelone. Le trafic est paralysé sur trois cents kilomètres. Des milliers de véhicules, essentiellement des camions, sont bloqués dans la neige dont la couche atteint rapidement plus d’un mètre. La situation est grave. Le gouvernement français déclare le sud “zone sinistrée” et applique le plan Orsec, une mesure d’urgence en cas de catastrophe naturelle. Les secours s’organisent pour assister la population, mais l’aide arrive parfois trop tard. Cette même nuit, à plusieurs centaines de mètres de nos amis, survient un drame : un automobiliste se voit contraint de quitter son véhicule immobilisé dans la neige entre deux localités. Son bébé âgé de sept mois dans les bras, il s’élance dans la bourrasque et tente de rejoindre son domicile à pied. Le malheureux n’atteindra jamais son but. Au petit matin on retrouvera les deux corps sans vie, ensevelis sous la neige.

Dans ce contexte de cataclysme, Fredy et Fritz sont en prière dans leur “hôtel roulant” confortablement chauffé. Ils comptent parmi les privilégiés et disposent même de réserves de nourriture. En effet, avant leur départ, une amie a tout prévu en garnissant le garde-manger de victuailles et de quoi désaltérer une troupe de soldats ! La neige tombe sans discontinuer. La couche se reforme au fur et à mesure que Fredy s’applique à l’enlever aux abords du véhicule. Après une journée d’attente, nos deux amis doivent se rendre à l’évidence : à vues humaines, nulle issue à cette situation avant plusieurs heures. Les lignes téléphoniques sont interrompues. Ils sont isolés du reste du monde. Qu’en est-il de leur programme missionnaire… de l’action d’évangélisation planifiée  avec  le pasteur C. Martinez en Andalousie ? Impossible d’aviser leurs familles ou les amis en Espagne. Tout semble compromis. Nos deux missionnaires intercèdent inlassablement : “Seigneur ! Nous avons tant prié pour cette campagne d’évangélisation. De nombreux chrétiens nous attendent là bas ! Ils attendent la bonne nouvelle de l’Évangile !  N’entends-Tu donc pas la supplication de tes enfants ?” Que signifient ces luttes intérieures ? Le découragement cherche-t-il à envahir le cœur de nos envoyés ? De là à penser que Dieu a oublié Ses serviteurs, il n’y a qu’un pas. Ils se laissent prendre au piège du découragement. L’inquiétude et le doute s’installent parce qu’ils regardent aux circonstances. Pour nos deux amis et pour les centaines de chauffeurs de camion bloqués sous le manteau neigeux, cette deuxième nuit semble interminable. Des veilleurs scrutent l’horizon et pensent que chaque lumignon signale l’arrivée d’un chasse-neige, mais ce n’est qu’un leurre ! A l’aube ils apprennent par radio que tous les moyens disponibles en France sont mobilisés pour libérer les captifs de la neige, mais les équipes de secours sont débordées par l’ampleur de la catastrophe. Après vingt heures d’attente passive, nos amis prennent soudainement conscience de leur devoir missionnaire.

Fredy ! Que de fois avons-nous secouru des victimes dans les régions du séisme en Italie et maintenant nous restons inactifs, les bras croisés ! C’est vrai. Nous sommes ingrats ! Nous goûtons le confort de notre habitacle, nous disposons d’un réchaud pour préparer nos repas, tandis qu’autour de nous les gars ont faim et froid dans leur camion à bout de carburant ! Les tâches sont vite réparties. Fritz, de santé fragile, restera à l’intérieur pour se consacrer à une fonction importante : la prière. Tandis que Fredy s’attelle fébrilement à préparer du café chaud qu’il va offrir alentour. Cependant, pour effectuer sa distribution, pas facile ! Doté de simples chaussures basses, il doit faire la navette à travers la neige dont la couche atteint parfois ses hanches ! A la première sortie déjà, ses pantalons sont trempés jusqu’aux genoux, cependant la joie du service lui fait oublier les inconvénients. Cette action spontanée fait l’effet d’une bombe atomique ! Les chauffeurs n’en croient pas leurs yeux. Comme mues par un automatisme, les portières des cabines s’ouvrent, les appels et les hourras fusent de partout ! Ces visites-surprises de Fredy se répètent. Elles sont l’occasion de témoignage car le café “expresso” est accompagné de l’Évangile et d’une parole d’exhortation suivant de discussion :

  • “Bon courage les amis ! Dieu peut calmer la tempête. Il est le maître du temps et veut être le maître de nos vies. Confiez-vous en Lui ! “
  • “Mais… qui êtes-vous ? Qui vous envoie ?”
  • “Nous sommes des missionnaires.”
  • “D’où venez-vous ? Qui est à l’origine de cette idée ? Combien êtes-vous payé pour faire ça ?”

De toutes parts, Fredy est assailli de questions. Dans le feu de l’action, il n’a guère de temps à perdre en explications… Vous voyez ce bus bleu là-bas, allez-y ! Adressez-vous à mon camarade Fritz qui vous renseignera. Plusieurs chauffeurs rejoignent Fritz qui leur parle de l’amour de Dieu et prie avec ceux qui le désirent. Nos deux missionnaires bénirent Dieu pour tout ce qu’Il a accompli ces deux jours là malgré des circonstances qui paraissaient en premier lieu hostiles à leur ministère. En dépit des difficultés, Dieu avait exaucé leurs prières : Premier exaucement de prière : Leur bus, où le matin encore s’élevaient leurs questionnements, s’était mué en sanctuaire, et en maison de prière. Deuxième exaucement : Le découragement de nos deux collaborateurs a fait place à la joie du service. Troisième exaucement : De nombreuses personnes ont été confrontées à l’Évangile. Tel était le plan de Dieu pour chacune. Quatrième exaucement : Non loin de là, deux chasse-neige travaillèrent avec acharnement pour dégager une sortie de secours. Ainsi, après quarante-neuf heures de blocus, nos équipiers purent enfin rejoindre la frontière espagnole par la route du littoral. Cinquième exaucement : Malgré ce contretemps apparent et un important retard sur le programme, nos missionnaires arrivèrent au moment juste en Andalousie. Vingt-huit villes et villages seront ensemencés et mis au bénéfice de la manne céleste. Tel fut le bilan d’une campagne d’évangélisation apparemment vouée à l’échec à cause d’une tempête de neige absolument exceptionnelle.

Psaumes 37 verset 3 à 5 : Confie-toi en l’Éternel, et pratique le bien. Aie le pays pour demeure et la fidélité pour pâture. Fais de l’Éternel tes délices, et il te donnera ce que ton cœur désire. Recommande ton sort à l’Éternel, Mets en lui ta confiance, et il agira.”

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : D’après le témoignage vécu de F. Gilgen