Bull Run (3/4)

Psaume 24 verset 1 : “De David. Oui, l’Éternel est ma lumière et mon Sauveur : de qui aurais-je crainte ? L’Éternel protège ma vie : de qui aurais-je peur ?” Psaume 24 verset 14 : Attends-toi donc à l’Éternel ! Sois fort ! Affermis ton courage ! Oui, attends-toi à l’Éternel !”

En prenant le premier et le dernier verset de ce psaume, David nous démontre qu’avec Dieu dans notre vie, nous n’avons pas de crainte à avoir. Bien des fois nous pouvons perdre de vue cette vérité. Et pourtant même dans le mystère de la vallée de l’ombre de la mort, Dieu rassure et promet d’accompagner ses enfants (Psaume 23 verset 4). C’est pourquoi, si nous perdons courage, si la lassitude nous envahit, ou bien que nous connaissons de grandes déceptions et/ou désillusions, burn-out ou dépressions, la Parole de Dieu nous encourage à lever les yeux et reprendre courage ! Pendant sa vie, David a dû à plusieurs reprises lever les yeux vers Dieu. Qu’il soit au sommet de sa gloire, ou désespéré et au fond du trou, cet homme n’a jamais oublié qu’il y a un Dieu Saint vers qui il peut aller. Un Dieu au-dessus de tout, miséricordieux, toujours prêt à le guider, le relever de ses chutes, lui pardonner son péché. Et Dieu est le même encore aujourd’hui pour tous ceux qui se confient en Lui par et en Jésus-Christ Son fils. C’est pourquoi : “Je t’ai donné cet ordre : Prends courage et tiens bon, ne crains rien et ne te laisse pas effrayer, car moi, l’Éternel ton Dieu, je serai avec toi pour tout ce que tu entreprendras.” (Josué 1 verset 9) C’est sûr de cette parole que notre courageux Tom va poursuivre son aventure malgré les imprévus, les doutes et les difficultés.

Tom sait qu’il joue gros. Il doit en tout premier lieu passer les lignes ennemies sans se faire tuer ou être fait prisonnier, puis trouver le campement des troupes de l’Union, s’introduire chez le président, le convaincre de signer la grâce de son ami déserteur, puis revenir à Centreville, le tout en moins de 48 heures. En somme, accomplir une chose impossible ! Pourtant Tom sait dans son cœur que Dieu le gardera dans son entreprise, il ne peut pas expliquer cette profonde certitude, mais il la ressent profondément, il est confiant. Après avoir chevauché deux bonnes heures sans difficultés vers le sud, il se trouve en face d’une forêt. Il décide d’y pénétrer et d’y dissimuler son cheval. Il lui faudra continuer à pieds dans la plus grande discrétion, car il pénètre dans le territoire contrôlé par les sudistes. Il doit traverser une bande de 15 kilomètres avant d’être de nouveau en quasi sécurité. Pour cela mieux vaut attendre la nuit pour passer le plus inaperçu possible. Celle-ci est partiellement noire, en effet la lune est à moitié pleine. Un petit vent vient de se lever et fait bruisser les feuilles des arbres, couvrant ainsi le bruit des pas de Tom sur le sol. Il avance toujours plein sud, guidé par sa petite boussole. Plus il avance et plus ses yeux s’habituent à l’obscurité. Il avance d’un pas sûr et rapide, tout semble aller pour le mieux, quand une voix l’interpelle : “Halte ! Plus un geste maudit Yankee ! Tu es fait comme un rat !” Tom est littéralement surpris par cette injonction qui lui vient de nulle part, il s’arrête et ne bouge plus. Il ne sait pas d’où peu bien venir cette voix. Il lui semble néanmoins qu’elle lui provient d’un peu plus en avant, à peine une trentaine de mètres tout au plus… Dans sa tête tout va très vite, il prie : “Seigneur que dois-je faire ? Viens à mon aide je t’en prie…” Tom entend des bruits de pas, et discerne dans la pénombre une patrouille ennemie qui se dirige tout droit vers lui. A ce moment précis, le vent semble tourner, et amène un gros et épais nuage devant l’astre lumineux plongeant la forêt dans une obscurité profonde. Les sudistes maudissent ce coup du sort tout en jurant, et sans chercher à comprendre ouvrent le feu sur Tom.  Mais le jeune homme s’est mis à courir de toutes ses forces, fonçant comme une bête traquée à travers la forêt en direction de l’ouest. Dans sa course dans le noir, son visage est affreusement lacérée par la branche d’un arbre, mais cette douleur n’est rien à côté de celle qu’il vient tout juste de ressentir. En effet une balle vient de lui traverser la main droite. Cette blessure lui arrache un cri de douleur, qui le fait immédiatement repérer. Ses poursuivants sont toujours là, ils sont sur ses traces, furieux d’avoir été empêchés de le capturer. La lune s’est de nouveau remis à briller. Tom court, priant Dieu de le sauver de ses ennemis.

Dans la pénombre, notre courageux soldat croit discerner un immense tas de bois. Tout en se dirigeant vers cet abri salvateur, le sol semble tout à coup se dérober sous ses pieds… Tom est comme aspiré par les profondeurs de la terre. Il glisse dans le noir, bute, cogne, tape contre des parois tantôt rocheuses, tantôt terreuses. Son corps n’est plus qu’une immense plaie quand il touche le fond de cet étrange abîme. Il entend alors ses ennemis courir et  passer au dessus de sa tête, en criant, hurlant et continuant à faire feu de leur armes. Sa tête lui fait atrocement mal, tout semble tourner autour de lui, puis c’est le trou noir, il s’évanouit… Quand Tom ouvre à nouveau les yeux un profond silence règne sur la forêt. Tom constate qu’il a glissé sur une bonne dizaine de mètres dans une sorte de gouffre naturel. Tout son corps est douloureux, mais par miracle il n’a rien de cassé. Tom est harassé de fatigue et sa blessure à la main lui fait horriblement mal. Arrachant un morceau de sa chemise, il enroule sa main dans un bandage de fortune et entreprend de remonter à la surface. Péniblement, après maints efforts, il finit par se hisser et retrouver le plancher des vaches. C’est le petit matin, la rosée s’est déposée sur toute la végétation, et le soleil commence à pointer et à inonder de ses rayons bienfaisants tous les alentours. Notre jeune et courageux soldat décide de reprendre sa route en direction du sud-ouest. Quelques minutes plus tard, il aperçoit les limites de la forêt. Il distingue à une centaine de mètres un petit cimetière entouré d’un muret. Il décide de s’y réfugier pour un moment. Tom court et atteint l’endroit sans empêchement. Il s’adosse contre une lourde pierre tombale : “Mais où suis-je ? Où aller maintenant ? Seigneur montre-moi je t’en supplie ce que je dois faire. Je dois absolument trouver nos troupes et le Président !”  Pour toute réponse à sa prière, il entend au loin un “Boum”, suivit d’un sifflement qui devient de plus en plus fort, et enfin une énorme déflagration à une vingtaine de pas de sa cachette. Puis c’est le déluge d’un tir d’artillerie qui s’abat sur le cimetière. Tom est complètement sonné, partiellement recouvert de terre et de débris de ciment, il parvient à ramper dans un caveau qui vient de voler en éclat. Il se laisse choir dans le trou, où l’accueille un cercueil à moitié ouvert laissant apparaître les restes d’un défunt… Se glissant sous le cercueil pour se protéger, Tom, dans ce fracas d’explosions, se met à crier à Dieu : “Père ne me laisse pas, aie pitié de moi !” Les canons finissent par se taire. Mais un clairon se fait entendre : c’est une charge, Tom réalise que le cimetière va devenir le théâtre d’une sanglante bataille. En effet, bleus et gris s’y rencontrent, et se livrent un terrible combat. Tom est terré, blotti, dans son abri insolite. Il entend des cris, des hurlements, un homme touché à mort tombe dans sa cachette et finit de le camoufler. Les combats vont durer plus d’une heure, et comme bien souvent il n’y a ni vainqueur ni vaincu, c’est le statut quo, chaque armée retourne sur ses positions et compte ses morts, blessés, disparus… Tom sort péniblement de sa cachette, et inspecte le champ de bataille, remerciant Dieu de l’avoir si bien protégé. Sur sa droite, il aperçoit un cheval en train de brouter paisiblement. S’approchant pas à pas de l’animal, il parvient a en saisir les rennes. Au moment de le monter, il entend un faible râle accompagné d’une parole à peine audible : “A boire, à boire par pitié…” Tom regarde autour de lui et à quelques mètres de là, un capitaine de l’Union est allongé au sol. Tom s’approche et tente de le rassurer : “Tout va bien mon capitaine, je vous apporte à boire…” Saisissant la gourde attachée à sa nouvelle monture, il se penche vers l’officier et lui donne quelques gorgées puis lui dit : “Mon capitaine, je vais vous tirer de là, dites moi où sont nos positions.” L’officier rassemble alors toutes ses forces, pour lui indiquer du doigt une direction, puis perd connaissance. Tom ne perd pas de temps, oubliant sa fatigue et ses propres douleurs qui le harcèlent, il hisse l’officier sur le cheval et tourne la bride en direction du camp des forces de l’Union.

Trente minutes plus tard, ils arrivent au campement. Tom ne peut empêcher les larmes de couler sur ses joues sales et noircies, il loue Dieu pour sa miséricorde et sa protection. Les soldats de factions voyant arriver ce curieux équipage sont bouche bée. Ils dévisagent Tom. Le jeune soldat croit voir dans leur regard une immense compassion mêlée à une grande admiration. Déjà plusieurs soldats l’entourent. Ils s’empressent de descendre le pauvre officier qui lutte toujours miraculeusement contre la mort. Ce dernier est conduit immédiatement à l’hôpital, où il recevra les soins lui permettant de rester en vie. Quand à Tom, il reste campé sur sa monture et demande : “Je dois voir le président. Est-il ici ? Dites-moi qu’il est ici, je vous en prie ! Je viens de Centreville, et je dois absolument le rencontrer…” Les soldats n’en croient pas leurs oreilles : “Comment ? tu viens de Centreville ? Comment as-tu fait pour traverser les lignes sudistes ? C’est tout bloqué !” Tom enchaîne : “Je n’ai pas le temps de vous raconter. Je dois voir le président, c’est une question de vie ou de mort. Est-il ici ?” A ce moment, un lieutenant tout rutilant dans son bel uniforme arrive et intervient assez sèchement : “Soldat en voilà une tenue ! Descendez de cheval et suivez moi au rapport.” Tom s’exécute péniblement, et suit l’officier. En chemin, Tom remarque sur sa droite un homme grand, habillé tout en noir entouré d’une kyrielle d’officiers supérieurs. Il se risque à demander à son supérieur : “Mon lieutenant, qui est ce civil là-bas derrière nous ? Ne serait-ce pas…” Le lieutenant, surpris par une telle question, ne lui laisse pas le temps de finir : “Ben vous sortez d’où mon pauvre ami. Vous ne reconnaissez pas celui qui va nous mener à la victoire ? C’est le président des États-Unis d’Amérique ! Abraham Lincoln ! Vous êtes bien le seul dans ce camp à ne pas savoir qui est ce grand homme !” Sans s’arrêter ni se retourner, l’officier se met alors à faire la morale au jeune soldat lui reprochant sa grande ignorance, puis se met à lui raconter son propre parcours, ses relations avec l’État-major, et par dessus-tout sa grande réussite à la prestigieuse académie militaire de West Point… Croyant avoir fait assez d’effet sur le jeune soldat, il jette un coup d’œil derrière lui, mais… il n’y a plus personne ! D’abord étonné, son visage se défait en voyant le jeune soldat se précipiter sur le Président des États-Unis d’Amérique ! (à suivre…)

Bonne semaine

Debout Jeunesse

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