Bull Run (4/4)

Michée 7 versets 18 & 19 : Quel est le Dieu semblable à toi, qui efface les fautes et qui pardonne les péchés du reste de ton peuple qui t’appartient ? Toi, tu ne gardes pas ta colère à jamais, mais tu prends ton plaisir à faire grâce. Oui, de nouveau tu auras compassion de nous, tu piétineras nos péchés, et au fond de la mer, tu jetteras nos fautes.”

Quelle espérance dans ce passage de la Parole de Dieu ! Dieu prend plaisir à faire grâce à son peuple. Il pardonne nos péchés et les jette au fond de la mer, c’est-à-dire qu’Il les oublie. C’est cette image de la grâce et d’espérance que Tom tente désespérément d’apporter à son ami Bruce, condamné à mort pour désertion…

Tom court… Il n’est plus qu’à dix mètres du président. Déjà des soldats font barrage, certains ont sorti leur pistolet et mettent en joue notre pauvre jeune homme en lui intimant l’ordre de s’arrêter. Mais celui-ci continue d’avancer avec détermination. Les officiers présents entourent Lincoln pour le protéger, mais ce dernier reste impassible. Voyant que le jeune soldat ne porte pas d’arme sur lui, on s’empare vigoureusement de sa personne. L’étreinte qui le saisit est si violente et rude que Tom pousse un cri de douleur, tant tous ses membres sont endoloris par ce qu’ils viennent de subir les dernières 24 heures. Tom hurle alors avec toute la force du désespoir : “Grâce, monsieur le Président, grâce ! Je viens chercher la grâce !”.  Le jeune homme ne se doute pas qu’il fait peine à voir. Son visage noirci et tuméfié est traversé par une balafre qui va du haut du front jusqu’au bas du menton, son uniforme n’est qu’une loque sale et trouée. Une de ses chaussures est complètement éventrée, le bandage crasseux et souillé de sang qu’il porte à la main, pendouille comme une vieille bandelette de momie millénaire. Un des officiers se penche vers le Président et lui dit tout bas : “Encore un que les combats d’hier ont rendu fou !” Puis il donne l’ordre : “Emmenez cet homme à l’infirmerie, et surveillez-le…” Voyant qu’on va le soustraire au Président, Tom se débat avec tout ce qu’il lui reste de force et de courage. Les soldats qui le maintiennent l’invectivent durement et lui demande de se calmer. Alors, Tom se redresse, lève la tête tout en criant et en sanglotant. Puis essayant de parler le plus fort possible, il lance en direction de Lincoln“Monsieur le président, je viens de Centreville. J’ai fait tout ce chemin pour vous demander grâce ! Par pitié, écoutez-moi, ne les laissez pas m’emmener !” Ces cris et cette  pagaille font perdre patience à un des soldats qui s’apprête à asséner à Tom un terrible coup sur la tête pour l’envoyer au pays des rêves. Il lève lentement son bras, et avant qu’il ne s’abatte tel un marteau qui va frapper l’enclume, une voix claire et forte se fait entendre : “Arrêtez ! C’est un ordre ! Laissez ce soldat venir vers moi.” Tous les yeux se tournent vers le président, qui est là, calme, serein, mais de plus en plus interpellé en son for intérieur par ce soldat hors du commun. Les deux soldats relâchent immédiatement leur étreinte. Tom tombe sur ses genoux tant les efforts qu’il a fait l’ont éreinté. Cette fois-ci on le relève avec délicatesse, et on le conduit devant Lincoln. Celui-ci pose un regard compatissant et bienveillant sur Tom, puis lui dit: “Je vous écoute soldat, parlez, dites-moi pourquoi êtes-vous ici si loin de votre régiment…”

Tom remercie Dieu dans son cœur. Il va enfin pouvoir demander la grâce pour son ami Bruce. A ce moment, un caporal lui amène un peu d’eau à boire et un morceau de pain. Il boit d’un trait cette eau fraîche bienfaisante et engloutit la miche en quelques bouchées. Puis sans perdre de temps, il raconte toute son histoire devant ce parterre d’officiers et de soldats. Au fur et à mesure qu’il parle, les uns secouent la tête, d’autres restent bouche bée, et à la fin de son récit tous sont admiratifs et très impressionnés. Le président a lui aussi écouté avec beaucoup d’attention. Il demande à ce qu’on amène un siège pour Tom, voyant qu’il peine à se tenir sur ses jambes, puis se tourne vers son aide de camp et lui murmure quelques phrases à l’oreille. L’homme se met à courir, puis revient quelques instants plus tard, pour murmurer quelques informations à son illustre supérieur. Lincoln, à qui l’on a aussi amené un siège, s’assied en face de Tom. Il le regarde avec encore plus de compassion et lui dit d’une voix rassurante : “Je crois votre histoire, soldat. De plus, l’officier que vous avez ramené à demi-mort est maintenant sain et sauf. Le médecin du camp a confirmé que sans votre aide, il n’aurait pas survécu à ses blessures. Il se trouve que cet homme est l’un de mes amis les plus proches. Après avoir lu les derniers rapports, il était porté disparu ou mort au combat, et cela m’avait profondément attristé et peiné… C’est ce dont nous parlions, l’état-major et moi, quand vous êtes arrivé. Mais voilà, vous lui avez sauvé la vie au péril de la vôtre, en plus d’être prêt à sacrifier votre vie pour obtenir la grâce de votre ami. Ce que vous avez accompli est admirable, et je suis profondément touché par cela. Dieu vous a entendu et protégé. C’est pourquoi je vais vous accorder ce que vous me demandez : la grâce pour votre ami. Qu’on m’amène un papier, une plume et de l’encre !” Tandis que l’aide de camp part aussitôt chercher ce que le président demande, Tom exulte de joie et laisse échapper cette courte prière : “Merci mon Dieu pour ta grâce. Faites que je n’arrive pas trop tard !” Le temps passe et toujours pas de papier ni de plume… Au bout d’une grosse demie heure, c’est tout penaud que le soldat revient : “Monsieur le président, j’ai fait tout le camp, il n’y a pas la moindre feuille ou bout de papier. J’ai quand même trouvé une vielle plume qui a déjà bien vécue, et un petit peu d’encre…” Lincoln semble quelque peu contrarié : “Tout de même ! C’est impensable que l’on ne trouve pas, ne serait-ce qu’un bout de papier dans ce camp ?”

C’est alors qu’un soldat ayant assisté à toute la scène, sort de sa poche une vielle lettre toute tachée et s’approche : “Monsieur le président, j’ai reçu il y a quelques semaines une lettre de chez moi… Je ne m’en sépare jamais, mais je vous la donne bien volontiers. Vous pouvez écrire derrière, la page est vierge.” Lincoln se saisit rapidement du papier, et se sert du dos du soldat pour écrire les précieuses phrases de la grâce et du pardon présidentiel pour le soldat déserteur. Tom prend le papier des mains du Président, remercie, puis demande un cheval, car il doit se remettre immédiatement en route. En effet, l’heure est déjà bien avancée, et il doit maintenant retourner à Centreville pour surseoir à l’exécution de Bruce. Il cavale ainsi, à bride abattue en direction du cimetière et de la forêt. La grâce est précieusement pliée et cachée sous sa veste bleue, dans une poche de ce qu’il reste de sa chemise en lambeaux et imbibée de transpiration. Le cimetière est maintenant devant lui. Le lieu a été complètement chamboulé par la bataille. Les corbeaux et les bêtes sauvages font un festin sur les cadavres des soldats et des chevaux qui sont tombés au champ d’honneur, qu’on devrait plutôt appeler à ce moment précis le champ d’horreur. Laissant sa monture, Tom entre prudemment dans le cimetière dans le but de retrouver sa précédente cachette et attendre la nuit. Il se glisse donc une fois de plus sous le cercueil qui l’avait si bien protégé pendant la bataille. Il en profite pour prier et demander à Dieu sa protection. Il tire de sa chemise la grâce présidentielle, et se délecte en lisant et relisant le mot du président : “GRÂCE” suivit de sa signature. La nuit s’installe peu à peu. Il est temps pour Tom de s’engouffrer dans la forêt, en direction du nord. Le temps est frais, le vent a amené de gros nuages noirs et menaçants, et l’odeur si particulière de la pluie se fait sentir. Il ne faut pas attendre longtemps pour que les premières gouttes commencent à tomber sur le sol. Le bruits de l’eau qui tombe sur les feuilles des arbres couvre parfaitement le bruit des pas de Tom, il pense : “Avec ce temps je ne devrais pas avoir de problème avec les patrouilles sudistes, merci Seigneur !” Cependant le vent se fait de plus en plus fort, et c’est un véritable orage qui s’abat sur la forêt… Tom est trempé de la tête aux pieds. Il grelotte de froid, et n’arrive pas à se retenir de claquer des dents. Plusieurs fois il trébuche contre des racines et tombe dans des flaques de boue, mais à chaque fois il se relève et avance. Le visage de Bruce est constamment devant ses yeux, Tom n’a qu’un seul désir : lui apporter la grâce du président afin qu’il soit sauvé.

Le tonnerre et les éclairs s’invitent dans la nuit. Tom accélère le pas toujours en direction du nord, s’il garde le rythme malgré la fatigue, il arrivera à temps.  Tout à coup et sans prévenir la foudre tombe sur un arbre immense. Celui-ci est traversé de haut en bas par une terrible décharge électrique. Le coup de tonnerre qui s’en suit est si tonitruant qu’il masque le lugubre bruit de craquement du colosse qui tombe comme terrassé. Tom avance dans le noir et ne se doute absolument de rien. Il est alors percuté par une des branches de l’arbre. Celle-ci le projette quelques mètres plus loin. Tom est au sol et ressent une vive douleur sur le côté droit. Instinctivement il porte la main à son coté. La douleur est forte, il sent sous ses doigts qu’un morceau de bois large comme un pouce s’est fiché dans sa chair. Il le retire d’un coup sec, ce qui lui arrache un cri de douleur. Épuisé et complètement sonné, Tom n’arrive plus à se relever, il perd connaissance… Quand il ouvre à nouveaux les yeux, il fait toujours nuit noire, l’orage semble s’être un peu calmé, une petite pluie fine continue de tomber. De temps en temps un éclair lui offre un peu de lumière. Tom souffre, tout son corps lui fait mal. Dans sa détresse, il crie à Dieu : “Seigneur aide moi, je t’en supplie, ne me laisse pas mourir ici. Je dois retourner au camp, Bruce m’attend, j’ai la Grâce pour lui…” Tom tente et finit par se relever, c’est alors qu’un éclair illumine son périmètre, en un quart de seconde Tom croit rêver… Là devant lui à quelques mètres, il croit reconnaître un cheval perdu au milieu de nulle part. Lentement il s’approche, parvient à saisir les rennes, et malgré les souffrances parvient à se hisser tant bien que mal sur l’animal. Le jeune homme repart en direction du nord, courbé sur le dos de ce providentiel équidé. Les heures passent, et les premières lueurs du matin se font sentir. Tom comprend alors qu’il ne doit pas être loin des six heures du matin, il faut faire vite ! En observant plus attentivement sa monture, il réalise que c’est le cheval qu’il avait laissé la veille dans la forêt. Certainement l’orage de la nuit l’ayant effrayé, il s’était détaché et enfoncé plus en avant dans la forêt. Tom ne peut s’empêcher d’y voir la main de Dieu : “Merci Seigneur de m’avoir envoyé mon cheval,  s’il te plait fasse que j’arrive à temps…” A peine a-t-il prononcé cette prière que Tom entrevoit la sortie du bois. Il ne pleut plus, mais il reste encore deux bonnes heures de route à parcourir. Prudemment il sort de la forêt, et une fois sur le chemin, il lance le triple galop. Plus rien ne saurait l’arrêter maintenant…

Deux heures plus tard, après un voyage sans encombres, Tom entrevoit les faubourgs de Centreville. Il se dirige vers le camp. A la vue de l’heure, il se dirige directement vers la prison. A la porte, c’est toujours son copain de régiment qui monte la garde. Quand il aperçoit Tom, il n’en croit pas ses yeux. Il est choqué par l’aspect du jeune homme, tout crotté de boue, son uniforme déchiré et maculé de sang, le visage balafré de haut en bas. Tom descend de cheval tout en grimaçant de douleur. Il se dirige vers la sentinelle qui lui dit avec un large sourire mêlé d’appréhension : “Tom, tu es là ! Tu as réussi ? Tu as la grâce ? Car l’exécution est prévue dans quelques minutes !” Tom lui répond : “Oui, je l’ai ! Laisse-moi passer et l’annoncer à Bruce !”  Tom se dirige vers la petite lucarne de la prison et appelle son ami : “Bruce ça y est, je l’ai ! J’ai la grâce du Président, regarde…” Tom passe alors la main sous sa veste, cherche dans sa chemise le bout de papier. Celui-ci est tout mouillé, tâché de sang et de boue. Délicatement Tom le déplie aussi respectueusement qu’il aurait déplié un texte sacré. Chaque geste est mesuré, maîtrisé, tant il a peur de déchirer le précieux papier. Tom sourit, il rit et pleure à la fois, son corps est parcouru par un immense frisson quand il reconnait la signature du Président Lincoln et le mot : GRACE” écrit de sa propre main. Tremblant, il  fait passer l’inestimable papier au travers des barreaux de la prison et dit d’une voix remplie d’amour fraternel : “Tiens Bruce… Regarde, c’est ta Grâce !” Bruce se saisit du papier, il le regarde dans tous les sens, et se met à crier : “Quoi ! C’est ça la grâce ? Une vielle lettre ? Un papier tout crotté, souillé de sang, avec je ne sais quels gribouillis ? Et tu crois que je vais croire que c’est Lincoln qui a signé ça ? Tu te moques de moi Tom ! Comment peux-tu me faire une chose pareille ? Va-t’en laisse-moi !” Sur-ce, Bruce déchire de colère le papier, passe la main derrière les barreaux et en jette les morceaux sur le sol ainsi que la Bible de Tom. Tom est littéralement sidéré par ce qu’il vient d’entendre et de voir. Plus aucun mot ne peut sortir de sa bouche tant le choc est insupportable. Une immense tristesse envahit son cœur, il tombe à genoux, pleure car il sait que son ami est définitivement perdu : Il a rejeté la grâce. A ce moment un peloton d’une douzaine d’hommes vient chercher Bruce. A sa tête son principale accusateur. En effet, c’est le lieutenant de la veille qui a tenu lui-même à conduire l’exécution. Il ouvre la porte sans ménagement : “Soldat, c’est l’heure ! Il te faut payer ta faute maintenant !”  On se saisit de lui, et on le conduit devant un mur déjà criblé d’impacts de balles. Ses mains sont liées dans son dos, on lui met un bandeau sur le yeux. Il gesticule un peu, proteste en disant que ce qui lui arrive est injuste, puis il se tait. Quelques larmes coulent sur ses joues… Tom est là, prostré, à quelques mètres, il entend les ordres qui tombent tel un terrible couperet : EN JOUE ! PRÊTS ! FEU ! Bruce s’écroule frappé en plein cœur, c’est fini… Il est entré dans l’éternité. Un petit vent se met à souffler et emporte les morceaux de papier qui se posent devant ce corps maintenant inerte.

Comment pourrions-nous qualifier la réaction de Bruce ? N’est-ce pas une pure folie que d’avoir déchiré la grâce que son ami Tom avait été chercher au péril de sa vie ? Avec ce papier en sa possession, le lieutenant ne pouvait plus rien faire contre lui, Bruce était gracié, pardonné par le Président lui-même ! La fin de cette histoire nous semble peut-être horrible, mais dans la vraie vie, celle de tous les jours, combien de personnes ne vivent-elles pas ce drame de refuser cette même Grâce qui leur est offerte ? Peut-être es-tu une de ces personnes… En effet, qui en France n’a jamais entendu parler de Jésus-Christ ? N’est-il pas venu sur Terre comme l’atteste l’Histoire. Ne sommes-nous pas en 2019 après Jésus-Christ ? En effet, Jésus a été envoyé sur terre par Son Père pour accorder/donner la grâce et le pardon à l’humanité entière. Le Seigneur Jésus à ainsi vécu parmi les hommes pour leur annoncer la Bonne nouvelle de l’Évangile (Matthieu 4 verset 17). Que lui a-t-on fait en retour ? Il a été trahi, arrêté, condamné alors qu’il n’avait rien fait de mal (Luc 22 verset 48 & Jean 19 verset 16). Ses bourreaux l’ont alors couronné d’épines acérées puis atrocement battu et mutilé par le fouet. Puis on l’a obligé à porter dans cet état, une lourde Croix. Jésus a titubé, trébuché plusieurs fois sous ce poids. La douleur, la fatigue, les coups et les crachats l’ont accablé à tel point que l’on a demandé à un autre homme de porter la Croix à sa place (Luc 23 verset 26). Il a été ensuite conduit sur un lieu de supplice pour être percé aux mains et aux pieds par de larges et longs clous sans aucun ménagement. Une fois exposé et pendu au bois, les hommes ont continué à l’humilier et à se moquer de Lui, alors qu’Il est le Fils de Dieu (Matthieu 27 versets 39 à 43). Enfin, il a agonisé lentement jusqu’à son dernier souffle, remettant son esprit entre les mains de Son Père (Luc 23 verset 46). Mais comme ce n’était toujours pas assez, il fut transpercé par une lance sur cette croix rugueuse mettant fin au châtiment réservé aux pires des malfaiteurs (Jean 19 verset 34). Tout cela, Jésus l’a fait par Amour pour nous, pour toi, pour nous accorder, et t’accorder la Grâce et l’espérance de la vie éternelle ! Que faisons-nous, que fais-tu de cette Grâce qui nous, qui t’es offerte ? Que vas-tu faire de Jésus ? (Cantique)

Bonne semaine

Debout Jeunesse

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