Contre la montre

Psaumes 62 versets 6 à 9 : “Oui, mon âme, confie-toi en Dieu ! Car de lui vient mon espérance. Oui, c’est lui qui est mon rocher et mon salut ; Ma haute retraite : je ne chancellerai pas. Sur Dieu reposent mon salut et ma gloire ; Le rocher de ma force, mon refuge, est en Dieu. En tout temps, peuples, confiez-vous en lui, répandez vos cœurs en sa présence ! Dieu est notre refuge.”

Quelle consolation de savoir que Dieu est notre espérance, notre rocher, notre salut, notre haute retraite ! Ce n’est pas être lâche que de nous réfugier en Lui quand tout va de travers, bien au contraire c’est une force ! Dans les moments difficiles, au lieu de vouloir tout prendre en main, allons plutôt répandre notre cœur devant Lui. Dieu est un refuge pour ceux qui sont fatigués, lassés, assaillis de toutes part, c’est en Lui seul que l’on trouve la vraie paix de l’âme (Psaumes 23 verset 4). Quand il arrive que tout nous semble noir, que nous sommes totalement impuissants face à ce qui arrive ou nous arrive, ou encore que toutes les portes et issues sont fermées, n’oublions jamais que malgré tout cela Dieu est présent et Il règne ! Dieu règne sur les nations, Dieu a pour siège son saint trône.” (Psaumes 47 verset 9)C’est pourquoi apportons-Lui  tout ce qui nous peine, nous inquiète, nous angoisse et nous ronge car : L’Éternel est un refuge pour l’opprimé, Un refuge au temps de la détresse. Ceux qui connaissent Ton nom se confient en toi. Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent, ô Éternel !” (Psaumes 9 verset 10 & 11). C’est ce que M. Et Mme Rolla ont vécu en pleine deuxième Guerre mondiale…

Septembre 1944, c’est bientôt la fin de la guerre, et chaque jour la radio diffuse des nouvelles de la progression constante des Alliés et de la libération de la France, ville par ville, région par région. Mais chez M. et Mme Rolla, à quelques kilomètres de Besançon, la joie est ternie : Jean-Michel, leur fils de 11 ans, est gravement malade. Il se plaint de maux de tête violents, et la fièvre monte de plus en plus. Le médecin de famille hésite à donner son diagnostic, mais le résultat d’une ponction lombaire l’oblige à affirmer ce qu’’il craignait déjà : il s’agit bien d’une méningite cérébro-spinale, maladie redoutable et quasiment toujours mortelle à cette époque où il n’y avait encore aucun remède véritable. Les parents, désespérés, ne veulent pas se résigner à accepter la condamnation de leur fils, cela leur semble trop cruel : Des prières montent régulièrement au Ciel : “Seigneur, donne-nous un espoir pour notre enfant ! Sauve-le par pitié…” Quelques heures après la visite du médecin, le père écoute la radio d’une oreille distraite, mais soudain, parmi les nouvelles, quelque chose attire son attention. On parle d’un nouveau médicament que des chercheurs américains sont en train de mettre au point dans un laboratoire à Paris, et qui pourrait bouleverser les données médicales dans l’avenir, tant il serait efficace contre certaines maladies infectieuses. II s’agit de la pénicilline, découverte déjà dans les années 1920 par un Anglais, mais dont l’utilisation en médecine n’avait commencé que pendant la Deuxième Guerre mondiale. Des essais récents avaient donné des résultats surprenants. M. Rolla n’a pas besoin d’autres détails, il y voit un signe venant de Dieu. Cette petite lueur d’espoir lui redonne du courage. S’il y a une possibilité, si infime soit-elle, de sauver son fils, il est prêt à tout sacrifier pour l’essayer. Ce médicament est encore à un stade expérimental dans un laboratoire à Paris, et c’est toujours la guerre avec tout ce que cela implique : communications incertaines, routes bloquées ou défoncées…, mais qu’importe, l’amour véritable sait dépasser les obstacles les plus difficiles, et le père commence à agir. Il apprend au Q.G. des Alliés à Besançon que c’est à l’hôpital Lariboisière que se trouve le médicament qui pourra peut-être sauver son fils, et rien ne pourra l’empêcher de s’y rendre lui-même. Après avoir averti par téléphone son médecin qui, tout en restant sceptique, trouve qu’il faut essayer, il se rend à la gare afin de prendre le premier train pour Paris. Mais la gare est remplie d’une foule de personnes, les bagages s’entassent partout, et il n’arrive même pas à se rendre jusqu’au quai avant le départ du train. Dépité, il décide d’aller à la maison prévenir sa femme avant le prochain départ, conscient pourtant que chaque minute de retard diminue ses chances déjà si petites. En sortant de la gare il croise son médecin. Après réflexion, celui-ci a décidé de le conduire dans sa propre voiture, une 11 CV, jusqu’à Paris.

Sans perdre de temps, ils démontent la roue avant du vélo de M. Rolla afin de pouvoir le mettre à l’arrière de la voiture, et ils partent, direction Dole, Dijon, Paris. Déjà dans des conditions normales c’est un long voyage, mais à ce moment de fin de guerre c’est une entreprise risquée. Les contrôles sont nombreux, certaines routes sont très endommagées, et même s’ils arrivent à destination, que feront-ils sans autorisation, sans laissez-passer… ? Après bien des péripéties, ils arrivent à l’hôpital Lariboisière à 11 heures du soir… seulement pour se voir refuser l’accès au laboratoire par un interne qui ne veut rien entendre. Fatigué, harassé, agacé, M. Rolla finit par l’écarter et se précipite lui-même vers le sous-sol de l’hôpital, pendant que son médecin de famille poursuit la discussion avec l’interne. Il réussit à trouver le laboratoire, frappe à la porte et ouvre sans attendre la réponse. Une femme médecin qui fait partie de l’équipe américaine s’y trouve seule ce soir-là. Elle comprend le français et écoute avec beaucoup d’émotion l’histoire de l’enfant malade et de ce voyage périlleux à travers la France. Elle comprend l’angoisse de ce père, elle admire son courage, sa détermination, mais que peut-elle faire ? Il ne lui reste que quelques grammes de pénicilline, et si elle les lui donne, elle outrepasse les ordres donnés, et elle risque sa place, son avenir, mais si elle refuse, elle compromet la dernière chance de sauver une vie humaine. Finalement, devant la détresse de cet homme et convaincue par les arguments de son médecin qui les a rejoints, elle comprend qu’il faut parfois prendre des risques et que la vie d’un être humain vaut bien une carrière professionnelle. Avec quelques mots d’explication elle donne son dernier flacon de pénicilline, et après un grand «merci» les deux hommes repartent dans la nuit. Pour eux, il reste encore le long voyage de retour sans une minute pour se reposer. C’est une véritable course contre la mort ! Hormis quelques contrôles, tout va bien jusqu’à 5 heures du matin, à une trentaine de kilomètres du but. Là soudain, une crevaison les arrête, et le médecin se souvient alors qu’il a omis de réparer sa roue de secours depuis la dernière crevaison quelques jours auparavant. Reste le vélo de M. Rolla. Pendant qu’il remet la roue, le docteur lui prépare une seringue, une aiguille stérile et lui demande : «Savez-vous faire une piqûre intramusculaire ? » M. Rolla répond : « Oui, j’ai appris à l’armée ». Sur-ce il enfourche le vélo, son ami médecin lui fait alors une dernière recommandation : «Faites une première piqûre du tiers du flacon, et je passerai dès que possible». 

Deux heures plus tard, M. Rolla achève son “contre la montre”, il est à bout de souffle en arrivant chez lui. Sa femme veille auprès du garçon qui a perdu conscience. D’une main tremblante, non seulement à cause de la fatigue mais aussi à cause de l’émotion, M. Rolla fait la piqûre. Quelle que soit l’issue, il sait maintenant qu’il a fait tout ce qu’il a pu. Après deux jours d’attente la température baisse, et Jean-Michel reprend connaissance. Sa vie n’est plus en danger. Dieu a entendu les prières et à permis que grâce à la détermination d’un père, au dévouement et au courage de deux médecins, que la vie de Jean-Michel soit préservée. C’est pourquoi n’hésitons jamais a nous jeter aux pieds du Seigneur Jésus dans les moments de détresse. Il entend nos prières et nous aide à traverser les différentes épreuves que la vie nous réserve, car celle-ci est loin d’être un long fleuve tranquille… Qu’il est bon alors d’avoir Dieu pour refuge ! “Dieu est pour nous un refuge et un appui, Un secours qui ne manque jamais dans la détresse.” (Psaumes 46 verset 2)

Bonne semaine,

Debout Jeunesse

Source : A partir de : “Les documents expériences”