Direction Barcelone !

Actes 12 verset 7 : “Et voici, un ange du Seigneur survint, et une lumière brilla dans la prison. L’ange réveilla Pierre, en le frappant au côté, et en disant : Lève-toi promptement ! Les chaînes tombèrent de ses mains.”

Que savons-nous sur les anges ? Dans la Bible beaucoup de passages parlent ou décrivent ces êtres célestes. Dans la plupart des cas, ils sont resplendissants, lumineux et apportent une aide ou un message précis de la part de Dieu aux êtres humains. Nous trouvons aussi un verset étonnant dans Hébreux 13 versets 1 & 2 : Persévérez dans l’amour fraternel. N’oubliez pas l’hospitalité, car, en l’exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir.” En lisant cela on ne peut pas s’empêcher de penser à Abraham qui reçut sous sa tente trois anges dont le Seigneur (Genèse 18). Peut-être avons-nous aussi côtoyé des anges sans le savoir. On ne compte plus les nombreux témoignages de gens aux “quatre coins” de la Terre, qui disent avoir été en présence d’une ou plusieurs “personnes” qui leur ont sauvé la vie et qui après ont mystérieusement disparu… Le témoignage suivant en est un exemple parmi tant d’autres…

C’était les vacances de printemps, j’avais dix-huit ans et la vie était merveilleuse. Je venais de terminer un semestre en Allemagne et le prochain se poursuivrait en Angleterre. Entre les deux semestres, un ami de faculté et moi avions décidé de faire un brin de tourisme. Notre parcours de vingt-huit jours nous permettrait, nous l’espérions, de visiter huit pays différents. Nous venions tout juste de passer quelques jours à nous prélasser sous le soleil de Nice, le long de la Côte d’Azur, et notre réserve de francs (à l’époque) fondait rapidement. De toute évidence, le temps était venu pour nous de poursuivre notre route. Nous avons donc bourré nos sacs à dos de nos quelques effets et marché jusqu’à la gare, comme deux mules bien chargées. Nous avons mis tellement de temps à nous y rendre, qu’à notre arrivée, la masse humaine avait déjà commencé à déborder dans les rues. Les cinquante mille collégiens en congé tentaient apparemment tous de quitter Nice, ce matin-là, sur le même train. Alors que nous forcions notre passage jusqu’à la billetterie, un mot inquiétant parvenait à nos oreilles, de plusieurs directions : « Grève !» L’employé de la SNCF nous dit à son tour : «Pas de trains !  Faudra attendre le prochain. Peut-être dans un jour, ou peut-être une semaine qui sait… C’est que dans le sud, ça peut durer longtemps une grève ! »

Découragés, nous avons cherché un endroit où nous installer, puis nous avons procédé à l’inventaire de nos provisions. Nous en avions suffisamment pour une journée. Cela se résumait à une bouteille d’eau, deux sandwichs et deux oranges. Soudainement, nous nous sommes sentis bien loin de chez nous. Sept heures plus tard, la situation avait peu changé, sinon que la foule était plus dense, les esprits s’étaient échauffés, et la nouvelle se répandait que des touristes s’étaient retrouvés en rade. Des adolescents à l’allure plutôt dure et avec des visages de petits truands, commençaient à se mêler à la foule, en quête de quelques cibles faciles. Heureusement, la présence d’un groupe d’étudiants américains, installés juste à côté de nous, me procurait une certaine sécurité. Ils jouaient aux cartes et s’affairaient à écrire des cartes postales aux membres de leur famille. Mon collègue s’impatientait et me dit : “Écoute, je vais tenter de passer quelques appels et essayer de trouver une façon de nous sortir de cette situation et surtout de cet endroit ! Surveille bien nos affaires pendant que je téléphone !» J’ai alors roulé en boule mon manteau, je me suis appuyé sur la colonne et ai essayé de m’installer pour la nuit. La situation était plus calme dans la gare. Soudain, j’entendis une voix provenant de l’arrière de la colonne qui me sifflait : «Ne dis rien, donne-moi ton argent et ton passeport et nous te laisserons tranquille.»

Sorti de derrière la colonne, un homme à l’allure robuste se tenait devant moi, la tête haute et l’air menaçant. Son chapeau lui descendait sur les yeux, de sorte que je ne voyais pas son regard. Je lui répondis : «Je m’excuse, monsieur, mais je ne comprends pas ce que vous me dites…» Par cette phrase, j’espérais que la frustration le gagnerait et qu’il abandonnerait la partie. Mais visiblement, il n’allait pas renoncer aussi facilement à son butin : «Arrête ! Tu sais ce que je veux. Je te suggère d’arrêter de jouer avec mes nerfs avant que je me fâche !» me dit-il d’un ton qui se faisait de plus en plus menaçant. Comme il me crachait littéralement ces mots à la figure, et que le ton montait, tout à coup une jeune fille arriva, me saisit par le bras et me remit debout en me disant : «Allez ! Notre train vient juste d’entrer en gare. Prends ton sac et partons. Sinon, nous allons perdre nos sièges.» Cette jeune fille blonde, sortie de nulle part, aux cheveux attachés en queue de cheval, prit alors le sac à dos de mon ami sur ses épaules, tout en poursuivant cette conversation : «Allez grouille-toi ! Mais où étais-tu ? Je t’ai cherché partout…». Puis elle se tourna vers mon agresseur et lui lâcha un : “Veuillez nous excuser, nous sommes pressés !” Et en quelques secondes elle m’avait arraché des griffes de ce voleur. Dans un premier temps ce dernier fut trop stupéfait pour dire quoi que ce soit. Mais se ressaisissant il me saisit tout de même par le bras. Mais ma sauveteuse, trop rapide pour lui, me tira avec une force incroyable vers la foule. Après une bousculade qui me sembla interminable, nous avons atteint une éclaircie au milieu de la foule. Tremblant, j’ai rapidement déposé mon sac à dos près d’un banc et je me suis retourné pour remercier celle qui venait tout juste de me sauver. Mais… il n’y avait plus personne ! Sinon le sac à dos rouge de mon ami, bien appuyé sagement contre le mur. La jeune fille au sweat-shirt gris et à la queue de cheval blonde avait disparu parmi la foule en l’espace de quelques secondes ! : “Mais comment est-ce possible ? Elle n’a pas pu disparaître aussi vite !” me demandais-je…

Soudain, quelqu’un m’appela : «Jori !». C’était mon ami qui courait en bas du quai dans ma direction. «Mais Où étais-tu ? Pourquoi n’es-tu pas demeuré près de la colonne ?» Nous nous sommes alors assis sur le banc, et je lui ai raconté mon aventure jusqu’à ce que nous soyons interrompus par une annonce de la SNCF : «Le train en direction de Barcelone entre en gare. Les passagers doivent se rendre au quai numéro 4.» Après avoir vérifié au-dessus de nos têtes le numéro du quai, nous avons constaté que nous étions pile au bon endroit. Déjà la lumière de la motrice nous éclairait depuis la voie ferrée. Plus tard, pendant que la campagne française glissait en douceur sous nos yeux, j’ai dit à mon ami : “Je n’ai même pas eu l’occasion de la remercier.” Mon camarade m’a alors répondu simplement : “En fait je crois qu’elle le sait déjà !”. Et, d’une certaine façon, je sentais que quelque part, elle le savait aussi. Était-ce un ange de Dieu ? Qui sait ?

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : D’après le témoignage de J.S. Stuart