D’un coup de hache

 Psaumes 37 verset 8 : Laisse la colère, abandonne la fureur. Ne t’irrite pas, ce serait mal faire.

Que de bêtises, d’erreurs, de paroles meurtrières et d’actes de folie la colère ne fait-elle pas faire à l’être humain ? Chaque jour, les médias, par de tristes faits divers, nous rapportent les conséquences désastreuses de ce péché. La colère tue, ravage, détruit, elle ne sait faire que cela. L’auteur du dictionnaire universel, Pierre-Claude-Victor Boiste, cite : “La colère est une bête cruelle et furieuse, l’homme en colère n’a plus aucune retenue.” Dieu nous conseille de laisser la colère, de l’abandonner, et de ne pas faire le mal en s’irritant. C’est ce que Dieu va faire réaliser à Georges le bûcheron car : “Celui qui est prompt à la colère fait des sottises[…].” (Proverbes 14 verset 17)

Cela fait quelques années maintenant que Georges et Perrine ont fui les tumultes de la ville pour s’installer au beau milieu de la forêt. Georges est un honnête bûcheron, d’un caractère vif et soupe au lait, tandis que son épouse est de nature plutôt douce et discrète. Tous deux vivent paisiblement dans leur humble chaumière. La vie et le travail  sont difficiles, mais ils se contentent de ce qu’ils possèdent. Georges est parti tôt de la maison en cette belle matinée de printemps. Il doit abattre un immense chêne à un peu plus de deux kilomètres de chez lui. Perrine s’est levée tout aussi tôt, pour lui préparer son petit déjeuner. Puis, une fois son mari parti, elle se met à accomplir les différents travaux de la maison. Nous la retrouvons dans la cuisine, où un doux rayon de soleil inonde la pièce de sa lumière et de sa chaleur. C’est qu’il fait frisquet à cette heure matinale. Perrine s’active. Elle passe énergiquement le balais dans tous les recoins de la pièce. Son travail est toujours net et efficace. Tout à coup, elle entend quelqu’un frapper à la porte. A cette heure-ci, ce n’est vraiment pas habituel, d’autant plus qu’elle n’attend la visite de personne… Songeuse et méfiante, elle se demande : “Mais qui peut bien venir nous rendre visite ?” Mais elle n’a pas le temps de réfléchir plus longtemps que les coups redoublent sur la porte. Le visiteur semble s’obstiner à vouloir qu’on lui ouvre. Perrine entend alors la voix d’une homme : “Holà ! Il y a quelqu’un ?” Elle se dirige alors vers la porte, non sans garder son balais à la main, car on ne sait jamais ce qu’il peut arriver… Elle ouvre, et aperçoit un homme à l’air jovial, souriant, qu’elle n’a jamais vu auparavant : “Bonjour madame ! Je vends des Nouveaux Testaments. C’est une partie de la Bible. Ils ne coûtent que dix francs. Ne voudriez-vous pas en acheter un exemplaire ?” L’homme lui tend alors un petit livre bleu bien relié. Perrine meurt d’envie d’en acheter un. En effet, elle a toujours voulu posséder un livre. Elle hésite. Elle passe la main sur son tablier et sent justement dans la poche, qu’elle chiffonne nerveusement entre ses doigts, la pièce de dix francs que son mari lui a confié. A ce moment, tout semble aller à cent à l’heure… Comme si elle faisait quelque chose d’interdit, elle saisit la pièce de monnaie et la glisse rapidement dans la main du vendeur. Puis tout aussi promptement, elle happe le petit livre, et referme la porte derrière elle sans même prendre congé de son visiteur. Celui-ci aurait pu râler, ou encore réclamer son dû… Mais au contraire, il lance un joyeux : “Au revoir madame ! Que Dieu vous bénisse !” et il poursuit son chemin à travers les bois, la mine ravie et sifflotant un cantique.

Perrine se retrouve maintenant seule, se remettant peu à peu de ses émotions, quand une pensée lui traverse l’esprit : “Que va dire Georges, quand je vais lui dire que j’ai dépensé les cinq francs… Il va certainement piquer une de ses grosses colères…” Toute la matinée, Perrine se tourmente. Elle s’inquiète de la réaction de son mari. C’est vrai qu’il n’est pas commode le Georges. C’est un immense gaillard et quand les choses ne vont pas comme il le souhaite, il est capable de crier très fort, puis de bouder plusieurs jours en ne parlant plus à son épouse… Les heures défilent, midi arrive, et le bûcheron fatigué par son dur labeur ne va pas tarder à rentrer. Perrine a dressé une jolie table. Elle a préparé le repas préféré de son mari, et les bonnes odeurs de sa cuisine remplissent la maison. Quand Georges pousse la porte et entre chez lui, sa fatigue et ses soucis semblent disparaître d’un seul coup. Son visage s’éclaire : “Hum, que ça sent bon ici ! Miam ! Que c’est bon de rentrer à la maison !” Et, c’est tout joyeux et satisfait qu’il pose sa hache dans un coin, embrasse sa femme sur le front, se passe un peu d’eau sur la figure et s’installe à table : Que tu es bonne ma chère Perrine avec moi. Le travail a été si difficile ce matin. C’est qu’il ne se laisse pas abattre aussi facilement ce grand chêne. Je pense que j’en viendrai à bout dans la soirée ou demain matin. En attendant, j’ai une faim de loup !” Perrine sourit gentiment, puis lui sert le meilleur morceau de viande, et une grosse quantité de légumes. Son cœur bat la chamade… elle se lance : “Tu sais, mon chéri, ce matin un colporteur est passé, et je lui ai acheté un Nouveau Testament avec les cinq francs que tu m’avais laissé. Mais il en coûtait dix, tu sais…” Perrine montre alors sa précieuse acquisition, et la la pose délicatement sur la table. Georges a la bouche bée, comme choqué… Ses yeux font des aller-retours à grande vitesse sur le livre/sa femme/le livre/sa femme/le livre…Finalement, il s’arrête sur sa femme restée comme paralysée devant lui. Il la dévisage, et son regard devient noir. Il jette méchamment son couteau et sa fourchette sur la table en soupirant, puis repousse son assiette. Toutes traces de joie et de paix ont disparu instantanément de son visage. D’ailleurs, celui-ci s’empourpre aussitôt. Il commence à gesticuler sur son tabouret, la pression lui monte comme dans une cocotte minute, et dans quelques secondes la soupape va tout lâcher… En effet, il se met à hurler :C’est comme ça que tu gaspilles l’argent que je gagne en me tuant au travail ?! Tu n’as donc pas d’intelligence, ni de compréhension Perrine ?! Tu ne te rends pas compte de ce que tu as fais !” Perrine est soufflée par ces propos si violents, et par la rapidité avec laquelle son mari est capable de changer d’humeur : un vrai soupe au lait… Elle tente timidement de se justifier : “Mais, mon chéri, cet argent est le notre, et donc aussi un peu le mien non ?”

Ces simples mots ont l’effet d’une bombe dans le cœur de Georges : “Ah oui, c’est comme ça que tu le prends ! Tu vas voir ce que j’en fais de ton bouquin à dix francs !” Georges se lève totalement énervé, s’empare du Nouveau Testament ainsi que sa hache et sort à l’extérieur. Il place le livre sur le billot qui sert à la fois à couper les bûches ou le cou des poulets. Il lève son outil au-dessus de sa tête, et en un éclair l’abat sur sa victime du jour. D’un coup de hache, le Nouveau Testament est tranché en deux. Laissant la hache flanquée dans le billot, il saisit une partie du livre qu’il met dans la poche arrière de son pantalon, puis tend l’autre moitié à sa femme médusée : “Tiens Perrine, voilà pour toi, c’est ta part, celle qui te revient !”  Furibond, il récupère sa hache et prend le chemin de la clairière pour retourner travailler. Alors notre pauvre Perrine s’en retourne chez elle, laissant couler sur ses joues d’abondantes larmes. Une fois à l’intérieur, elle se met à ranger toute sa maison pour penser et passer à autre chose. Une fois sa tâche accomplie, elle se pose sur sa chaise longue devant la porte de sa maison. Il fait si bon dehors… Elle tire alors de son tablier son “demi” Nouveau Testament et commence à le lire. Elle tombe sur le récit d’un jeune homme qui rentre chez son père. Celui-ci semble l’accueillir à bras ouvert. Perrine se pose alors une multitude de questions : “Mais pourquoi le père accueille-t-il son fils de cette façon ? Qu’est-ce qu’il avait fait ce jeune homme ? Pourquoi était-il parti si loin de sa famille ?”  Ces questions brûlent dans son cœur. “C’est trop rageant de ne pas connaître le début d’une histoire !” dit-elle tout haut. Malheureusement l’autre moitié du livre est fourrée dans la poche de pantalon de son mari colère :  “Comment vais-je m’y prendre pour récupérer l’autre moitié, sans qu’il ne se mette encore en fureur ?” se demande-t-elle. Mais Perrine est une femme qui sait ce qu’elle veut, et elle n’aura de répit tant qu’elle ne connaîtra pas le commencement de cette belle histoire, tans pis si il faut affronter une autre colère !

Pendant ce temps Georges travaille en forêt, attelé à abattre son chêne immense. Il transpire à grosses gouttes. En plus, il n’a quasiment rien dans le ventre… Le repas de sa femme lui est resté en travers de la gorge : “Mais qu’est-ce que j’ai ? Je n’en peux plus de fatigue et il n’est pas trois heures de l’après-midi.” Plus il frappe l’arbre de sa hache et plus cette dernière lui paraît peser des tonnes. Si bien qu’au bout de trente minutes, il jette l’éponge comme un boxeur qui capitule devant plus fort que lui. Comme il s’assied sur une ancienne souche pour souffler, il sent quelque chose de dur dans sa poche. Rapidement il sort le “demi” Nouveau Testament. Il fronce les sourcils à la vue de l’objet de sa dernière hystérie. Comme Georges n’a plus le goût de se remettre au travail, il se met à parcourir le livre. Il tombe sur une histoire étrange. Celle d’un jeune homme qui quitte la maison de son père avec son héritage. Ce jeune homme part dans un pays éloigné et tombe dans la plus grande misère au point de manger la nourriture de porcs… plus Georges lit cette histoire et plus son intérêt grandit. Mais ce récit s’arrête au verset suivant : “Je me lèverai et j’irai vers mon père…” Georges cherche la suite mais en vain. Il dit alors tout haut :C’est trop rageant de ne pas connaître la fin d’une histoire ! Comment vais-je faire pour récupérer l’autre moitié du livre ?  Après ce que j’ai dit à Perrine… ça va être compliqué ! Quel rustre je suis, mais je ne vais quand même pas m’excuser, c’est elle qui a commencé ! Non faut que je trouve un moyen…”Georges finit par se remettre au travail. Mais à chaque coup de hache, il se tracasse pour savoir comment arriver à ses fins.  Un peu plus tard, Georges rentre à la maison, bien fatigué… Quand il pénètre chez lui, Perrine est en train de servir une bonne soupe chaude. Il se lave les mains et s’assoit derrière son assiette fumante. Son épouse s’assit à son tour en face de lui dans un silence total… Ambiance…

Les seuls bruits que l’on entend sont les SLURPS… SLURPS… ainsi que les quelques gouttes de soupes retombant dans l’assiette et au dehors le cri-cri des grillons. La seule chose qui ne s’entend pas à l’oreille est le travail que Dieu fait dans les deux cœurs fâchés. C’est comme bien souvent Perrine qui va rompre la glace… : “Tu sais, Georges, dans mon demi livre, il y a une histoire. Celle d’un jeune homme que son père a accueilli au retour d’un voyage, en lui faisant un vrai festin… Tu ne pourrais pas s’il te plait…” Mais elle n’a pas le temps de finir que son mari sursaute à ce qu’il vient d’entendre : “Quoi ? Qu’est-ce que tu dis ? Son père l’a accueilli après tout ce qu’il lui avait fait ?” Perrine rétorque du tac au tac : “Mais qu’est-ce qu’il a fait ? Mais qu’est-ce qu’il a fait ? Dis-le moi !” Les questions s’enchaînent, fusent de toute part. Ils n’arrêtent pas de s’interroger réciproquement, sans prendre le temps de répondre à aucune de leurs questions… Alors ils finissent pas se taire. Ils se regardent tous les deux, la cuillère de soupe à la main… et finissent par éclater de rire. Combien c’est bon de s’entendre rire, cela fait bien des années qu’ils n’ont pas ri ensemble de bons cœur. Puis Georges demande à son épouse : “Pardon Perrine, je me suis comporté comme un gros grogneur, un vrai sanglier ! Me pardonnes-tu ? Je t’ai fait tant de mal par mes colères et mes méchancetés…” Perrine est très émue, car cela fait aussi des années que son mari ne s’est plus humilié pour ses colères, un vrai miracle, pense-t-elle : “Oui je te pardonne Georges, que penses-tu si nous réunissions nos deux moitiés de livre ?” Georges répond : “Oui ! Tans pis si la soupe est froide, recollons les morceaux et lisons ensemble cette belle histoire ! ” Et c’est à lueur des bougies, et devant deux assiettes de soupe froide, que Georges et Perrine lisent la merveilleuse histoire du fils prodigue retournant chez son père. Ils réalisent alors profondément combien eux aussi se sont éloignés de Dieu. Combien la colère, l’envie, l’impudicité, l’avarice, la dureté et tout ce qu’on appelle péché vient séparer l’homme de de Dieu. C’est alors qu’ils découvrent l’Amour de Dieu en Jésus-Christ, envoyé sur Terre pour sauver les hommes à la Croix de Golgotha.  Cette nuit-là, ils reçoivent tous deux l’amour de Dieu, prêt à accueillir tout ceux qui viennent à lui sans distinction.

Voici que ce la Bible déclare dans Éphésiens 2 versets 1 à 8 :Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres. Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (c’est par grâce que vous êtes sauvés ). Il nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu.” L’infinie richesse de la grâce de Dieu est pour chaque être humain, pour toi et pour moi ! Jésus n’attend qu’une chose : que tu saisisses pleinement cette main de miséricorde qu’il te tend, là où tu es en ce moment dans ton abîme de péché et de misère. Il te tend cette corde ! Saisis la ! Ne laisse pas passer l’occasion ! Ainsi tu pourras expérimenter la profondeur de l’amour de Dieu et voir comment Dieu, par son Esprit, peut transformer complètement une vie détruite par le mal et le péché. Laisse ta colère, ta rébellion au pied de la Croix, là où Jésus est mort pour toi, et tu verras la gloire de Dieu ! Oui, Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ! (Jean 11 verset 40)

Bonne semaine

Debout Jeunesse