Elle s’appelait Fléau

Luc 4 versets 18 & 19 : L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres. Il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le coeur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur.”

Dieu peut guérir n’importe quel coeur aussi brisé soit-il. Peut-être sommes nous découragés parce qu’une de nos connaissances reste encore insensible à l’Évangile malgré tout ce que nous pouvons faire ou dire. Ne nous lassons pas d’intercéder pour ceux que nous aimons et qui ne connaissent pas encore l’Amour de Dieu au travers de Jésus Son Fils. Souvent le fait de refuser d’accepter Dieu dans sa vie est le fruit d’une souffrance profonde, d’une histoire de vie tourmentée, d’un coeur brisé en mille morceaux, ou encore d’une colère énorme contre Dieu Lui-même. Mais tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, et Dieu a une réponse pour chacune des questions que se pose l’être humain ! Le message de Noël est une magnifique occasion de rappeler l’Amour et le cadeau que Dieu a donné à l’humanité toute entière afin qu’elle ne périsse pas mais qu’elle ait la vie éternelle.  C’est ce qu’un couple missionnaire a pu expérimenter avec une petite fille orpheline surnommée Fléau

Il était une fois une petite fille avec un prénom étrange : Fléau. Personne ne voulait d’elle parce qu’elle était réellement un fléau pour son entourage. Elle volait sa nourriture et chapardait tout ce qui était à sa portée. Là où elle habitait, elle prenait plaisir à tout renverser : boîte à biscuits, râtelier où l’on fait sécher le poisson, vase, assiette, verre… tout valsait par terre ! Mais bon, on ne pouvait vraiment pas lui en vouloir de voler de la nourriture puisque c’était sa seule manière pour elle d’obtenir à manger. Après la mort de sa mère, Fléau vécut chez sa grand-mère, mais celle-ci mourut à son tour alors que la jeune enfant n’avait que cinq ans. Il ne restait plus personne pour s’occuper d’elle. Au début, les larcins de Fléau n’avaient pas trop embêté les villageois : elle devait bien manger la petite ! Mais quand elle commença ses plus mauvais coups en volant autre chose que de la nourriture, ils pensèrent vraiment à chasser cette et ce Fléau du village ! Un jour, alors que Fléau avait huit ans, une famille de missionnaires s’installa au village. Intriguée, elle se cacha derrière un buisson et les observa attentivement. Ses yeux pétillants grossirent d’émerveillement : que de belles choses ces gens possédaient ! Et que de belles choses à chaparder !  Fléau éprouvait une grande impatience à la pensée de pouvoir à nouveau embêter son monde et faire parler d’elle !

Après quelques jours, les missionnaires ne savaient que penser. Comment leur affaires pouvaient-elles disparaître les unes après les autres sous leur nez ? Il y avait toujours des enfants aux alentours mais après déduction, ils se rendirent compte que les objets ne disparaissaient qu’en la présence d’une certaine petite fille. Après avoir vu une ou deux fois une chemise rouge en haillons s’esquiver, ils commencèrent à se méfier et posèrent des questions aux villageois : “Pouvez-vous nous dire qui est cette petite fille et où est sa famille s’il vous plaît ?” Les badauds furent unanimes : “Oh oh, cette petite orpheline est un véritable cataclysme, c’est pour cela que nous l’avons baptisé “Fléau”…  Elle vole tout, bouscule tout, chamboule tout… Si’l vous manque des affaires, vous devriez lui demander où elle les à cachées, nous n’avons jamais trouvé son repère ! Une véritable pickpocket  ! Ne perdez pas de temps avec elle, de toute manière elle ne changera jamais, le vol est ancré en elle !” répondirent les villageois. Mais au-delà d’avoir de mauvais sentiments à l’égard de la petite fille, les missionnaires eurent grande pitié d’elle. Le lendemain, quand ils virent Fléau, ils l’invitèrent à partager leur repas. Ce fut le meilleur repas qu’elle eût dégusté depuis belle lurette ! Cependant après son départ, les missionnaires remarquèrent que la cuillère en argent, la fourchette et même la tasse avaient disparu !

  • “Quelle petite coquine ! C’est le service de maman qu’elle a embarqué ! Les villageois ont peut-être raison, elle est incorrigible !” dit la femme du missionnaire très déçue.
  • “Ne vous en faites pas ma chère, nous finirons par la convaincre, vous verrez. Le Seigneur a aussi un plan pour elle, et si Jésus a pu changer nos cœurs durs, ne vous en faites pas qu’Il saura changer celui de ce petit être… C’est pourquoi prions pour elle !” répondit le mari.
  • “Oui tu as raison, ce serait tellement merveilleux qu’elle trouve la paix en Jésus. Quel beau cadeau de Noël se serait.”

Mais ce fut apparemment peine perdue malgré les nombreuses prières qui montèrent au Ciel. Après trois ans, un certain nombre de villageois étaient devenus chrétiens, mais Fléau, fidèle à elle-même, était toujours un aussi grand fléau, si bien que parfois les missionnaires eux-mêmes avaient envie de lui crier : “Va-t-en Fléau ! Tu nous épuises, tu ne seras jamais un bonne fille !” Et puis, tout à coup, le jour du 24 décembre, il se produisit un événement incroyable. Le missionnaire prêchait comme à son habitude et Fléau était là comme de coutume. Fléau aimait les foules et observer le comportement des gens surtout à l’église. Quand le missionnaire demanda à la fin de son sermon, que tous ceux qui voulaient servir Dieu viennent à l’avant, à la surprise générale, Fléau descendit l’allée centrale. Perplexe et méfiant, le missionnaire se demanda : “Hum hum… Est-ce un miracle ? Veut-elle vraiment servir Jésus ou se moque-t-elle du monde comme à son habitude ?” Mais Fléau donnait vraiment l’impression sur son visage de vouloir être et devenir une bonne jeune fille. Après le culte, elle se rendit aussitôt chez les missionnaires.

  • “Pasteur Guérin, puis-je vous emprunter votre brouette ?” demanda Fléau avec des yeux de “Chat Potté”
  • “Non Fléau, je ne peux pas te la laisser mais si tu en as besoin je t’aiderai.” répondit dubitativement le missionnaire quelque peu méfiant.
  • “C’est d’accord ! Venez avec moi !” dit la petite fille complètement enthousiasmée.

Et le missionnaire de prendre la brouette et de s’enfoncer avec Fléau dans la forêt. Le chemin était sinueux et long et, au moment où le missionnaire commençait à se dire qu’ils étaient perdus, Fléau s’arrêta soudainement. “Regardez pasteur, c’est là ma cachette !” Elle écarta les fougères qui bordaient le mince sentier. Le missionnaire écarquilla les yeux d’étonnement : à l’intérieur de ce repère, reposait un immense amas d’objets divers. Il reconnut les nouvelles bottes qu’un des vieillards avait reçues la semaine d’avant, et là-bas la plus belle vaisselle des dames du village. Plus loin, le moule à gâteau de sa femme ! Et même sa deuxième paire de lunettes… A la vue de tout ces objets, le missionnaire ne put s’empêcher de lâcher :

  • “Mais Fléau ! As-tu donc volé tout cela à toi toute seule ?”
  • “Oui monsieur le pasteur, mais maintenant Jésus veut que je rende tout.” répondit Fléau avec une grande tristesse dans la voix.

Au village, c’était Noël avant l’heure. Fléau et le missionnaire durent faire plusieurs voyages entre la forêt et la place du village où tous les villageois s’étaient rassemblés. Tous assistaient à la scène, et en profitaient pour récupérer leurs affaires. Chaque fois que Fléau  rendait quelque chose de volé, elle demandait à son propriétaire de lui pardonner. Personne ne lui refusa le pardon. A partir de ce jour de Noël si particulier, la vie au village ne fut plus jamais la même. Fléau devin l’aide de l’épouse du missionnaire. Ils la prirent sous leur aile, la nourrirent et la vêtirent. Elle dormait désormais sur un petit lit pliant dans leur cuisine. Comme elle était heureuse ! Un jour elle annonça à “Maman Louise” (la femme du missionnaire) :

  • “Vous savez, ma grand-mère faisait des paniers d’osier. Elle m’a appris comment faire et moi aussi je sais en fabriquer.”
  • “Mais c’est merveilleux ! Pourquoi ne les vendrais-tu pas au marché ?” s’exclama la femme du missionnaire.

Comme Fléau fut heureuse quand elle vendit son premier panier ! Elle se plaisait à dire à tout le monde : “Regardez ! Maintenant, j’achète mes affaires, je ne vole plus, car je travaille et je gagne ma vie !” À l’église, elle aimait entendre parler de l’enfant Jésus. Un jour elle déclara : “Ne m’appelez plus Fléau, mais Marie !” Et bientôt, presque tous avaient oublié que Marie avait été appelée Fléau. Deux ans plus tard, la femme du missionnaire remarqua que Marie avait perdu son sourire, qu’elle ne chantait plus à tue-tête dans la maison et que son visage dégageait un air triste et sombre. Elle lui demanda alors ce qui n’allait pas :

  • “Oh maman Louise ! Mon coeur est brisé… J’ai de nouveau volé !” Marie éclata alors en gros sanglots.
  • “Oh, non ma pauvre petite ! Marie, dis-moi tout je t’en prie !” lui dit sa mère d’adoption

Entre deux sanglots, Marie raconta son histoire. Au village, sur le rebord d’une fenêtre, elle avait remarqué et pris un petit chien en verre qui appartenait à une vieille grand-mère. Marie voulait le ramener mais elle avait trop honte. Maintenant, tout le monde allait de nouveau croire qu’elle était une voleuse et l’appellerait Fléau une fois de plus. Elle devrait alors quitter la maison des missionnaires. Pour elle, Dieu ne l’aimait certainement plus parce qu’elle avait de nouveau volé… Maman Louise lui dit alors avec sa douce voix :

  • Marie, ma très chère petite Marie. Dieu t’aime toujours tu sais. Il voit bien que tu es désolée et triste pour ce que tu as fait, non ?”
  • “Oh, oui ! Je regrette tellement, je ne veux plus jamais recommencer…” s’empressa de répondre Marie.
  • “Alors, si tu es vraiment désolée et que tu redresses le tort commis, Jésus te pardonnera comme Il nous l’a promis dans Sa parole. Dieu est bon et accueille chaque pécheur qui se repent devant Lui.”
  • “Vraiment ? Alors, je vais le rapporter tout de suite ! Vous savez Maman Louise, je suis très contente, et même si cette petite grand-mère m’appelle à nouveau Fléau, ce n’est pas grave car je sais que Jésus m’a pardonné !”

Et c’est toute joyeuse et en chantant que notre petite fille alla réparer le tort commis. Marie ne commit plus jamais le moindre vol, et fut toute sa vie le petit rayon de soleil de cette famille de missionnaires et, au-delà, du village tout entier.

Bonne semaine

Debout Jeunesse