Entre les pattes du lion

Ecclésiaste 11 verset 1 : Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras.”

Il y a bien des choses que nous faisons ou que nous disons qui n’ont pas de sens ou de portée au premier abord. Jeter sa nourriture (son pain) dans l’eau n’a, à priori, aucun sens à moins de vouloir nourrir les poissons… Pourtant l’Ecclésiaste nous dit qu’avec le temps nous retrouverons ce même pain. Mais quel est ce pain ? Jésus n’a-t’il pas dit qu’Il est le pain de vie ? : Jésus leur dit : Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.(Jean 6 verset 35) Dieu est maître de tout et des circonstances, Il fait ce qu’il veut et Sa parole ne revient jamais à vide (Esaïe 55 verset 11). Un colporteur voulait propager la Bonne nouvelle de L’Évangile alors qu’il voyageait en train. Un peu plus loin, assis sur un siège, un homme un peu renfrogné regardait le paysage passer sous ses yeux. Notre colporteur sentit dans son coeur de lui proposer un Évangile. S’approchant de lui, il le salua gentiment et lui tendit le petit livre avec un sourire aimable. L’homme le regarda, lui arracha le livre des mains et se mit dans une colère noire, invectivant le pauvre colporteur, qui ne savait plus où se mettre. L’homme déchira en deux morceaux le petit évangile, ouvrit la fenêtre et le jeta au dehors. Fin de l’histoire ? Non ! Quelques années plus tard, un homme se rendit au domicile du colporteur. “Bonjour monsieur, reconnaissez-vous ceci ? Il y a votre adresse à l’intérieur…” L’homme tendit un petit évangile tout rafistolé de ruban adhésif. Et il poursuivit : “Il y a plusieurs années, j’étais un homme au fond du gouffre et je voulais mettre fin à mes jours. J’avais alors décidé de me jeter sous un train. En marchant sur la voie et en attendant ma dernière heure, je remarquai entre deux traverses, le morceau d’un petit livre. Je me baissai pour le ramasser et lus par réflexe les lignes suivantes : “Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.” (Jean 3 verset 16 & 17) Cette parole d’espérance a sauvé et changé ma vie !” Inutile de préciser la joie du colporteur… On ne sait jamais exactement quel sont les impacts sur notre entourage d’un acte de bonté, de la distribution de la Parole de Dieu, d’un simple encouragement ou ne serait-ce que d’un sourire et/ou une salutation amicale. Une chose est sûre cependant, c’est que le Seigneur voit toutes choses et prend plaisir dans ce que nous faisons pour et avec Lui : Ne nous lassons pas de faire le bien, car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi.” (Galates 6 verset 9). L’histoire suivante nous relate la drôle de rencontre entre une proie et son prédateur, mais son issue n’est pas celle que l’on aurait pu imaginer : Jette ton pain sur la face des eaux, car avec le temps tu le retrouveras.”

Haletant et les jambes endolories, il atteignit la forêt. Androclus ne connaissait pas d’endroit plus sûr. Là, il pouvait survivre en se nourrissant de racines et de baies et se protéger des animaux sauvages. C’était son seul choix car il serait exécuté comme un esclave fugitif si on l’attrapait. Cette pensée hantait son esprit, alors que la peur d’être découvert le terrifiait. Chaque aiguille de pin qui tombait doucement, entre ses pieds, sur le tapis mousseux suffisait à le faire sursauter et tourner brusquement la tête en toutes directions, cherchant de ses grands yeux quelque soldat. Le temps était pluvieux et la nuit approchait : il avait besoin d’un abri. À travers les arbres, il aperçut une ouverture dans un rocher. Androclus se précipita vers le refuge, ayant déterminé que l’endroit était adéquat pour y passer la nuit. Soudain, il s’arrêta net. Un lion était étendu à la droite de l’ouverture. D’instinct, Androclus se mit à courir, tout en priant que la bête ne soit pas affamée. N’ayant entendu rien ni personne le poursuivre, il ralentit, puis s’arrêta. Après avoir jeté un coup d’œil derrière lui, il vit que le lion était demeuré immobile. En fait, le seul mouvement qu’il avait effectué fut de tourner la tête pour regarder, l’air plutôt triste, l’homme en fuite. Lentement et prudemment, il revint sur ses pas. Le lion souffrait. Androclus lui parla doucement puis, arrivant à sa hauteur, caressa sa crinière et son dos et chercha délicatement quelque blessure. Finalement, il observa une vilaine entaille, sur la patte arrière du félin, qui saignait depuis un certain temps et qui ne semblait pas vouloir se coaguler. Androclus déchira un morceau de tissu du bord de sa tunique et nettoya la blessure. Le lion frissonna, gémit et, finalement, s’endormit. Alors que la pluie commençait de tomber, Androclus se glissa dans la caverne et s’endormit rapidement. Quelle longue course depuis la ville ! Quelques instants plus tard, il fut réveillé par le lion qui, rampant dans la grotte en traînant la patte, s’effondra à côté de lui en laissant échapper un profond soupir. La caverne était grande, si bien que l’homme et la bête purent y cohabiter pendant quelques semaines.

Près du refuge, Androclus trouva une source d’eau fraîche. Les deux chassèrent et rassemblèrent la nourriture dont chacun avait besoin. Un jour, alors qu’il puisait de l’eau du ruisseau, Androclus sentit un objet contondant appuyé sur son cou et une voix lui dire brutalement : “Ne bouge pas ! La rançon est intéressante pour qui capture un esclave fugitif comme toi. À présent, lève-toi doucement.” Forcé de retourner à la ville, Androclus pensa à son ami le lion, sachant bien qu’il ne le reverrait jamais. Appelé à comparaître devant l’empereur, il fut condamné à mort par ce dernier. Alors des soldats l’enfermèrent dans une cellule de pierre, située sous l’arène, en attendant le jour de son exécution. Finalement, on l’amena dans l’arène où une foule en délire lui cracha sa haine quoi que la quasi totalité des spectateurs ignorait qui il était. Mais leurs paroles méchantes se changèrent en acclamations tonitruantes lorsqu’un lion fut lâché. La bête n’avait pas mangé depuis plusieurs jours. De plus, les soldats avaient attisé la colère de l’animal. Le lion rugit lorsqu’il vit l’homme et bondit, tête baissée, vers son petit déjeuner. Androclus savait qu’il n’avait aucune chance. Malgré tout, ses muscles se contractèrent, prêts à combattre et à affronter la douleur et la mort. Le condamné se rappelait combien la situation était différente lorsqu’il s’était lié d’amitié avec un lion qui souffrait, au lieu d’attiser sa colère à l’aide d’un bâton. Les yeux fermés et anticipant la charge de l’animal, il s’arma de courage pour résister tant bien que mal au premier assaut. Brûlantes douleurs ? Non ! La langue râpeuse du lion lui lécha la figure et le projeta au sol. Ayant ouvert les yeux, Androclus reconnut son ami. Au lieu de sauter sur sa proie pour la dévorer, même après des journées de faim et de tourments, le lion une fois traité si gentiment, lécha l’homme comme l’aurait fait amicalement un chien. Instantanément, la foule vindicative devint silencieuse. L’empereur, saisi de stupeur, fit appeler Androclus qui lui raconta son histoire. L’empereur proclama  : «Androclus et son lion sont libres ! Une gentillesse et une gratitude aussi incroyables entre des ennemis aussi féroces se doivent d’être grandement récompensées.»

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Tiré d’une histoire vraie d’Autus Gellius, publiée dans Noctes Attica Vol. XV, telle que raconté par Casandra Lindell.

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