«Gros bonnet» au cachot

1 Thessaloniciens 5 versets 16 à 18 : «Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ.»

Comment être toujours joyeux ? Qu’est-ce qui peut bien remplir le coeur d’un homme ou d’une femme au point qu’il ou elle soit toujours joyeux(se) ? Malgré tout ce qui peut arriver au cours de la vie et sur cette terre, est-ce réellement possible ? Car nous connaissons ou avons vécu des moments de peine et de souffrance… alors la joie dans ces moments ? Et pourtant il y a bien un moyen pour chaque être humain d’être toujours joyeux malgré tout. C’est de posséder et conserver la joie inoxydable d’appartenir à Jésus-Christ ! Cette joie d’être un enfant de Dieu, pardonné, racheté et sauvé par Sa grâce. Cette assurance ne peut pas nous être enlevée et remplit le coeur de chaque chrétien de reconnaissance et de louange envers Dieu : « En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Évangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage, pour la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis, à la louange de sa gloire » (Éphésiens 1 verset 13 & 14) C’est ce qu’un bandit au fond de sa cellule va réaliser et expérimenter…

La porte d’acier se referma bruyamment et le prisonnier se retrouva seul dans sa minuscule cellule souterraine. Les paroles sarcastiques du geôlier résonnaient encore à ses oreilles : «Entre ici, grosse légume, nous reviendrons te chercher dans cinquante ans !» Ce n’était pas un cauchemar. Au-dehors le prisonnier avait été un célèbre avocat en Cour d’assises, jouissant de la puissance et du luxe que l’argent et les relations peuvent procurer. Il avait vécu selon sa foi : «Fais ce que tu aimes. Prends ce que tu désires». C’était son goût pour les sensations fortes qui l’avait conduit au crime de grande envergure : contrebande de drogue, vente d’armes et d’explosifs, cambriolages, et fraudes fiscales. Ses relations étaient les gros bonnets du crime. A quarante ans, alors qu’il devenait de plus en plus puissant, il fut pris en train de vendre de la drogue. Tout s’écroula. Laissant seuls sa femme et ses deux enfants, il encourut sa première condamnation à cinquante ans de prison ! D’autres accusations pesant encore sur lui, elles viendraient s’ajouter à cette première condamnation, le privant de tout espoir de se voir libéré, au cas où il vivrait assez longtemps.

Les murs de sa cellule étaient maculés de sang et d’excréments humains. Un malheureux prisonnier qui l’avait précédé avait tenu le compte des années avec des traits de crayon sur le béton : dix ans, vingt ans, trente ans. Il n’y avait pas d’issue ! La cellule était sombre et humide, le silence n’était interrompu que par le bruit des portes d’acier au fond du couloir et par les hurlements d’un prisonnier poussé au bord de la folie. Dépouillé du charme et du succès du monde extérieur, brusquement réduit à l’impuissance, le prisonnier se sentait comme enterré vivant dans une tombe puante, oublié et seul. Accablé, il tomba à genoux sur le sol froid. Tel un enfant, il sanglota : «Oh Dieu, je ne sais même pas si tu existes, mais si tu es là quelque part et que tu peux m’entendre, je regrette, je regrette vraiment ce que j’ai fait. Je t’en supplie, pardonne-moi. Si seulement tu me pardonnes et me laisses une dernière chance, je te donnerai toute ma vie, absolument tout. Pour toujours !»

L’obscurité demeura silencieuse, mais quelque chose s’était passé. La peur et l’effroi avaient disparu. Il était rempli du sentiment irrésistible d’être pardonné et aimé. De chaudes larmes de reconnaissance coulaient le long des joues du prisonnier. Il se sentait comme un petit garçon qui va vers son père pour lui demander pardon et est saisi avec amour dans ses bras forts. La cellule répugnante n’était plus désormais un lieu de solitude et de désespoir. Même le désir de s’en échapper avait disparu : «Jamais je ne m’étais senti si libre, si heureux ! Je remercie Dieu de tout mon cœur de m’avoir amené dans ce petit trou puant pour le rencontrer !», écrivit le prisonnier à l’aumônier militaire Merlin Carothers. C’est ainsi que cet aumônier accompagna le bagnard pendant sa détention. Il témoigne :

  • “Le prisonnier s’appelait Dr. Gene Neill. Après avoir donné sa vie à Dieu, il étudia avec passion la Bible que quelqu’un avait glissée dans sa cellule. Plus que toute autre chose, il désirait savoir ce que Dieu attendait de sa vie. Il était convaincu que Dieu voulait qu’il soit reconnaissant en toutes circonstances. Ainsi il remercia Dieu pour les poux, les cafards, et les injures des gardiens. Il remercia Dieu pour l’odeur infecte d’urine et les immondices. Il remercia Dieu pour son fils de cinq ans qui serait quinquagénaire avant que son père ne sorte de prison.
  • La louange eut des résultats remarquables dans la vie de Dr. Gene Neill. En dehors du fait qu’il était lui-même rempli de joie, d’autres furent touchés. Des compagnons de captivité et des gardiens donnèrent leur vie à Dieu. Peu de temps après, Gene fut transféré d’un quartier de haute sécurité à un camp de prisonniers dans les marais de Floride. Presque dévoré par les moustiques, il remercia Dieu pour les insectes, et ils arrêtèrent de le piquer. Ses compagnons de captivité étaient sûrs qu’il avait fait passer en fraude une bombe à insecticide. Bientôt les autres hommes commencèrent à s’ouvrir à la puissance de Dieu qu’ils voyaient agir dans la vie de Gene.
  • Deux ans après, Gene fut libéré. Un plein pardon lui fut accordé par le gouvernement. Il était libre de rejoindre sa femme et sa famille qui vivaient dans une grande pauvreté. Ensemble ils remercièrent Dieu pour les circonstances dans lesquelles ils se trouvaient, et grâce à certains événements, ils purent faire face à leurs besoins quotidiens. Un jour un inconnu les arrêta dans la rue pour remettre de l’argent à Gene , disant seulement ceci : «Dieu m’a dit de vous le donner !» Une autre fois, alors qu’ils rendaient grâce pour leur maigre repas, quelqu’un frappa à la porte du vieux bus qui constituait leur foyer. Il leur tendit un paquet contenant des steaks, puis il disparut. Gene et sa famille sortirent peu à peu de la pauvreté et vécurent une nouvelle vie avec le Seigneur !”

Pourquoi la louange a-t-elle fonctionné pour Dr. Gene Neill ? Qu’est-ce qui venait de son cœur et amenait Dieu à répondre immédiatement ? La clé se trouve dans le mot «pardon». Gene avait demandé d’être pardonné, il avait remis sa vie entre les mains de Dieu. La réponse de Dieu avait été immédiate, comme elle l’est toujours dans ces cas-là. La véritable louange est la réponse naturelle d’un cœur qui a été pardonné. Le pardon est le fondement nécessaire de la louange, il détient la clé de toute notre relation avec Dieu.

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Témoignage tiré de : “De l’enfer au paradis” M.R. Carothers