Il m’a toujours appelé “Maman”

 Jean 6 verset 51 : “Je suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement, et le pain que je donnerai, c’est mon corps, [que je donnerai] pour la vie du monde.»

Jésus est le pain de vie ! Pain vivant et descendu du ciel ! Quiconque mange de ce pain aura la vie éternelle. Jésus a été ce pain brisé sur la Croix, Il a livré son corps au calvaire et à la fureur des hommes, pour mourir et nous réconcilier avec le Père et nous donner la vie par la rédemption de nos péchés. Ce pain de vie est toujours à disposition de chacun de nous. Dans l’histoire qui suit, vous verrez que rien n’est laissé au hasard par l’œuvre de Dieu dans une vie. Il se souvient toujours de ce qu’il a commencé, même après quarante ans. Vous y découvrirez aussi qu’il est des occasions décisives pour rendre témoignage de l’Amour de Jésus-Christ. L’entretien se déroule dans la chambre d’un malade : dans son désespoir, cet homme avait voulu mettre fin à ses jours.

Après avoir subi le traitement approprié, il est transféré dans une maison de convalescence, où il reçoit la visite d’un évangéliste. La directrice de l’établissement est une fervente chrétienne. Elle a observé son pensionnaire aux regards sombres, et s’inquiète à son sujet. Aussi, demande-t-elle à l’évangéliste la permission de l’accompagner dans sa visite. La conversation s’engage, et après quelques instants, elle rend son témoignage : J’étais aide-infirmière dans une grande clinique, lorsqu’un jour on nous amena Georges. C’était un garçon d’une douzaine d’années, qui devait subir une intervention chirurgicale en urgence. Mais l’état d’extrême faiblesse de l’enfant suscita les plus sérieuses craintes chez le chirurgien… Avec une voix grave il s’exprima sur ce cas quasi désespéré…”

  • “Si nous l’opérons ainsi, il va nous rester dans les bras. Il faudrait essayer une transfusion. Mademoiselle, êtes-vous disposée à offrir votre sang ? C’est peut-être sa seule chance de survie !” dit-il.

J’acceptai immédiatement. Mais, à cette époque, nous en étions aux premiers tâtonnements dans les transfusions. On voulut la faire « en direct », de veine à veine pour gagner du temps. Résultat : Échec  complet. Tous nos efforts sont restés vains. Nous changeâmes alors de méthode. On préleva mon sang pour l’introduire dans un récipient, où on le dilua avec un anticoagulant. Puis disposant ce bocal au-dessus du patient, on tenta l’expérience… qui finalement réussit. Après une deuxième transfusion le lendemain, Georges avait repris suffisamment de force pour affronter l’opération. Elle se déroula avec succès et sa vie fut sauvée. Depuis, Georges m’a gardé une affection particulière. Il m’a toujours appelée « Maman », et j’étais heureuse de l’entourer un peu de mon amour, puisqu’il grandissait dans un milieu hostile et des circonstances difficiles. Tout ceci se passait il y a plus de quarante ans environ.

  • “Madame.” dit alors l’évangéliste : “Me permettez-vous d’interrompre ici votre récit pour vous dire ce qu’il advint de Georges quelques années plus tard ?”
  • “Bien sûr. Mais alors, vous le connaissiez déjà à ce moment-là ?”
  • “Oui, Georges faisait partie d’une bande de garçons aux cent coups, que nous appellerions aujourd’hui des petits voyous. Nous leur prêchions l’Évangile car, sous la carapace extérieure, il y avait de profonds besoins chez ces jeunes, défavorisés par la vie. Ah, il nous en a fallu de la patience et de l’Amour ! Par moment, il semblait qu’ils ne manquaient aucune occasion de nous excéder par leurs farces ou leurs inventions. Que de fois ils dépassèrent la limite en troublant les réunions organisées à leur intention, même en se moquant de Dieu ! Néanmoins, nous les invitâmes à une fête de Noël. Chacun reçut une friandise et une petite écharpe. Je n’oublierai jamais l’attitude de Georges. Tandis que ses camarades souriaient et plaisantaient, le garçon s’était soudain enveloppé le visage dans l’écharpe. Discrètement, je m’approchai de lui et la tirai un peu pour voir ce qui se passait… il sanglotait comme un enfant. Son visage était baigné de larmes et, entre deux sanglots, il me dit : “Comment avez-vous pu nous donner quelque chose, à nous, après toutes les misères et les méchancetés que nous vous avons faites ?

De toute cette conversation, le malade n’avait pas perdu une parole, il buvait tout ce qui était dit. L’un après l’autre, l’évangéliste et la directrice avaient découvert une phase nouvelle de la vie de Georges, leur ami commun. Profondément émue, la directrice de l’établissement hospitalier reprit :

  • «Bien des années s’écoulèrent après cette transfusion de fortune et le rétablissement de Georges. J’eus une existence heureuse, puis très malheureuse, et je subis d’amères et profondes déceptions, en particulier de la part des représentants de la religion et de mon église, d’où j’espérais recevoir le secours. Je me suis heurtée à un mur. Tout ce que je m’entendais dire, c’était : “Si tu en es là c’est de ta faute, ne t’étonne pas !”. Ça m’a littéralement brisée ! Je me suis heurtée à un véritable mur d’incompréhension et de dureté et un manque total de compassion. Alors je me suis dit que si c’était ça Dieu et les chrétiens, mieux valait tout laisser tomber !  Je devins incrédule et profondément amère. Mais je gardai contact avec Georges qui, de temps à autre, ne manquait pas de m’exhorter à retourner et croire en Dieu, à lire la Bible ou à assister à une réunion évangélique de temps en temps. Les choses ont malheureusement continué à empirer dans ma vie. Même quand je remettais les pieds à l’église, espérant trouver de l’aide, je sentais sur moi les regards pesants des “saints” hommes et “saintes” femmes de la congrégation… En fait je n’existais plus à leurs yeux… Mais avais-je seulement un jour existé ? Oui pour rendre des services, garder des enfants, donner la dîme… Alors là, on savait où me trouver, mais à ce moment précis de ma vie, j’avais juste besoin d’un sourire, d’un bonjour, de quelques miettes de compassion… oui de compassion… Mais rien, l’église et les cœurs étaient un désert sec et aride !

Un jour où j’étais poussée à bout par les circonstances, je reçus la visite de Georges. Il désirait à tout prix que je me rende, le soir même, à une autre conférence où l’Évangile serait prêché. Je me rappelle, comme si c’était hier, de notre conversation :

  • “Non, laisse tomber, Georges, c’est inutile, je n’irai pas ! Je n’irai plus jamais !”
  • “Mais Maman, il faut absolument que tu viennes ce soir !”
  • “Georges, n’insiste pas ! J’ai autre chose en tête. D’ailleurs cela ne sert absolument à rien, je ne veux rien de Dieu !”
  • “Ecoute, Maman. Si cela ne te plaît pas, tu peux ressortir. Personne ne te dira rien : mais viens, au moins pour un quart d’heure !”
  • “C’est sûr que personne ne me dira quelque chose, puisque je suis totalement transparente et invisible !”

Mais je finis par céder pour lui faire plaisir, me promettant de quitter la salle au bout de quelques instants. Mais je n’eus pas à partir. Dès que le prédicateur se mit à parler, c’était comme s’il s’adressait personnellement à moi, tant il semblait connaître mon cas. Le verset choisi était cette parole de Jésus-Christ : «Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à Moi. Dieu nous aime !» Après le message, je restai collée à ma chaise. L’auditoire se dispersa sans me calculer, mais moi, je demeurai là, complètement brisée dans ma résistance. J’avais redécouvert et compris que le Seigneur Jésus m’aimait et que Lui ne me mettait pas dehors. Non Dieu n’est pas un méchant père fouettard ! Quelqu’un s’approcha alors de moi et, après quelques simples mots d’explication prononcés avec une grande douceur, je me jetai dans les bras de mon Sauveur et Seigneur Jésus-Christ dans les larmes et la repentance. J’ai ressenti en moi Son Amour et Sa paix est descendue sur moi : J’étais aimée et graciée par Dieu. Depuis ce jour-là, j’ai l’inébranlable certitude de Lui appartenir et de posséder la vie éternelle.»

La directrice se tourna alors vers le patient assis sur son lit. Il était profondément bouleversé par ce qu’il venait d’entendre. Elle poursuivit :

  • “Monsieur, il est des heures stratégiques dans la vie. Vous avez voulu mettre fin à vos jours, mais Dieu vous a arrêté. Eh bien ! Monsieur, ce fameux soir où Georges est venu m’inviter pour cette réunion et où il a tant insisté, ce soir-là, écoutez-moi bien, j’avais décidé d’en finir avec la vie. Mais Dieu en avait voulu autrement. Il m’a sauvée et, depuis, je suis heureuse. Ne pensez-vous pas qu’il veut aussi vous accorder aujourd’hui le pardon et la paix du cœur ? Il a un plan de grâce pour vous, comme Il en avait un pour moi. Autrefois, j’avais sauvé la vie de Georges en lui donnant mon sang. Quarante ans plus tard, il a participé à sauver mon âme par sa persévérance, car j’ai appris à connaître mon Sauveur !”

Cher lecteur, ce n’est pas seulement au patient de cette maison de convalescence que cet appel est adressé. C’est aussi à vous qui, en cet instant, avez l’opportunité de vous décider pour Jésus-Christ. Vous êtes peut-être désespéré, déçu de la vie et des autres, profondément malheureux(se), incapable de croire, repoussé par vos proches ou par la société. Mais aujourd’hui, le Seigneur vous dit également : «Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à Moi» (Jean 6 verset 37). Voulez-vous à votre tour vous jeter dans Ses bras ?

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Tiré d’un témoignage de P. Roth