L’ambassadeur Tsutada

Daniel 3 versets 16 à 18 : «Schadrac, Méschac et Abed-Nego répliquèrent au roi Nebucadnetsar : Nous n’avons pas besoin de te répondre là-dessus. Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente, et il nous délivrera de ta main, ô roi. Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux, et que nous n’adorerons pas la statue d’or que tu as élevée.»

Ces trois jeunes hommes nous donnent une leçon de courage et de foi. Sous la pression, ils ne cèdent pas, même au péril de leur vie. Plutôt mourir brûlés vifs dans une fournaise ardente, que de se prosterner devant l’effigie d’un homme ! Dans cette situation, il y a deux types de personnes. D’un côté, ceux qui suivent le mouvement, et de l’autre ceux qui se tiennent fermes pour Dieu. Ceux qui sont couchés à même le sol, se prosternant face contre terre devant l’idole, et ceux qui se tiennent debouts quoi qu’il arrive pour affirmer que Seul Dieu est Dieu. Devant les vagues d’immoralité, d’impudicité, de violence, de corruption, d’addiction de toutes sortes qui plongent les personnes dans le malheur et la dépression, sommes-nous couchés ou debouts ? Face à la tentation et au péché, sommes-nous des collaborateurs ou des résistants ? Bien des fois, nous pouvons tout faire pour éviter de prendre position pour Dieu devant les hommes, soit par peur, par honte, soit par crainte d’être ridiculisés ou moqués. C’est une erreur, car nous n’avons pas à avoir honte d’avoir donné notre vie à Jésus-Christ et d’être appelés chrétiens. Ne sommes-nous pas appelés fils de Dieu ?Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ, vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ.” (Galates 3 verset 26). Y-a-t’il une vocation plus haute que celle-là ? Alors pourquoi avoir honte et “se coucher” plutôt que de se tenir debout pour Celui qui nous a aimés au prix de Sa vie et sauvés de l’enfer ? L’histoire suivante nous plonge dans la vie d’un homme qui a fait le choix de rester debout.

David Tsutada est jeté en prison dès le début de la Seconde Guerre mondiale par le gouvernement de son propre pays. Pourquoi une sanction aussi dure ? A cause de sa foi en Jésus-Christ, et par ce que, comme les amis de Daniel, ce pasteur courageux a refusé de s’incliner, en signe d’adoration, devant l’empereur Hiro-Hito. Au fond de sa geôle insalubre, jamais il ne perd l’espoir, même aux jours les plus sombres de sa détention. A sa sortie de prison il n’est plus que l’ombre de lui-même, il ne pèse plus que 35 kilos… En effet, l’administration nippone reçoit des ordres très précis à son sujet, car pour elle c’est un sujet très dangereux, capable d’influencer le peuple par sa rébellion.  Cet homme doit donc mourir à petit feu. Il doit souffrir, il doit mourir de faim !  David est confiné dans une cellule étroite, froide et humide. La saleté et la puanteur sont extrêmes. Dans son esprit, les choses sont claires. A vue humaine, il ne ressortira jamais de cet endroit sordide, sa vie s’arrêtera là si Dieu n’intervient pas. Les prisonniers enfermés avec lui se laissent tous gagner et ronger par le désespoir le plus noir. Lentement ils dépérissent et se laissent mourir les uns après les autres. Pourtant, à leurs côtés, le pasteur Tsutada ne cesse de les encourager à tenir bon. Chaque jour il passe un long moment dans la prière à l’écoute du Seigneur. Il fait des plans d’avenir pour le jour où il sera libéré. Depuis très longtemps, il désire dans son cœur ouvrir une école biblique pour former de jeunes pasteurs. Il est conscient que son pays a fort besoin de l’Évangile, et plus encore pendant cette période troublée de son histoire. Mais dans la situation où il se trouve, il se pose aussi la question, à savoir si Dieu ne va pas plutôt le rappeler auprès de Lui, car l’espérance de vie dans les prisons impériales n’est pas très élevée ! Cela ne l’empêche pas de rester dans le calme et la sérénité. Il se dégage de ce jeune pasteur une paix parfaite, ce qui impressionne ses compagnons de cellule. David sait que toutes circonstances concourent au bien ce ceux qui aiment Dieu (Romains 8 verset 28), et il a une parfaite assurance que sa vie est entre Ses mains quels que soient les événements qui surviennent. Cette profonde conviction, il l’a expérimenté tout au long de sa vie. David Tsutada est né en 1906 au Japon. C’est le second enfant d’une famille de 11 frères et sœurs. Au bout de quelques années, toute la famille s’installe à Singapour. Pourtant David passera une grande partie de son enfance au Japon pour faire ses études. C’est un élève brillant, il réussit et excelle dans l’éducation physique. Comme tout jeune homme, il a de l’ambition, et commence à faire des projets de carrière. Son rêve est de devenir un diplomate et de servir son pays en tant qu’ambassadeur à l’étranger. Pour briguer un tel poste, il doit faire des études supérieures et intégrer de grandes écoles. Ses parents décident alors de l’envoyer poursuivre sa formation en Angleterre dans l’une des plus prestigieuses universités anglaises : Cambridge. C’est en 1926, à l’âge de 20 ans qu’il s’embarque, la tête plein de rêves, pour le vieux continent. A bord du bateau, David va faire la connaissance d’un homme qui va bouleverser sa vie. Durant le voyage, il rencontre un chrétien authentique, véritable disciple de Jésus-Christ. Celui-ci lui témoigne avec passion de sa foi et lui explique comment Dieu a changé radicalement sa vie. David l’écoute. Lui aussi connaît l’Évangile car ses parents sont chrétiens. Il connaît toutes les histoires de la Bible, on les lui a racontées des centaines de fois… Mais jusqu’à ce jour, il ne s’est pas intéressé à la foi, et a toujours pensé qu’il peut gérer sa vie sans Dieu comme bien des jeunes de son âge. Ce chrétien lui parle de l’importante nécessité de vivre pour le Seigneur Jésus avec l’espérance et la promesse de la vie éternelle. David fait vite le calcul dans sa tête. Devenir un fameux diplomate côtoyant le beau monde et les plaisirs de la vie ou devenir un simple chrétien…  Alors il lui répond : “Vous savez pour le moment, je suis très satisfait de ma vie sans Dieu. J’ai des ambitions professionnelles, et en ce qui concerne la vie éternelle, j’ai bien le temps d’y penser.”

Cependant cette conversation est comme une graine semée et plantée dans le cœur de ce jeune étudiant. Les deux premières années passées à l’université de Cambridge sont difficiles. Il réalise que sans Dieu dans sa vie, il est impossible de mener une vie intègre et saine. Il ressent comme un vide profond dans son âme, et sombre peu à peu dans la dépression.  Souvent il repense au témoignage vivant de ce jeune chrétien à bord du bateau. Alors, un soir, seul dans sa petite chambre d’étudiant, il se met à genoux et décide de donner sa vie entière à Jésus. Il pleure sur la superficialité de son existence, sur sa vie de péché, et implore la grâce et le pardon de Dieu. Quand il se relève, sa vie est transformée, le vide de son cœur est rempli par la paix et la présence de Jésus. A partir de ce jour, il ne sera plus jamais le même ! Un an plus tard, il reçoit clairement dans son cœur l’appel à temps plein pour le service dans l’œuvre de Dieu. C’est une véritable bataille qui se livre en lui. Il résiste à cet appel. Dur pour lui de renoncer à ses rêves d’ambassadeur, et de parcourir le monde à la rencontre des illustres personnages de son siècle… Un jour, contre toute attente, il reçoit un télégramme de son cher père. Ce qu’il lit est court et direct : « Fils, obéis à Dieu ! » Cette parole est comme un coup de poing dans son âme. La lutte qu’il vit à l’intérieur de lui est immense car devenir ambassadeur c’est toute sa vie ! Mais il finit par céder. L’appel divin est plus fort que l’appel du beau monde : Oui il sera ambassadeur, mais pour Christ ! L’année suivante, il retourne au pays et sans plus attendre commence une œuvre d’évangélisation en plein centre de Tokyo. Dieu bénit le travail de David. Au début des années 1940, il est le pasteur d’une église vivante et zélée qui envoie des missionnaires dans plusieurs pays d’Asie. Mais le 7 décembre 1941, le Japon attaque par surprise le port militaire de Pearl Harbor abritant la flotte des États-Unis d’Amérique. Le Japon entre dans la Seconde Guerre mondiale. Le ministère de la guerre nippon orchestre alors un vaste programme de propagande pour obtenir l’adhésion sans faille du peuple japonais tout entier. Selon le code d’honneur du Bushido (des Samouraïs), chaque japonais va devoir se battre jusqu’à la mort, sans jamais faillir à l’honneur, et vouer un véritable culte à l’empereur. Mais Tsutada décide de ne pas ériger le drapeau japonais devant son église et de ne pas s’incliner profondément devant l’empereur en direction du palais impérial, affirmant que : “Seul Dieu au ciel est divin. Nous ne l’adorons que lui seul !” Quand la police politique vient le voir pour s’assurer de sa fidélité et de sa vénération envers l’Empereur-dieu, David Tsutada refuse de se prosterner devant cet homme, aussi mortel que lui, car c’est devant Dieu seul qu’il s’incline. Les fonctionnaires n’hésitent pas : le 26 juin 1942, Tsutada est arrêtée, avec environ 130 personnes qui refusent également de se conformer à cette réglementation. L’église est immédiatement fermée, David est interrogé, roué de coups et jeté en prison comme tous les opposants au régime. Pendant deux ans, il est en isolement cellulaire strict dans la prison de Sugamo. Ces deux années sont les plus éprouvantes de sa vie. Mais, sans jamais céder au désespoir, il passe son temps à prier et à chercher la pensée de Dieu. Quand il est transféré dans une autre prison, il aide ses compagnons d’infortune en leur redonnant espoir et courage. David est aussi toujours préoccupé à élaborer des plans pour le jour où il pourra à nouveau exercer son ministère en toute liberté. Lui, l’ambassadeur pour Christ, se confie comme il l’a toujours fait, en la grâce et la miséricorde souveraine de Dieu. Il s’appuie sur le nom même du Christ, le messie : Emmanuel qui signifie « Dieu avec nous ». Le jour de sa libération, juste un peu avant la fin de la guerre, il passe la nuit en prière avec cinq autres frères en Christ. Leur cœurs remercient et louent Dieu de les avoir gardés pendant cette terrible épreuve. Mais ils ont une autre supplication : «Seigneur aide-nous pour ouvrir une nouvelle église, notre peuple a cruellement besoin de  toi !» Dieu écoute et exauce la prière de ses enfants. C’est à Tokyo et à Urawa que, quelques temps plus tard, l’Église Emmanuel ainsi que le collège de formation biblique Emmanuel ont vu le jour. En 1971, le Seigneur rappelle le pasteur David Tsutada à l’âge de 65 ans. Il laisse derrière lui, à la gloire de Dieu, une église forte de plusieurs milliers de membres, et des centaines de missionnaires envoyés dans diverses parties du monde.

David Tsugio Tsutada, connu aussi sous le nom de John Wesley du Japon”, est resté debout face à l’adversité et à la pression. Dieu ne l’a jamais abandonné. Dans sa triste cellule, il a levé les yeux vers Jésus au-delà des difficultés et des épreuves qu’il subissait. Il était sûr et certain que Dieu était là, à ses côtés, et que rien ne pouvait s’opposer à Son plan. Oui, Dieu est là pour ceux qui se confient en lui. Dès sa sortie de prison, David, avec la foi qui le caractérisait, était prêt malgré son état physique dégradé, à commencer immédiatement une nouvelle œuvre pour le Seigneur, convaincu qu’elle était déjà préparée à l’avance ! Car nous sommes son ouvrage, ayant été créés en Jésus-Christ pour de bonnes œuvres, que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions.” (Éphésiens 2 verset 10). Et ce fut ainsi, car Dieu ne ment jamais. C’est pourquoi, nous aussi, restons debouts pour Christ !

Bonne semaine

Debout Jeunesse