Le canyon des séquoias

Deutéronome 31 verset 6 : Prenez courage, tenez bon ! Ne craignez rien et ne vous laissez pas effrayer par eux, car l’Éternel votre Dieu marche lui-même avec vous, il ne vous délaissera pas et ne vous abandonnera pas.”

Bien des fois nous sommes face à l’épreuve. Dans ces moments n’oublions jamais que Dieu marche lui-même avec nous. Dieu est un Père pour nous, nous sommes ses enfants en Jésus. Jamais il ne nous délaissera, ni ne nous abandonnera dans les passages les plus difficiles de nos vies. C’est pourquoi prenons courage et ne nous laissons pas effrayer par l’adversité qui frappe notre vie. C’est pourquoi dans ces moments particuliers d’épidémie, de maladie, de tensions… Levons les yeux vers le ciel !

Psaumes 123 :

Cantique pour la route vers la demeure de l’Éternel.

J’ai levé les yeux vers toi, toi qui règnes dans les cieux.

Oui, comme les serviteurs fixent leurs regards sur la main du maître,

Comme la servante fixe ses regards sur la main de sa maîtresse,

Ainsi nos regards se tournent vers l’Éternel, notre Dieu, dans l’attente de sa grâce.

Fais-nous grâce, ô Éternel ! Aie pitié de nous ! […]

C’est ce qu’une jeune fille a réalisé lors d’une ballade à cheval en compagnie de son grand-père…

Mon grand-père dégageait des odeurs de cuir usé, de terre fraîche et de sueur fétide mais propre. Il portait des chemises à manches courtes et des jeans bleus, retenus par des bretelles rouges, et utilisait la lotion après-rasage Mennen de couleur verte. Je me souviens, lorsque j’étais toute petite, grand-père portait souvent son chapeau «safari», de loin son préféré, et mon frère et moi lui avions donné ce surnom. C’était en fait un casque en plastique rigide, gris et rond, muni d’un rebord tout autour et de coutures moulées. Pour grand-père, les chevaux sont toujours demeurés indispensables. Il m’a appris très jeune à les monter et, encore aujourd’hui, monter un cheval me rend importante et spéciale. D’ailleurs, je me sentais toujours ainsi avec grand-père. Combien il aimait m’amener au Canyon des séquoias, un endroit si cher à son cœur. Jeunes mariés, lui et grand-maman passaient l’été dans les sierras. Je me rappelle le son des sabots frappant le métal lorsque nous faisions sortir les bêtes de la remorque pour notre première randonnée dans le canyon, sans oublier les odeurs de cuir et de fumier qui montaient à nos narines alors que nous attachions les selles. Pendant ce temps, Ben s’ébrouait et exhalait des bouffées d’anticipation tout en grattant le sol. Durant nos randonnées, grand-père montrait du doigt les fraises sauvages qui poussaient de chaque côté du sentier. Elles étaient si minuscules… Je ne les aurais certainement jamais remarquées. Il savait discerner le bruit de l’eau qui coule au loin de celui du vent dans les arbres, moi non. «C’est le bruit du vent !», ai-je risqué d’affirmer un jour. «Non… Allez, suis-moi petite…» avait alors répondu grand-père en me souriant. Subitement, il avait bifurqué pour dévaler une pente hors-piste. Bien qu’un peu hésitante, je l’avais suivi. Tout à coup, il s’est arrêté et a repoussé le bord de son chapeau de cowboy. J’ai tiré Ben à côté du cheval de grand-père, puis regardé dans la même direction que grand-papa.

À ce jour, je n’ai connu aucun endroit aussi paisible. Au bas de la pente, un ruisseau serpentait à travers les fougères et les lis tigrés sauvages pour se jeter silencieusement, quelque trois mètres plus bas, dans un petit étang de cristal. Sur un des côtés de ce point d’eau, on pouvait observer une plage sablonneuse et un rondin couché. Je m’imaginais le jardin d’Eden non souillé. Nous sommes demeurés près du petit étang assez longtemps pour imprégner à tout jamais mon esprit de cet endroit merveilleux. Encore aujourd’hui, le souvenir de ce lac de cristal me procure des moments de paix lorsque le besoin se fait sentir. Un peu plus loin sur le sentier, une clairière parmi les arbres avait fait sourire grand-père. Devant nous, s’étalait une plage de roches de la grosseur du poing et un ruisseau qui tentait de couler incognito. Il se faufilait entre les obstacles, anxieux de poursuivre sa route au-delà de ceux-ci : «Campons ici. Nous monterons notre tente là. Ta grand-mère tirait sa corde à linge entre ces deux arbres… J’ai abattu un chevreuil juste au-dessus de cette crête de montagnes…» Grand-papa redonnait vie à un monde passé et oublié. Il poursuivit :

  • “Un courant d’eau souterrain court tout près d’ici.” me dit-il en montrant de nouveau du doigt.
  • “Comment le sais-tu ?”
  • “Regarde ces jeunes arbres en ligne droite. Des graines qui tombent ne poussent pas sans eau.”

Après avoir poursuivi notre randonnée sur le sentier qui contournait la montagne, nous sommes arrivés devant un arbre qui obstruait notre route. Nous étions dans le Canyon des séquoias, des séquoias géants. L’arbre couché mesurait au moins cinq mètres de diamètre, formant de ce fait un imposant mur devant nous. En aval, de grosses branches enchevêtrées et, en amont, un immense trou et un important système de racines. J’étais désemparée, alors que je pensais que nous serions forcés de rebrousser chemin. Puis j’ai observé grand-père qui, assis calmement, étudiait l’obstacle qui se dressait devant nous. Un peu désabusée et déçue je lui demandais : «Nous devons faire demi-tour, n’est-ce pas ?» Il était demeuré assis, impassible. Puis, après avoir jeté un coup d’œil de côté, grand-père avait tiré sur ses guides, enfoncé ses talons et crié : «Allez, suis-moi !» Le cheval, monté de son cavalier, avait glissé sur les feuilles et les aiguilles en grimpant la montagne. Pas question pour moi de le suivre et de courir le risque de nous voir tomber tous les deux, Ben et moi. Mais je connaissais grand-père. Il m’aurait attendue toute la journée au sommet, si nécessaire, jusqu’à ce que je le suive. Il avait la réputation d’être tenace. Pour lui, la meilleure façon d’apprendre était de s’attaquer à l’impossible. Il n’en démordait pas et me répétait : «Allez, viens, n’aie pas peur ! Fais confiance ! Ton cheval tracera bien son propre chemin. Il ne désire pas plus tomber que toi.»

Je savais une chose ! Je pouvais faire confiance à mon grand-père dans les sierras. Après tout, il avait passé toute sa vie à dos de cheval dans ces régions. Il connaissait bien les montagnes. Alors j’ai fait la seule chose que je pouvais faire : j’ai saisi la corne de la selle, relâché les guides et fermé les yeux très serrés pendant que j’enfonçais les talons. Ben a fait un bond en avant et attaqué la montagne en labourant le sol. Une randonnée plutôt cahoteuse ! Puis j’ai senti mon cheval ralentir et j’ai ouvert les yeux. Grand-papa était là, son rude visage riant de plaisir. «Tu as fermé les yeux. Tu as raté le meilleur !» Ce jour-là et au cours des randonnées ultérieures dans le Canyon des séquoias, j’ai tellement appris. Plus fréquemment que toute autre chose, je revois l’image de cet immense séquoia obstruant le sentier. Ainsi va la vie. Ce serait bien si tout n’était que fraises sauvages et paisibles étangs de cristal. Mais souvent, notre sentier est obstrué par d’immenses obstacles menaçants. Nous nous retrouvons dans une impasse et l’issue est incertaine. C’est alors que je me rappelle les choix offerts par grand-père : laisser tomber et rebrousser chemin tout triste ou tenir ferme, relâcher les guides et suivre Celui qui sait surmonter tous les obstacles. C’est cela la foi En Jésus-Christ. Et si nous évitons de fermer les yeux, nous ne raterons pas le meilleur !

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Écrit par Casandra Lindell d’après son propre témoignage