Le Loup blanc Partie 2

Esther 5 verset 1 : “Le troisième jour, Esther mit ses vêtements royaux et se présenta dans la cour intérieure de la maison du roi, devant la maison du roi. Le roi était assis sur son trône royal dans la maison royale, en face de l’entrée de la maison.”

La reine Esther est dans une situation où elle ne maîtrise rien. C’est quitte ou double ! Combien de situations similaires n’avons nous pas eu a traverser dans nos vies. Elle sait que si Dieu n’intervient pas immédiatement en sa faveur tout est fini, c’est la catastrophe. En effet, cette jeune reine est complètement à la merci d’un geste de son dictateur de mari qu’elle n’a pas vu depuis des jours. C’est une chose de se préparer pendant les trois jours précédant cet événement, c’est encore autre chose quand elle se retrouve dans la cour intérieure, ne sachant pas ce qu’il va se passer. Dans ce moment précis de l’épreuve, il n’y a plus rien qui compte, on oublie tout… il ne reste que Dieu et son immense et profonde miséricorde, c’est en Lui seul que nous plaçons notre confiance dans un total abandon. C’est ce que notre jeune amie Yanhé va vivre avec son grand-père quand ce qu’ils pensaient ne jamais arriver… arriva !

Les semaines et les mois passent, tout semble calme. Le village et ses habitants ne parlent plus du Loup blanc. Certaines rumeurs ont même laissé entendre qu’il avait été capturé et que toute sa bande d’égorgeurs s’était dispersée. A la maison, Yanhé est le rayon de soleil qui illumine les jours de son grand-père. Depuis l’autre jour, elle se garde bien de parler de sa foi pour ne pas le mettre en colère, mais sa vie montre et exprime Jésus dans tout ce qu’elle fait. C’est une enfant aimante, joyeuse, généreuse, fidèle dans les petites choses et d’une grande douceur. Son grand-père est la seule famille qui lui reste. Depuis la mort de ses parents, elle est la fille unique de la maison, tout le mode l’aime énormément et sa joie de vivre contamine tout le monde. Par une douce soirée de printemps, Yanhé et grand-père Yuan-Lee se promènent dans le verger. Ils sont émerveillés par la beauté du paysage. Tandis que le soleil glisse tout doucement derrière les collines, donnant mille couleurs au ciel, une petite brise vient caresser leur visage. Yuan-Lee est paisible, il profite de chaque seconde en compagnie de sa petite fille. Plusieurs fois il inspire et expire profondément, quel calme, quelle paix… Puis, regardant Yahné, il engage la discussion :

  • “Ah Yahné, je te suis éternellement reconnaissant !” 
  • “Ah oui ? Pourquoi ?”
  • “Eh bien, j’ai un peu de mal à l’admettre, mais je crois que le chien de bronze que tu as placé devant la porte d’entrée a fait fuir les bandits et le mauvais œil !”
  • “Ah bon ? Je ne comprends pas, car tu disais qu’il ne sert à rien ?”
  • “Eh bien, j’ai prié Bouddha pour que cette statuette nous protège du mal… Eh bien, tu vois Bouddha m’a exaucé ! D’ailleurs certains villageois ont dit que le Loup blanc a été arrêté ! D’autres affirment qu’il a été tué ! Quel soulagement ! Nous ne craignons plus rien !”

Yahné regarde son grand-père, lui sourit tendrement, et lui dit : “Tu sais Grand-père, moi aussi j’ai prié ! Mais le vieil homme ne prête pas attention aux paroles de sa petite-fille, c’est tout juste si il les a entendues. Puis il fait signe qu’il faut rentrer, car le soleil s’est couché et le froid commence à se faire sentir. Nos deux amis ne se doutent pas qu’à deux kilomètres de là un groupe de cavaliers s’est arrêté devant les portes du village. A la tête de ce groupe se trouve un homme à l’air farouche. Tout en regardant les petites lumières des maisons qui scintillent, il lance d’une voix forte à ses compagnons :

  • “Enfin un village ! Cherchons une grande maison capable de tous nous accueillir. Nous y passerons la nuit !”
  • “Aller là-bas ? Tu ne crains pas la garde impériale ?”
  •  “Ah Ah Ah ! Quand elle saura que nous sommes passés ici, nous serons déjà loin, et nous brouillerons les pistes comme d’habitude. Ce n’est pas demain qu’elle arrêtera le Loup blanc !”
  • “Oui, mais on a eu chaud l’autre semaine, on s’est presque fait prendre !”
  • “Oui c’est vrai, mais on a fini par tous les tuer… Personne ne me prendra, personne sur cette terre ni dans le ciel ne peut m’arrêter !”

Sur ces entrefaites le bandit se met à rire frénétiquement. Puis il tourne la bride en direction du village suivi de sa troupe. Cette bande d’affreux passe la porte du village. Les rues sont presque désertes à cette heure-ci, mais les quelques villageois les voyant arriver perdent instantanément leur sang-froid. Ils se mettent à courir dans tous les sens comme des lapins à la recherche d’une quelconque cachette. Les bandits éclatent de rire en les voyant détaler. Leur chef hurle à qui veut l’entendre :

  • “Eh bien ! Encore une sacrée bande de poules mouillées ! On va s’en mettre plein les fontes les gars ! Trouvez-moi une grande maison pour qu’on puisse tous y loger ! Y’a bien un petit richard de bourgeois qui se fera un plaisir de nous accueillir !”
  • “Oui ne t’en fais pas, on va bien trouver ça !”

Après quelques centaines de mètres, la troupe arrive devant un petit pont de bois. Derrière ce dernier, une jolie petite allée bien entretenue mène vers une belle et grande demeure. Le Loup blanc demande alors à son lieutenant :

  • “Eh bien ! Voilà l’endroit où nous allons passer la nuit ! Va donc nous annoncer à l’heureux élu qui va avoir la joie de nous loger !”

L’homme descend prestement de son cheval et traverse le petit pont. Il tente d’ouvrir la porte à coup de pieds et d’épaule, mais celle-ci résiste. Il se met alors à frapper lourdement en criant : “Ouvrez chiens ! Dépêchez-vous d’ouvrir, ou nous mettons le feu !”  Il ne faut pas attendre longtemps, le verrou de la porte s’ouvre et un vieil homme se présente et referme rapidement la porte derrière lui :

  • “Mais Qui êtes-vous ? Que voulez-vous à cette heure-ci ?”
  • “Ah Ah Ah ! Loger chez toi, vieillard débile !”
  • “Loger chez moi ? Mais ma maison est pleine, j’ai une grande famille… ce n’est pas possible !”
  • “Quoi ! Tu refuses de nous loger ? Vois-tu cette lame prête à te trancher la gorge vieux fou ! Dis encore un mot de travers et je la passe à travers a ton cou de poulet !”
  • “Mais…”

Le bandit projette alors violemment le Grand-père au sol et s’apprête à l’égorger sans aucune autre forme de procès… A ce moment la porte s’ouvre et Yanhé apparaît. Devant l’horreur de la scène, elle se prosterne à genou devant ce bourreau et s’écrie : “Je vous en prie, ne lui faites pas de mal ! Entrez, s’il vous plait, entrez ! Vous êtes les bienvenus !” L’homme ne s’attendrit pas. Il pousse à plat ventre le vieillard et lui écrase le visage au sol avec son pied tout en s’adressant à lui : “Tu vois qu’il y a de la place chez toi. Petit cachottier… Alors on ne veut pas accueillir le Loup blanc ? Tu ferais mieux d’écouter cette courageuse  fillette ! Voilà quelqu’un de raisonnable !” A ce moment-là, tapi dans l’ombre, le Loup blanc s’approche ! N’ayant rien manqué de la scène il dit : “Alors le vieux, tu nous invites ? C’est très aimable de ta part…” Puis, s’avançant vers l’entrée, il dévisage Yanhé. La petite fille est calme, le cœur en ardente prière, comptant sur la grâce de Dieu. Elle soutient le regard glacial du Loup blanc et d’un geste gracieux l’invite à entrer dans la demeure. Le Loup blanc est quelque peu interloqué par ce petit bout de femme qui le regarde avec ses grands yeux noisettes empreints de délicatesse. Mais qu’importe ! Il va pour entrer dans le logis, quand tout à coup le brigand s’arrête et ne peut s’empêcher d’éclater de rire.

En effet, il vient de remarquer le chien de bronze placé devant la porte : “Ah Ah Ah ! Mais qu’est-ce qu’il est moche votre chien de garde ! Et quel gardien est-il ?! A cet instant, aussi vite que l’éclair, le brigand sort et abat son sabre sur la statue dont la tête roule aux pieds de Yanhé, horrifiée… Éclats de rire général, le Loup blanc pousse rudement la porte d’entrée et va se vautrer au centre de la salle à manger dans un grand fauteuil d’osier. Les trente hommes qui l’accompagnent entrent à leur tour à grand bruit. Grand-père est libéré et sauf, mais il tremble de peur de la tête aux pieds. Yanhé l’aide à se relever et lui donne quelques paroles de réconfort mais son cœur bat aussi très fort : elle a très peur. Personne ne sait ce qu’il va se passer, et le Loup blanc est connu pour sa grande cruauté. Alors elle lève les yeux vers le ciel et implore secrètement Dieu de protéger toute la famille dans cette terrible épreuve. Installé comme un pacha, le Loup blanc donne ses ordres : Enfermez et attachez tous les gens de la maison dans le grenier, j’aviserai ce qu’on fera d’eux plus tard. Ensuite faites comme chez vous, on s’installe pour la nuit !” Puis regardant le Grand-père, il ajoute avec un petit sourire sadique : “Ah oui, au fait, pillez tout ce qui a de la valeur, qu’il ne reste rien !” (à suivre…)

Bonne semaine

Debout Jeunesse

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