Le père Martin

Luc 2 verset 6 & 7 : Et Marie mit au monde son fils premier-né Jésus, et l’emmaillota, et le coucha dans une crèche, à cause qu’il n’y avait point de place pour eux dans l’hôtellerie.”

Ce passage de la Bible nous montre deux choses. D’un côté le coeur aimant de Dieu pour chacun d’entre nous sans distinctions. Il a fait grâce à l’humanité toute entière en envoyant son Fils unique bien aimé sur terre sous la forme d’un petit enfant. Ce petit enfant symbolisant le cadeau de Dieu fait aux hommes : “C’est qu’aujourd’hui dans la cité de David vous est né le Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.” (Luc 2 verset 11) Et d’un autre côté, une humanité qui n’a pour le recevoir qu’une étable et une mangeoire. Noël, aujourd’hui fête très commerciale, ne doit pas nous faire oublier l’essence même de cet événement. Noël nous rappelle le plus beau jour de l’humanité à savoir la naissance du Sauveur. C’est ce qu’un très vieux conte va nous raconter…

Un Noël, un vieux cordonnier se reposait dans son petit magasin tout en finissant de lire dans Matthieu 2 verset 1 à 15 concernant la visite des rois mages à l’enfant Jésus, et des cadeaux qu’ils avaient apportés. Tout en se grattant le front il se dit : “Si demain était le premier Noël comme dans l’ancien temps, et si Jésus devait être né ce soir dans cette ville, je sais ce que je lui donnerais !” Il se leva et prit d’une étagère deux petites chaussures en cuir blanc le plus mou, avec des boucles argentées lumineuses : “Eh bien voilà ! Je lui donnerais cela, mon travail le plus fin, le couronnement de ma carrière de cordonnier ! Que sa mère sera heureuse de pouvoir le chausser chaudement ! Mais je suis un vieil homme idiot ! “pensa-t-il avec un petit sourire avant de poursuivre : “Le Maître n’a aucun besoin de mes pauvres cadeaux.” Remettant les chaussures à leur place, il souffla la bougie, et alla se reposer. Il ferma ses yeux, quand il entendit une voix qui l’appelait par son nom : “Père Martin !” Intuitivement, il reconnut de qui était cette voix, c’était le Seigneur Jésus. “Martin, tu as envie de me voir ? Demain je passerai par ta fenêtre. Si tu me vois, offre-moi ton hospitalité. Je serai ton invité et m’assiérai à ta table.”

Le père Martin ne pu dormir cette nuit-là à cause de la joie qu’il éprouva. Avant que l’aube ne se lève, il rangea son petit magasin, balaya le parquet, et décora son atelier. Il plaça un morceau de pain blanc, une fiole de miel, un pichet de lait sur la table, et, au-dessus du feu, il accrocha un pot de café. Ses préparations étaient simples, mais le père Martin mit tout ce qu’il possédait sur la table. Quand tout fut prêt, il se mit à la fenêtre pour guetter quand le Seigneur viendrait le visiter. Il était sûr qu’il reconnaîtrait le Maître. Comme il observait le verglas et la pluie dans le froid, la rue abandonnée, il pensa à la joie qu’il aurait quand il serait assis et mangerait le pain avec son précieux Invité. Il aperçut alors un vieux balayeur qui passa près de sa boutique, soufflant dans ses mains pour les réchauffer. “Pauvre homme ! Tout seul dans le froid ! Il doit être à moitié gelé ! “ pensa Martin. Ouvrant la porte, il lui dit : “Hé l’ami ! Entre, et chauffe-toi. Viens boire une bonne tasse de café chaud.” L’homme ne se fit pas prier et accepta l’invitation avec reconnaissance. Une heure passa, et Martin vit une femme pauvre, vêtue tristement et portant un petit bébé dans ses bras frêles. Elle fit une pause. D’un air fatigué elle se reposa à l’abri de la porte de la cordonnerie. Rapidement Martin lui ouvrit : “Je vous en prie madame, entrez et venez vous chauffer un peu. Par ce temps vous et votre bébé avez bien besoin de repos. Venez vous mettre à l’abris de cette bise glaciale.” La pauvre femme entra, mais failli défaillir sous les yeux du brave homme : “Madame, vous ne vous sentez pas bien ?” lui demanda-t-il.

  • “Mon bon monsieur, je me rends à l’hôpital. J’espère qu’ils me laisseront entrer, mon bébé et moi…” expliqua-t-elle. “Mon mari est en mer, je suis seule et malade, sans une âme à qui je puisse me confier.”
  • “Pauvre enfant !” pleura le vieil homme. “Mange quelque chose et réchauffe-toi. Je vais donner une tasse de lait au petit. Ah ! Quel joli enfant vous avez là ! Pourquoi n’a-t-il pas de chaussures sur lui ! Ses petits pieds sont bleus de froid ! “
  • “Je n’ai aucune chaussure pour lui… Des nouvelles chaussures nous coûteraient trop cher…” soupira la mère.
  • “Alors il aura cette belle paire, c’est ma plus belle, le chef d’oeuvre de toute ma vie !” Et Martin prit les petites chaussures blanches qu’il avait regardées la veille, et les glissa sur les pieds de l’enfant. Elles lui allaient comme un gant. Et la jeune mère s’en alla, pleine de gratitude. Martin retourna à son poste de guetteur, près de la fenêtre.

Les heures s’écoulèrent et encore d’autres personnes dans le besoin partagèrent l’hospitalité du vieux cordonnier, mais l’Invité tant attendu n’apparut pas. Quand la nuit tomba, Martin se retira dans son lit avec un cœur lourd et triste : “La voix de l’autre jour n’était donc qu’un rêve ?” soupira-t-il. “J’ai tellement espéré et cru qu’Il viendrait… Mais il n’est pas venu.” Soudainement, la salle fut inondée par une lumière glorieuse et le cordonnier vit dans une nuée le balayeur, la mère malade et son bébé, et toutes les personnes qu’il avait aidées pendant la journée. Chacun lui souriait. Une voix remplit alors la pièce : “Père Martin, es-tu vraiment sûr que tu ne m’as pas vu et que je n’ai pas partagé ta table ?”  Alors doucement dans le silence, le père Martin entendit encore la voix douce répétant les versets familiers : “Quiconque reçoit en mon nom un de ces petits-enfants me reçoit moi-même et quiconque me reçoit non pas moi, mais celui qui m’a envoyé (Marc 9 verset 37)… Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger, et vous m’avez recueilli (Matthieu 25 verset 35)“Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ce plus petit de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites… (Matthieu 25 verset 40)

Chers amis lecteurs, la saison de Noël nous donne une occasion de partager avec les plus démunis ce avec quoi le Seigneur nous a bénis. Nous n’avons pas besoin d’être riche, essayons de partager avec les autres, le peu que nous avons.

Bonnes fêtes de fin d’année à tous, que Dieu vous bénisse !

Debout Jeunesse

Source : D’après une histoire de Ruben Saillens reprise par Tolstoï