L’éclair du pendu

Psaume 34 verset 18 : “Quand les justes crient, l’Éternel entend, et il les délivre de toutes leurs détresses.”

Oui Dieu entend ses enfants qui crient vers lui au moment de leurs détresses. Non seulement Il les entend, mais Il les délivre. Que de récits et d’histoires ne connaissons-nous pas sur les miracles que Dieu a opérés pour délivrer et sauver ceux qui lui appartiennent et se tiennent pour la vérité. Dans les moments difficiles que le monde traverse et que nous traversons aujourd’hui, un réflexe demeure : Lever les yeux vers Dieu ! C’est ce que Pierre, affolé, a fait quand il a commencé à enfoncer après avoir fait quelques pas dans les flots tumultueux (Matthieu 14 verset 20 à 33). C’est ce que Nebucadnetsar, repentant, a fait pour retrouver la raison après sept année de folie (Daniel 4 verset 34). C’est ce que le psalmiste, dans la louange, a fait quand il a composé les cantiques des degrés (Psaume 121 verset 1). C’est ce qu’Etienne, premier martyr chrétien, a encore fait juste avant d’être assassiné (Actes 7 verset 55), ce ne sont pas les exemples qui manquent… Oui ! Dans les épreuves et les difficultés, LEVONS LES YEUX vers Celui qui a TOUT entre ses mains : “Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, et il les délivra de leurs angoisses” (Psaumes 107 verset 6). C’est ce dont l’histoire suivante nous rend témoignage…

Les autorités chinoises, furieuses d’avoir laissé pénétrer des Bibles dans leur pays, sont décidées à les retrouver et à mettre en prison tous ceux qui en possèdent. Jean ne craignait pas la police. Par le passé, il avait déjà été interrogé et emprisonné. Il décida d’enterrer rapidement les Bibles qu’il stockait dans la grange. Une fois que l’affaire se calmerait, il les déterrerait et les distribuerait comme prévu. Mais les autorités continuèrent leurs recherches pendant des mois. Soupçonné et étroitement surveillé, le Pasteur Jean fut finalement emmené au poste de police pour être interrogé. Les policiers essayèrent de le convaincre de dénoncer toutes les  personnes susceptibles d’être impliquées dans ce projet de distribution de Bible. Mais le courageux pasteur resta silencieux. Cette réaction ne fit qu’exacerber la colère de ceux qui l’interrogeaient. En désespoir de cause, ils eurent recours à un moyen de torture particulièrement cruel. Ils l’emmenèrent dans la cour de la prison, lui lièrent les mains derrière le dos et le firent tenir debout sur une boîte en bois d’environ 1,2 mètres de haut et de moins de 30 centimètres de large. Puis ils placèrent un nœud coulant autour de son cou et attachèrent la corde à une poutre située au-dessus de sa tête. Ses bourreaux le menacèrent : “C’est à vous de voir. Si vous vous penchez trop ou si vos jambes cèdent à cause de la fatigue, vous vous pendrez vous- même. C’est la juste punition de votre entêtement.” 

Puis ils partirent… Deux policiers furent désignés pour assister aux derniers moments du Pasteur Jean. Lui les observa du haut de son perchoir instable. Eux le regardaient à peine, préférant jouer à quelques jeux de hasard. En repensant plus tard à cette situation, le pasteur Jean raconta : “Je me sentais comme le Christ sur la croix. Il a dû avoir les mêmes sentiments lorsqu’il regardait en bas et voyait les soldats tirer au sort ses vêtements.” Jean a alors ressenti une vague de puissance envahir son corps et il s’est mis à parler de Jésus à ses gardes. Il leur raconta la vie du Christ, sa mort pour les fautes des hommes, et sa résurrection : “A cause de ce que Jésus a fait, je n’ai pas peur de la mort !” Mais un de ces gardes s’est mis à ricaner et lui a lancé : “Vieil homme, lorsque j’aurai soixante-dix ans et que j’aurai l’air en aussi mauvaise santé que toi, je n’aurai pas plus peur de la mort que toi !”

 Bientôt les heures se sont transformées en jours. De tout son corps, Jean réclamait le sommeil, mais il savait ce qui arriverait s’il se laissait aller. Il avait des crampes horribles dans les jambes ! Une fois en les faisant bouger, il a perdu l’équilibre et s’est presque pendu. Progressivement, ses jambes se sont enflées jusqu’à atteindre deux fois leur volume normal. Son seul soulagement a été la pluie. Il a aspiré le ciel pour gober quelques gouttes d’eau. Cette averse bienfaisante a lavé et rafraîchi son corps sale et douloureux. Cinq longs jours se sont passés, puis six, puis sept. Jean n’est pas encore tombé. Dans la prison, tout le monde en parlait et, de mémoire de prisonnier, personne n’avait survécu aussi longtemps. Il est resté debout, sans nourriture, presque sans eau et surtout sans repos possible. Dix, onze, douze jours se sont écoulés avec une lenteur effrayante. Jean a commencé à délirer. Il était devenu insensible à tout, comme dans un état d’étonnant coma éveillé. Le treizième jour, le ciel s’obscurcit brusquement et un très gros orage éclata. Trempé et ankylosé par la pluie, sa résistance l’abandonna. Un éclair zébra le ciel et l’aveugla. Il chancela en avant, accompagné par le coup de tonnerre. La corde se tendit et le nœud coulant se resserra sur sa gorge… 

La première chose dont Jean s’est souvenue fut de s’entendre tousser. Il était allongé sur le sol. Ses jambes avaient été remontées sur une chaise. Il eut l’impression de sentir son sang s’écouler enfin dans tout son corps, retrouvant un sens de circulation normal. La douleur était déchirante. Quelqu’un lui donnait de l’eau, puis le secouait essayant de le ramener à la vie. Quand il fut capable d’ouvrir les yeux, il vit deux policiers penchés sur lui. L’un d’eux hurlait : “S’il vous plaît, ne mourez pas !  Je vous en prie, revenez !” Il fallut longtemps à Jean pour retrouver ses esprits. Il articula péniblement une question à laquelle le policier répondit en tremblant : Nous voulons connaître votre Sauveur : Jésus !” Avec beaucoup de mal, le pasteur leur répondit : “Mais pourquoi voulez-vous connaître mon Sauveur et Seigneur ?” Les policiers crièrent alors : “Parce qu’il vous a sauvé ! Un éclair a coupé la corde au-dessus de votre tête juste au moment où vous tombiez. Ce n’est pas possible ! C’est tout sauf une coïncidence ou un hasard… C’est Dieu !”

Les deux policiers, témoins du miracle, ont été si touchés par ce que disait le Pasteur Jean qu’ils se sont convertis. Et comme cette histoire s’est rapidement répandue, à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison, beaucoup de personnes ont été touchées par la foi et la constance de Jean, par la façon extraordinaire dont il avait été sauvé d’une mort certaine. Ne sachant pas quoi faire, les responsables de la prison ont relâché notre ami et frère Jean. Ce n’est qu’en 1985 qu’il a pu déterrer les Bibles soit quatre ans après qu’elles aient été livrées.

Source : D’après : « Je cherche mes frères » de frère André