L’Histoire extraordinaire du Papé Charly le cévenol

Matthieu 6 versets 19 à 21 : Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent, mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur.”

Quand le ministre et surintendant de Louis XIV, Nicolas Fouquet a amassé une fortune considérable sur terre, il eut l’idée de se faire bâtir le château de Vaux-le-Vicomte. Le , il y reçoit le roi et sa Cour composée de 600 courtisans. La fête est somptueuse, avec jets d’eaux, feux d’artifice, et un buffet donné pour plus de mille couverts. L’origine de tant d’argent et de luxe paraît toutefois très suspecte au roi. Mais Louis XIV est aussi furieux et très vexé de voir tant de splendeur alors que ses propres demeures sont vides. Selon l‘abbé de Choisy, le roi Soleil aurait déclaré dans le carrosse qui le ramène à Paris à Anne d’Autriche : «Ah, madame, est-ce que nous ne ferons pas rendre gorge à tous ces gens-là ?» Si tôt dit si tôt fait. Fouquet est emprisonné trois semaines plus tard et tous ses biens confisqués. Le pauvre homme décédera au fort de Pignerol en 1680. On peut se demander si il a eu à cœur, pendant ses années de détention, de s’amasser un trésor dans le ciel, hors de portée des rois et des hommes ? S’est-il soucié de son éternité ? Ces questions resteront sans réponses. Notre place au ciel ne dépend pas de nos propres forces et mérites, nous la recevons comme un cadeau par la foi en Jésus-Christ, venu sur terre pour nous annoncer la Bonne nouvelle, puis crucifié, ressuscité et enfin monté au ciel pour nous préparer une place. Ne nous a-t-il pas laissé cette merveilleuse promesse ? : Que votre cœur ne se trouble point. Croyez en Dieu, et croyez en moi. Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n’était pas, je vous l’aurais dit. Je vais vous préparer une place.” (Jean 14 verset 1 à 3)Quelle joie d’avoir Jésus dans son cœur, n’est-Il pas le Trésor par excellence ? C’est ce qu’un petit Papé nommé Charly va nous dire…

L’histoire se passe au 18ème siècle dans une petite vallée des Cévennes cette région escarpée du sud du massif central qui fut le théâtre de terribles guerres de religions. C’est dans cette région qu’est né celui que l’on appelle aujourd’hui «Papé Charly». Du temps de la guerre des Camisards contre les troupes royales, ses parents avaient du fuir les dragonnades et tout abandonner de leur village : maison, atelier, terre et bêtes. Ils s’étaient alors réfugiés, comme beaucoup d’autres, dans les montagnes des Cévennes où ils avaient dû batailler pour survivre. Charly était devenu un vieil homme. On ne connaissait pas exactement son âge car à l’époque tous les registres protestants avaient été brûlés. Les gens et les enfants du village où il se rendait parfois l’avaient surnommé avec le temps «Papé Charly». Ce surnom lui était resté depuis lors. Depuis longtemps, «Papé Charly» vivait seul. Sa femme était décédée à la naissance de son deuxième fils, cela devait faire maintenant plus de 35 ans. Les deux garçons, eux, prirent un jour le bateau pour les Amériques, car même à cette époque, il n’y avait pas beaucoup d’avenir dans le pays pour deux jeunes protestants. Ils partirent donc tenter leur chance dans ce monde nouveau mais depuis leur départ «Papé Charly» n’avait plus jamais eu de leurs nouvelles. Étaient-ils arrivés à destination ? Étaient-ils morts en chemin ? Avaient-ils fait naufrage sur l’immense océan ? «Papé Charly» n’en savait rien. Il était donc seul, sans famille, et dans ce coin reculé des Cévennes, pas d’amis, pas de voisins. Depuis longtemps il s’était fait à cette solitude. Il s’était donc d’autant plus attaché à ses deux chèvres, ses quelques poules et surtout son bon et vieux chien.

Sur quelques arpents de terre, il habitait une toute petite maison de pierres, 2 pièces seulement et un appentis pour les bêtes. Ses parents s’étaient réfugiés dans ce lieu quasi inaccessible, une minuscule vallée coincée entre les rochers. Ce qui ne devait être qu’un refuge provisoire était devenu leur retraite éternelle. Ils étaient là, enterrés au fond du jardin au milieu d’un joli bosquet de cyprès. «Papé Charly» aimait ce lieu, il se sentait chez lui, il y avait passé toute sa vie, Il était en sécurité et vivait avec peu. Ce vallon, c’était tout pour lui : il y avait sa vigne, ses figuiers, ses fruitiers, son champ à légumes et le puits qu’il avait creusé avec le père. Il y avait les collines de chênes verts et la garrigue qui, selon les saisons et le vent du sud, lui apportait toutes sortes d’odeurs merveilleuses : la lavande sauvage, les senteurs du romarin, du thym, les aubépines… C’est comme si tout cela avec le temps était devenu son patrimoine ; les collines qui n’avaient plus de secrets pour lui étaient devenues les siennes ; il savait où trouver les plantes médicinales et aromatiques, les champignons, il connaissait par cœur toute la faune. Même le soleil qui se levait toujours entre les deux cassures à l’horizon et qui prodiguait sa douce chaleur lui semblait être un ami dont il ne pouvait plus se passer. Papé Charly était heureux dans son royaume, il se régalait d’entendre le gazouillis des oiseaux, le vent dans les arbres. Même l’hiver avec ses froides rigueurs avait son charme, le givre qui décorait le maquis, la neige parfois qui enveloppait sa vallée d’un calme étrange et inhabituel. Pour lui, c’était son lieu, son bonheur, mais parfois une idée sombre traversait son esprit… Pourrait-il toujours rester dans ce petit coin de paradis ? l’âge ou la maladie n’allaient-ils pas un jour interrompre cette harmonie ?

Alors «Papé Charly» chassait ces idées noires, comme il les appelait, en prenant son bâton et son sac et il randonnait dans sa garrigue bien-aimée. Accompagné par son fidèle chien, il pouvait rester ainsi absent pendant trois ou quatre jours. Quand la fatigue le gagnait, il faisait une pause, tantôt au creux d’un rocher pour se caler de la bise, tantôt sous la fraîcheur d’un chêne. Il avait ses habitudes, ici il faisait une sieste, là, appuyé sur son bâton, il scrutait l’horizon essayant de découvrir un aspect du paysage qui aurait échappé à son regard au dernier passage. Là encore il s’asseyait sur un rocher et, tout en mâchonnant une racine de réglisse, il grattait le sol avec son bâton. A chaque randonnée le rituel était toujours le même et le chien comme le maître le respectaient scrupuleusement. Un samedi après-midi, après qu’ils eurent marchés tous les deux plusieurs heures, ils s’arrêtèrent comme à l’accoutumé au pied d’une roche. Les pluies diluviennes des derniers jours avaient lessivé le sol. «Papé Charly», assis sur un caillou, grattait la terre machinalement avec son bâton. De ses yeux il regardait le sable qui avait descendu la pente pour s’accumuler en bas. Tout à coup il jeta un coup d’œil furtif sur la roche friable qu’il était en train de gratter avec son bois. Là apparaissait une veine d’une couleur jaune inhabituelle. Intrigué il se pencha et fit courir ses doigts sur cette veine dorée. Celle-ci se prolongeait et disparaissait dans la roche. Son cœur palpita. Cette couleur étrange, se pourrait-il que ce soit de l’or ? A genoux, «Papé Charly» examinait  attentivement la roche. Avec son couteau, il essaya d’en décrocher un morceau mais le métal résistait. Il n’y avait plus de doute, il venait de trouver de l’or, un filon d’or, un véritable trésor. Quand il rentra chez lui, le vieil homme était dans tous ses états, cette découverte le bouleversait. Que fallait-il faire ? Acheter ce bout de garrigue inhospitalière et devenir riche ? Ou oublier tout cela et rester dans son paradis ?

La nuit de «Papé Charly» fut très agitée : tantôt il sommeillait, tantôt ses pensées le réveillaient brusquement en se bousculant dans sa tête. Tantôt il était dans une joie immense d’avoir trouvé ce trésor, tantôt il était préoccupé par la question de comment l’obtenir, comment acheter cette garrigue, lui qui n’avait rien. Les jours qui suivirent furent pénibles pour lui car, petit à petit, il réalisait que cette découverte allait chambouler toute sa vie. En effet, s’il voulait acheter ce champ, il allait devoir tout vendre et se séparer de tout ce qu’il aimait. «Papé Charly» hésitait : quand il considérait ce filon et toute la vie que cela apporterait dans la région, il se décidait alors à faire le pas : tout vendre et acheter le champ. Mais quand il regardait son vallon, ses arbres, ses bêtes, sa maison, son âge et sa vie tranquille, il reculait à s’engager sur ce chemin. Un soir alors qu’il était en train d’ouvrir la vieille Bible familiale posée sur la table, ses yeux se posèrent sur cette parole du seigneur Jésus : «Le royaume des cieux ressemble encore à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a trouvé le cache et dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède et achète ce champ.» (Matthieu 13 verset 44). «Papé Charly» ferma les yeux, il savait que cette parole lui était adressée. Il connaissait maintenant la décision qu’il fallait prendre. Il serait lui aussi fidèle à l’esprit Cévenol, «TOUT ABANDONNER, TOUT PERDRE A CAUSE DE JÉSUS !

Bonne semaine 

Debout Jeunesse