Miracle à Brooklyn

Psaume 28 verset 61 : “Dieu est pour nous le Dieu des délivrances, et l’Éternel, le Seigneur, peut nous garantir de la mort.”

Dieu est le Dieu des délivrances ! Quel message merveilleux ! En effet, Dieu peut nous délivrer de tout ce qui nous rend malheureux, triste ou dépressif, et de toute situation où humainement il n’y a plus aucune issue de secours : “Notre secours est dans le nom de l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre.” (Psaume 124 verset 8). Il y a tellement de témoignages ou d’histoires d’hommes de femmes ou encore d’enfants qui peuvent en témoigner. Bien des fois le Seigneur utilise des situations soit simples soit improbables ou tout bonnement incroyables pour répondre aux prières et aux supplications de ses enfants. Mais surtout Dieu peut nous garantir de la mort, en vivant éternellement avec Lui. Oui ! En envoyant et en donnant Son fils Jésus sur la terre pour mourir à notre place sur la croix, Dieu dans son grand amour nous a offert la grâce de pouvoir être sauvés de la mort éternelle. C’est avec ce message d’espérance en un Dieu qui peut tout et qui répond aux prières, que se déroule cette touchante histoire…

Le wagon bondé offrait peu d’espoir de trouver un siège. Mais comme j’entrais, un homme assis près de la porte se leva pour y descendre, et je me glissai sur le siège laissé vacant. Je vis à New York depuis assez longtemps pour être avisé qu’on ne doit pas entamer de conversations avec des étrangers. Cependant, étant photographe, j’ai la fâcheuse habitude d’étudier le visage des gens et, ce jour-là, je fus frappé par la physionomie de mon voisin de gauche. Il était âgé probablement de près de quarante ans et, lorsqu’il levait les yeux, ceux-ci semblaient dévoiler une expression de douleur. Alors qu’il lisait un journal écrit en hongrois, quelque chose me poussa à lui dire dans cette langue : «J’espère que cela ne vous agace pas si je jette un coup d’œil à votre journal ?» L’homme sembla surpris qu’on lui adresse la parole dans sa langue maternelle. Mais il répondit poliment : «Ça va, je le lirai plus tard.» Les trente prochaines minutes donnèrent lieu à un intéressant entretien. Bela Paskin me raconta comment, au début de la Deuxième Guerre mondiale, il avait dû interrompre ses études de droit pour rejoindre un bataillon allemand en Ukraine. Plus tard, capturé par l’armée russe, il fut contraint d’enterrer les corps des soldats allemands. Après la guerre, il avait marché des centaines de kilomètres pour se rendre chez lui à Debrecen, une grande ville de la partie est de la Hongrie. Connaissant moi-même très bien cette ville, j’échangeai avec M. Paskin à son sujet pendant de longs instants. Puis il poursuivit son histoire. Lorsqu’il se rendit à l’immeuble où habitaient son père, sa mère, ses frères et ses sœurs, il n’y trouva que des étrangers. Ensuite, étant monté à l’étage, il entra dans l’appartement où lui et sa femme habitaient… même constatation. Personne ne connaissait sa famille. Comme il se préparait à partir, rempli de tristesse, un garçon courut jusqu’à lui: «Paskin ! Oncle Paskin !» Ayant reconnu le fils d’un de ses anciens voisins, il se rendit à la maison du jeune garçon et parla avec ses parents. «Ta famille entière est décédée, lui dirent-ils, les nazis les ont amenés, eux et ta femme à Auschwitz.» Auschwitz était l’un des pires camps de concentration nazis. Paskin perdit tout espoir. Quelques jours plus tard, le cœur trop lourd, il quitta la Hongrie et parcourut une longue distance à pied, jusqu’à Paris, d’où il prit les mesures nécessaires pour émigrer aux États-Unis en octobre 1947, trois mois avant notre rencontre.

Durant notre entretien, je ne pus m’empêcher de penser que son histoire me semblait familière. Une jeune dame, rencontrée récemment à la maison de mes amis, avait aussi vécu à Debrecen d’où on l’avait déportée vers Auschwitz. De là, elle s’était retrouvée en Allemagne où on l’avait affectée à une usine de fabrication de munitions. Sa famille avait été exterminée dans les chambres à gaz. Plus tard, elle avait été libérée par les Américains et amenée aux États-Unis sur le premier bateau rempli d’immigrants, en 1946. Son histoire m’avait tellement ému que j’avais noté son adresse et son numéro de téléphone. J’avais l’intention de l’inviter à rencontrer ma famille afin de l’aider à soulager le terrible vide dans sa vie. Le lien entre les deux personnes me semblait tellement peu probable, mais comme je m’apprêtais à descendre, je consultai anxieusement mon carnet d’adresses, puis demandai à Bela d’une voix que je voulais désinvolte : «Votre femme s’appelait-elle Marya ?» Il devint tout pâle. «Oui», me répondit-il. «Comment le savez-vous ?» Il semblait sur le point de s’évanouir. Je lui dis : «Descendons du train.» Le tirant par le bras, je l’amenai à la station suivante et le dirigeai vers une cabine téléphonique. Il se tint là comme un homme en transe pendant que je composai le numéro de téléphone. J’attendis ce qui me sembla des heures avant que Marya réponde. J’appris plus tard que sa chambre était près du téléphone, mais elle avait pris l’habitude de ne jamais répondre parce que ses amis étaient peu nombreux et qu’elle recevait peu d’appels. Cette fois-ci, elle était seule à la maison et, après un certain temps, elle avait décidé de répondre. Lorsque j’entendis finalement sa voix, je lui expliquai qui j’étais et lui demandai de me décrire son mari. Elle semblait surprise de la question, mais elle me donna sa description. Puis je lui demandai où elle avait vécu à Debrecen. Lui ayant enjoint d’attendre un moment, je me tournai vers Paskin et lui dit : «Est-ce que vous et votre femme avez vécu à cette adresse ?». «Oui !» s’exclama Bela, blanc comme neige et tout tremblant ! «Essayez de garder votre calme…», le suppliai-je avant de poursuivre : «Paskin, un miracle est sur le point de se produire ! Tenez, prenez ce téléphone et parlez à votre femme !»

Il acquiesça de la tête dans un silence perplexe, les yeux remplis de larmes. Il prit le récepteur, écouta la voix de sa femme pendant un moment, puis cria soudainement : «Mon Dieu ! C’est Marya ! C’est Marya !» et il se mit à marmonner hystériquement. Voyant que le pauvre type, trop excité, ne parvenait pas à parler avec cohérence, je repris le récepteur de ses mains tremblantes et dit : «Surtout, madame Paskin, restez où vous êtes !» commandai-je à Marya. Elle me semblait elle aussi hystérique : «Je vous envoie votre mari. Nous serons chez vous dans quelques instants !» lui dis-je… Bela pleurait comme un bébé et répétait sans cesse : «C’est ma femme ! Dieu soit loué ! Je vais rejoindre ma femme !» Au début, je croyais préférable d’accompagner Paskin, au cas où l’homme s’évanouirait d’excitation, mais je décidai qu’il valait mieux ne pas m’ingérer dans cette situation bien particulière. Après avoir appelé un taxi, je donnai l’adresse du domicile de Marya au conducteur, payai la course et saluai BelaLa réunion de Bela Paskin avec son épouse fut si intense et chargée d’émotions soudaines que, par la suite, ni lui ni Marya ne purent se rappeler de quoi que ce soit. Marya me rapporta plus tard : «Je me rappelle seulement que, lorsque je raccrochai le récepteur, je marchai, comme dans un rêve, jusqu’au miroir pour voir si je comptais quelques cheveux gris. Puis, peu de temps après, un taxi s’arrêta devant la maison… Mon mari venait vers moi. Je me rappelle de peu de détails, sauf que, pour la première fois depuis de nombreuses années, je me suis sentie heureuse. Même à présent, il m’est difficile de croire ce qui est arrivé. Nous avons tellement souffert tous les deux. La peur m’habite presque continuellement. Chaque fois que mon mari quitte la maison, je me dis en moi-même : Reviendra-t-il ? Vais-je encore le perdre ?» Bela, quant à lui, a confiance qu’aucun horrible malheur ne leur adviendra plus jamais :  «Le ciel nous a réunis de nouveau, dit-il simplement. Il fallait qu’il en soit ainsi, merci mon Dieu !»

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : D’après le témoignage vécu de P. Deutschman (témoignage qui touche le coeur de R. Pippert)