Partira ou partira pas ? 

Lamentations de Jérémie 3 verset 21 à 23 : “Voici ce que je veux méditer pour garder espoir : Les bontés de l’Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne prennent pas fin. Elles se renouvellent chaque matin. Que ta fidélité est grande !”

Quand les situations de la vie sont difficiles et/ou compliquées voire sans issues, GARDONS l’ESPOIR !  Ne baissons jamais les bras devant l’adversité. Une des meilleures réponses en face de l’épreuve, est de louer et de remercier Dieu pour toutes ses bontés à notre égard et aussi pour les épreuves qu’Il permet. Car l’épreuve produit en nous la persévérance. La persévérance nous donne la victoire dans l’épreuve. Et la victoire nous donne l’espérance, parce que l’amour de Dieu est déversé dans notre cœur par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Romains 5 verset 3 à 5). C’est pourquoi, comme le prophète Jérémie qui a lui aussi traversé de terribles souffrances, levons les yeux au Ciel. Car L’Amour de Dieu pour ses enfants est sans fin. Il renouvelle ses compassions à notre égard tous les jours, car Dieu est fidèle. C’est ce que deux missionnaires, partis tout joyeux pour évangéliser et aider les chrétiens éprouvés en Sicile, vont expérimenter :

Une équipe de missionnaires est en route pour le port Naples. Quelques jours auparavant, elle a raté le bateau au port de Cagliari en Sardaigne et à cause de cela, les missionnaires ont plusieurs jours de retard sur leur programme. Ils espèrent alors se rendre sur le continent pour prendre le bateau à Naples, afin de rejoindre la Sicile pour diffuser l’Évangile et aider les population en difficulté. Nous sommes en mai 1976. Un vent violent s’est levé, des gros nuages noirs s’installent au dessus du port de Naples, où un trafic inhabituel règne sur les quais. L’équipe missionnaire s’interroge : «Partira ou partira pas ?». Les prévisions météorologiques sont très inquiétantes, et des grosses vagues se fracassent contre les coques des bateaux amarrés dans le port. Le vent est à force 10. Un vieux loup de mer, regarde perplexe les éléments déchaînés, il déclare : «Par un temps pareil et avec un vent à décorner les bœufs, aucun bateau ne prendra le large !» Mais le commandant de l’Émilia, en partance pour Palerme, est catégorique : «Mon bateau partira à l’heure ! Punto Basta !». Les missionnaires prennent place sur le pont du cargo. Ce dernier est chargé à bloc. Plus de cents camions pesant 40 tonnes chacun sont solidement attachés avec d’énormes chaines en acier dans les ponts inférieurs. Tous les matelots sont à pied d’œuvre, car l’Émilia quitte audacieusement le port bravant les éléments agités. A bord, les missionnaires apprennent que ce fier bateau est en fait flambant neuf. Il bat pavillon italien, et est encore en période de test. Il lui faudra attendre encore deux mois pour être officiellement mis en service. Cette information ne tranquillise pas nos missionnaires. Le navire est à présent en haute mer et il tangue de façon très inquiétante. Dans la cabine de pilotage, le commandant est déterminé : «Mon bateau est neuf ! Il est équipé de moteurs puissants, nous arriverons à bon port !» En faisant un petit tour sur le pont et en visitant les divers services à bord, les missionnaires constatent que le bâtiment est en effet doté des derniers équipements modernes. Il y a aussi pas mal de distractions occupant de nombreuses personnes, comme des salles de jeux, une piscine, des cinémas, et plusieurs bars. L’atmosphère qui y règne rappelle étrangement celle du luxueux Titanic qui a sombré à sa première sortie en mer, lui qui était pourtant réputé insubmersible. Nos amis missionnaires saisissent donc l’occasion de semer l’Évangile à toute volée, en distribuant des calendriers chrétiens, de la littérature et en rendant témoignage de leur foi en Jésus. Cependant au dehors, les vagues sont menaçantes et violentes, et il devient de plus en plus difficile de se déplacer sans s’agripper aux barrières. Quand le bateau descend la  vague, les passagers se sentent décoller du sol ! Plusieurs sont atteins de nausée, la peur s’installe dans les esprits. Si bien qu’un des deux missionnaires se rappelle d’un passage du Psaume 46 verset 3 : «Quand les flots de la mer mugissent, écument, se soulèvent jusqu’à faire trembler les montagnes…» Le commissaire de bord, qui est le second du commandant, lance maintenant des ordres aux marins par haut-parleur : « Tout le monde à son poste, l’heure est grave, courage ! ». Le commandant prend la place à la barre à la place du timonier. Sentant le danger, il veut piloter lui-même le navire en perdition. Le commissaire poursuit dans le haut-parleur : «Que tous les passagers rejoignent leur couchettes, et cramponnez-vous fermement aux montants ! Interdiction de sortir !» Dans leur cabine, les deux missionnaires n’ont plus qu’une seule ressource, à savoir s’adresser à Celui qui tient l’eau des mers dans Sa mains. Leurs prières se succèdent et montent vers le ciel.

La tempête ne fait qu’aller en grandissant. La mer cherche à engloutir cet intrus qui est venu la provoquer et qui a oser la braver ! De puissants coups de barre secouent l’immense bâtiment tel un vulgaire prunier. A l’intérieur c’est l’apocalypse. Tout est violemment projeté à terre : vaisselle, frigos, mobilier… tout ce qui n’est pas amarré est fracassé sur le sol ! Chaque objet devient alors un dangereux projectile, capable de blesser ou d’assommer n’importe quel malheureux qui passe au mauvais endroit au mauvais moment. Des caisses de bouteilles de bière sont à la dérive, elles dévalent avec fracas les escaliers et viennent s’éclater contre la porte de la cabine de nos deux missionnaires en prière. Dans les autres cabines, les passagers hurlent, paniques, pleurent, vomissent leurs tripes, tant le bateau est ballotté de haut en bas tel un vulgaire fétu de paille pris par le vent. Dieu va-t-il rester sourd aux multiples supplications de ses enfants ? C’est dans ces moments plus que solennels, que le chrétien, même celui qui est ferme dans la foi  se pose certaines questions, et nos deux missionnaires n’y échappent pas : «Est-ce que cela va se terminer comme pour le Titanic ? Ou comme pour Jonas ? Avons-nous désobéi ? Avons-nous mal interprété notre mission ? Était-ce de manière charnelle ? Avons-nous cherché notre propre intérêt avant celui de Dieu ?» Que de pourquoi dans de pareils moments et dans de pareilles circonstances ! Les missionnaires font alors leur examen de conscience. Dans une situation extrême telle que celle qu’ils traversent, toute propre justice, toute illusion, toute excuse s’évanouit ! Ils se préparent à quitter cette terre d’un moment à l’autre. Voilà déjà dix-neuf heures que cela dure ! A ce stade, ils sont totalement épuisés, et n’ont même plus la force de prier. Leurs prières ne sont plus que cris, soupirs, exclamations, gémissements… mais aussi louanges car ils ne doutent pas une seconde que Dieu les voit, les entend, les entoure et les porte dans cette épreuve… alors que pour les autres passagers, c’est la panique et le désespoir qui les engloutis peu à peu. A tout ce vacarme s’ajoute les bruits des camions qui s’entrechoquent dans la cale. En toute normalité, le trajet Naples-Palerme s’effectue en dix heures, mais le commandant est toujours en train de lutter désespérément contre des éléments déchaînés, après dix-neuf heures de combat et de lutte pour la survie des âmes à bord dont il est responsable. En désespoir de cause, les missionnaires rassemblent leurs dernières forces et mettent leur gilet de sauvetage, car lentement cette idée qu’ils ne vont pas s’en sortir se fait de plus en plus présente et claire dans leur esprit. Cependant, comparé au drame vécu par l’apôtre Paul dans Actes 27, ils réaliseront plus tard qu’il s’agissait d’un épisode bien moindre. Alors qu’ils sont depuis dix-neuf heures dans la tourmente, Paul en était à son quatorzième jour de tempête avant de faire naufrage ! (on a du mal à se l’imaginer…). Après cette longue tourmente, le vent semble enfin diminuer d’intensité, la mer se calme quelque peu et, ô miracle, le commandant annonce qu’il peut maintenant mettre le cap sur la Sicile : «Dieu arrêta la tempête… les ondes se turent» (Psaume 107 verset 29).

Nos deux missionnaires laissent éclater un : «Merci Seigneur ! Dieu soit loué pour l’éternité !» Dieu a mis la foi de nos deux amis à rude épreuve, mais Il a aussi manifesté Sa grâce en les consolant par Sa présence et par Ses promesses. L’un des deux hommes ne se perd pas en conjecture, sans plus attendre il monte cahin-caha les escaliers qui l’amènent au pont supérieur. Il se rend à la cabine du commandant car il tient à lui transmettre une information importante. Il frappe et frappe encore à sa porte. Celle-ci s’ouvre pour laisser apparaître  un homme brisé par la fatigue. La lutte contre les éléments en furie l’a littéralement épuisé, lessivé. Ce courageux commandant a refusé avec obstination de céder son navire et toutes les personnes à son bord à la mer si déchaînée soit-elle ! Il est très visiblement marqué par le cauchemar qu’il vient de vivre. Le missionnaire lui dit alors : «Commandant, je profite d’une accalmie pour venir vous offrir un cadeau… C’est un calendrier biblique. Tenez, prenez-le.» Le visage du commandant s’illumine, et comment décrire la joie de cet homme ? C’est impossible si l’on ne l’a pas vu soit-même. Le missionnaire poursuit : « Je me dois de vous dire, mon commandant, que pendant que vous luttiez de toutes vos forces pour maintenir votre navire à flot, mon ami et moi nous étions en prière dans notre cabine. Nous sommes deux missionnaires, et nous avons prié, supplié Dieu tout puissant de vous aider, de vous donner l’intelligence pour piloter le navire afin d’éviter toute fausse manœuvre qui aurait pu conduire à la catastrophe et à la perte du navire corps et biens… » La commandant réalise subitement qu’un miracle s’est produit à bord cette nuit. Il a été l’objet d’une grâce et d’une force surnaturelle de l’intervention de Dieu. Profondément ému, il remercie Dieu pour la présence de ces deux missionnaires à son bord. Une fois arrivés au port de Palerme, les missionnaires reprennent leur véhicule dans la cale. Celui-ci a été miraculeusement préservé, car bon nombre de véhicules ont été tout bonnement écrasés et réduits en un tas de tôle. Une fois à terre, les missionnaires apprennent une nouvelle qui leur donne un froid frisson ! Un terrible ouragan vient de ravager la partie occidentale de la Sicile… c’est cette région précisément qui était leur destination. Ils osent à peine imaginer ce qu’il serait advenu si le premier bateau à Cagliari était parti de Sardaigne comme prévu…

De cette expérience nos deux missionnaires en ont retiré la leçon suivante : «Est-ce que nous appartenons au Seigneur ? Est-ce que nous Lui avons consacré toute notre vie avant que ne viennent les grandes tempêtes ? Il ne s’agit pas de peindre le diable sur la muraille pour devenir et être un(e) chrétien(ne). Les chrétiens ne sont pas pessimistes, ils sont réalistes. Ils savent ce qui se joue sur notre planète. Ils savent que de grandes tempêtes vont s’abattre sur l’humanité. Ils savent aussi que si les hommes et les femmes, ainsi que les grands de ce monde ne savent plus comment sortir de l’impasse d’une vie sans espérance… Jésus-Christ seul peut nous en sortir ! C’est pourquoi, n’hésitons pas ! Mettons notre main faible dans Sa main forte, et Il nous conduira à coup sûr au but ou encore à bon port !»

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : A partir du livre : “Missionnaire ambulant, citoyens des cieux” (F. Gilgen)