Petit lézard deviendra grand

Matthieu 4 verset 10 : “Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul.”

La réponse de Jésus est sans équivoque ! Il commande à Satan “Retire-toi !” dans d’autres traductions il est aussi dit : “Va t’en !” aujourd’hui on dirait dans le langage courant ou familier : “Dégage ! – Tire-toi de là ! – Fiche le camp !” Oui !  N’ayons aucun complexe ni aucune crainte à l’exemple du Seigneur. Soyons, nous aussi, tranchant et sans aucun compromis avec l’ennemi qui nous demande de l’adorer en échange des richesses et de la gloire de ce monde (Verset 9). Le diable emploie toujours les mêmes tactiques depuis la nuit des temps. Il s’approche comme un ange de lumière (2 Corinthiens 11 verset 14), insinue le doute (Genèse 3 verset 1), utilise la tentation et la séduction (Apocalypse 12 verset 9), sépare l’homme et la femme de Dieu par le péché (Esaïe 59 verset 2) etc… Mais cachés en Jésus, nous sommes plus forts que l’ennemi, car Dieu a vaincu le diable et la mort à la Croix ! Le Seigneur nous donne la force de résister et d’être vainqueur face au père du mensonge : Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous.” (Jacques 4 verset 7) Si par malheur nous avons cédé à l’ennemi, écouté et emprunté sa voie de destruction, il n’y a qu’un seul chemin : Jésus-Christ ! (Jean 14 verset 6) C’est ce que nous verrons au travers de ce petit conte revisité que chacun pourra interpréter à sa manière…

Il était une fois… un roi qui possédait une tour sur une colline. Il fit savoir qu’il avait besoin d’un gardien fidèle pour la surveiller : “Quiconque saura la défendre jusqu’à la fin de l’hiver, aura une récompense magnifique.” disait-il ! Un jeune homme vaillant, robuste, courageux, se présenta pour accomplir cette tâche. “Voici une cuirasse, un casque, une épée, un bouclier, des bonnes chaussures…” lui dit le roi avant d’ajouter : “Seulement, prends garde à ta mission : ne laisse entrer personne dans la tour ! Si tu la gardes pendant tout l’hiver, ta fortune est faite ! Et surtout méfie-toi des petits lézards !”

Assuré du succès, le jeune homme endossa son équipement et partit sur la colline. Du haut des créneaux de la tour, il observait l’horizon. Parfois, des visiteurs curieux s’approchaient :

  • “Pouvons-nous monter sur la tour ?”
  • “Non, l’entrée est interdite !”
  • “Et pour quarante sous ?”
  • “Ni pour quarante, ni pour cent sous !”

Quand ils insistaient un peu trop, le jeune gardien n’hésitait pas à les menacer de son épée. Non ! Personne ne pouvait forcer son passage !  Le jeune homme pensa tout fier de lui : “En fait, ce n’est pas difficile de garder cette tour. J’aurai sûrement ma récompense !”

Parfois, le temps lui paraissait long, car le donjon était isolé, et le jeune homme n’avait pas vingt ans. Un soir, vers cinq heures, le jeune gardien entendit un petit grattement.

  • “Est-il permis de monter dans cette belle et haute tour ?”
  • “Non, personne ne peut y monter ! J’en suis le seul habitant et gardien !”
  • “Mais sais-tu brave guerrier… moi, je ne suis pas une personne !”
  • “Alors qui es-tu ?”
  • “Je ne suis qu’un petit lézard faible, inoffensif et transit par le froid de ce rude hiver !”
  • “NON ! La porte doit rester fermée ! Et le roi m’a mis en garde contre les petits lézards !”
  • “Mais moi je suis un lézard minuscule, inoffensif et faible, tu n’as rien à craindre de moi. Et que dirait ton entourage si il voyait que je te fait peur, moi qui suis ri-kiki ! Mais rassure-toi, tu n’as pas besoin d’ouvrir la porte complètement. Il te suffit juste de l’entrebâiller. Ainsi je me faufilerai à l’intérieur, et ni vu ni connu ! Tu verras je suis de très bonne compagnie ! Et puis tu sais, je ne resterai pas longtemps, juste dix petites minutes. Ce sera notre petit secret entre toi et moi !”

Le jeune homme pensa : “Mais c’est vrai ça ! Un si petit lézard n’est pas une personne… Et pourquoi avoir peur de lui ?! C’est vrai qu’il est ri-kiki ?! Alors entrebâiller la porte… ce n’est pas l’ouvrir en entier… ça me fera du bien d’avoir un peu de compagnie et dix petites minutes ce n’est rien ! Et puis ce lézard a l’air si gentil avec ses “yeux de merlan frit” qui m’implorent un peu de chaleur et de temps !” Il lui dit alors : “Allez monte ! Viens te réchauffer ! Mais motus et bouche cousue, je ne veux surtout pas que le roi apprenne que je t’ai ouvert la porte… “

Dès qu’il fut entré dans la tour, le petit lézard pris les attitudes d’un véritable gentilhomme. Il parla fort bien de tout ce qui concerne le royaume et son administration, il avait l’air d’en connaître les moindres détails. Il fit de l’esprit, et charma son hôte par sa conversation. Quand il partit, le gardien lui dit :

  • “Eh bien le lézard ! Tu pars déjà ?”
  • “Eh, oui ! Les dix minutes sont passées ! Ne t’avais-je pas dit que je suis d’agréable conversation ?”
  • “Ça alors, comme le temps passe vite avec toi ! À la fois j’ai beaucoup apprécié ta compagnie, mais quelque chose au fond de moi ne me laisse pas tranquille. Ais-je bien fais de t’ouvrir la porte alors que le roi me l’a défendu ?”
  • “Mais oui, n’ais aucune crainte. Tu n’as rien fait de mal, et personne ne nous a vu ensemble. Se sera notre petit secret !”

En regardant partir son hôte, le jeune homme songea : “Vraiment gentil ce lézard !” Le lendemain, vers cinq heures du soir, comme la nuit commençait à tomber, un petit grattement se fit entendre.

  • “Holà mon ami, puis-je monter ?”
  • “Ah ! C’est toi ? Content de te revoir ! Mais je ne pense pas t’ouvrir ce soir. Passe ton chemin s’il te plait.”
  • “Alors toi aussi tu me rejettes ? Pourtant nous avons passé un bon moment ensemble l’autre soir ! Ne veux -tu pas m’entrebâiller la petite lucarne ? Je ne reste pas longtemps, un tout petit quart d’heure seulement. Juste toi et moi…”
  • “Bon c’est d’accord. Entre !”

Le petit lézard s’installa tout près du foyer, et commença à conter ses aventures. Il se mit aussi à raconter toutes les difficultés que le roi lui causait et comment il devait sans cesse se cacher de ses soldats, sa tête était même mise à prix. Il se lamentait de ne pas savoir pourquoi le roi le détestait autant, lui, qui était prêt à rendre service à tout le monde. Le jeune homme trouva le roi dur dans ses décisions, ne comprenant pas pourquoi celui-ci traquait sans relâche ce petit lézard. Puis, au moment fixé, le reptile pris congé du jeune homme. Plusieurs semaines se passèrent de la sorte, si bien que le petit lézard passait jusqu’à 5 heures en compagnie du gardien qui ne se posait plus de question et faisait taire peu à peu sa conscience. Le jeune homme se laissait toujours plus charmer par les récits palpitants du reptile, le temps ne comptait plus quand ils étaient ensemble. De plus il était convaincu qu’il ne faisait pas de mal en offrant “l’asile politique” au reptile. Quand les représentants du roi venait prendre de ses nouvelles pour savoir si tout se passait bien, le jeune homme leur répondait sèchement disant qu’il n’avait plus de compte à rendre sur son travail… Or, Le jeune gardien ne remarquait pas que le reptile devenait de plus en plus grand et gros au grès de ses visites nocturnes. Il avait maintenant la taille d’un gros chien. Sa peau étaient maintenant recouverte d’écailles noires,  et de temps à autre un filet de fumée noire sortait de ses naseaux…

Un soir suivant, vers cinq heures, nouveau grattement, nouvel appel.

  • “Holà de la tour ? Puis-je monter mon ami ?”
  • “Bien-sûr ! Entre, tu es le bienvenue ! La porte est grande ouverte ! Ici tu es en sécurité !”

Le monstre monta et au bout de cinq heures, il laissa échapper une plainte accompagnée d’un long soupir rauque :

  • “Ho la la, cette nuit va être si froide ! Le blizzard est terrible, je vais m’envoler et me fracasser contre les arbres. La pluie est glaciale, mes nonosses ne le supporteront pas ! Et puis à coup sûr, le gel va me transformer en produit surgelé ! Mais surtout, le roi a triplé les patrouilles, elles sont à ma recherche pour m’occire sans procès, moi qui n’ai rien fait ! S’il te plaît mon ami, permets-moi de passer la nuit avec toi ? Je me blottirai au coeur de la tour, près des pierres du foyer et je partirai demain matin, promis !

Hésitant et balayant les derniers avertissements de sa conscience, le jeune homme accepta la proposition tout en se raisonnant lui même :

  • “Cela fait des semaines que je lui ouvre, comment pourrais-je lui refuser mon hospitalité ? Il est comme chez lui ici !”

Cette nuit, la conversation fut très animée, et les deux compères discutèrent jusqu’à minuit. Puis, le jeune gardien alla prendre son repos tout en haut de la tour. Mais il dormit très mal cette nuit-là. Sans arrêts, il se retournait dans son lit, troublé par de terribles cauchemars. Il rêvait d’un terrible dragon noir et flamboyant venant le dévorer. Au réveil il pensa :

  • “Cette bête ne devrait pas être au coeur de la tour ! Je dois lui dire de partir !”

Il descendit rapidement les escaliers en colimaçon et entra dans la grande salle. Son visage se décomposa quand il vit l’immense créature qui se dressait devant lui. C’était la bête de son pire cauchemar ! Le petit lézard ri-kiki faisait maintenant une taille de 3 mètres de haut, pour 6 de large ! De sa gueule armée de crocs acérés, s’échappaient des flammes. Le jeune homme réalisa sa folie et voulu se précipiter sur ses armes pour terrasser l’immonde bête. Hélas son armement se trouvait près de l’âtre, et le dragon lui barrait le passage. Il cria :

  • “Tu m’as trompé ! Jamais je n’aurai dû te laisser entrer, j’aurai dû obéir aux ordres du roi, et te pourfendre de mon épée à notre première rencontre ! Quel fou ais-je été !”
  • “C’est trop tard mon ami, tu es en mon pouvoir et je vais te dévorer membre par membre, et finir par ton coeur que je ferai rôtir à la broche ! Miam ! “

A ces mots le dragon se précipita sur sa proie. Le jeune homme désarmé, se mit à crier de toute ses forces : “Ô mon Dieu, délivre moi, donne moi le force de m’échapper !” Et dans un dernier réflexe il réussit à rejoindre les escaliers qu’il dévala à toute vitesse, le dragon à ses trousses ! C’est avec grand peine qu’il franchit la lourde porte, sentant l’haleine embrasée du monstre et un terrible claquement de dents à quelques centimètres de sa tête ! Une fois dehors il courut vers le petit bois ! Dans la tour, le dragon célébrait sa victoire en crachant de larges gerbes de feu : La tour était en son pouvoir !

Sans casque, sans cuirasse, sans bouclier, sans épée, le jeune homme complètement bouleversé et honteux, s’assit au pied d’un large chêne. Il prit sa tête entre ses mains et pleura amèrement. Il frappait de temps à autre sur sa poitrine, maudissant le jour où pour la première fois il entrebâilla la porte au petit lézard. Tout à coup il entendit un son éclatant de trompettes, et le bruit d’une grande troupe à cheval. Le roi était à la tête de son armée et passa à côté du malheureux gardien. Il fit signe à la colonne de s’arrêter, et s’adressa au jeune homme :

  • “Eh bien jeune homme, que fais-tu là ? Est-ce ainsi que tu gardes ma tour ? Où sont tes armes ?”
  • “Ô mon roi et Seigneur, je ne suis pas digne de toi, je t’ai désobéi et il m’est arrivé un malheur !”
  • “Ah ! je comprends ! Tu as laissé entrer quelqu’un dans la tour, malgré les ordres que je t’avais clairement donnés ?”
  • “Oh mon roi, ce n’était pas quelqu’un, mais…”
  • “Si ce n’est pas quelqu’un, qu’est-ce donc alors ?”
  • “Au début c’était un petit lézard. Mais celui-ci s’est transformé peu à peu en un terrible dragon qui a, de peu, manqué de me dévorer ! Je suis tellement désolé mon Seigneur, pardonnez-moi je vous en supplie ! Donnez-moi une seconde chance !”
  • “Bien, relève-toi et viens avec moi !”

Comme ils approchaient du donjon, la tête du monstre apparut entre les créneaux ! Il crachait d’immondes blasphèmes à l’encontre du roi et de son armée ! Une patte sortait par la droite et une autre par la gauche de la tour au travers des meurtrières éclatées. Le corps du monstre remplissait tout l’escalier en colimaçon et sa queue ornée de pointes sortait par la porte. Du haut de la tour il crachait des flammes en direction du roi et de son armée. Le jeune homme se tenait derrière le souverain et regardait la scène avec effroi. Tout deux se lancèrent à l’assaut : le roi devant le jeune homme suivant derrière ! Le roi brandit son épée qui brillait de mille feux et d’un coup sec trancha la queue du monstre. Puis ils montèrent les escaliers, le souverain taillant et frappant le corps du monstre. Puis une fois en haut ils fondirent sur le dragon auquel le roi trancha la tête. La bête était morte ! Le jeune homme s’agenouilla devant son souverain, implorant encore son pardon dans un profond et sincère repentir. Le roi le regarda avec un regard remplit de compassion, et posa sa main sur son épaule : “Tu es pardonné !  Maintenant fait disparaître de cet endroit, tous les restes de cette bête, qu’il n’en reste rien, ni aucune trace. Revêts tes armes, prends garde à ta mission, et ne fais plus la même erreur : ne laisse entrer personne dans la tour ! Si tu la gardes, ta fortune est faite ! Et surtout méfie-toi des petits lézards !”

Bonne semaine

Debout jeunesse