Repentance au mur des lamentations

Esaïe 55 verset 7 : “Que le méchant abandonne sa voie, Et l’homme d’iniquité ses pensées. Qu’il retourne à l’Éternel, qui aura pitié de lui, à notre Dieu, qui ne se lasse pas de pardonner.”

Quel être humain n’a pas eu un jour sa conscience troublée, chargée, salie du fait de ses mauvaises pensées ou actions ? Quelle grâce de pouvoir obtenir le pardon auprès du Seigneur Jésus ! Apocalypse 22 versets 13 & 14 : Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville !” Le pardon est indissociable de Dieu. Il pardonne sans hésiter à celui ou celle qui reconnait et abandonne ses mauvaises voies et qui retourne à Lui (2 chroniques 7 verset 14). A chaque fois qu’un homme ou une femme sur cette terre réalise combien il ou elle est éloigné de Dieu à cause de son péché, et qu’il ou elle ne peut pas se sauver lui ou elle-même, il se passe toujours la même chose : Le besoin de venir implorer Son pardon et Sa grâce, car Son pardon est libérateur… Et Dieu pardonne ! C’est ce qu’un jeune homme de confession juive a vécu dans des circonstances bien particulières, nous rappelant que Dieu reste souverain et prend soin de ses enfants !

Méchoulam était le jeune garçon d’une famille religieuse élevé dans la tradition juive. Il grandissait dans l’amour et faisait la fierté de ses parents. Tous vantaient ses nombreuses vertus. Mais lorsqu’il atteint ses 17 ans, tout bascula. Sa mère quitta ce monde et le jeune commença à se révolter contre Dieu et la religion : “Pourquoi Dieu avait-il repris sa chère maman ?” Un conflit grave s’ensuivit avec son père. Jusqu’à ce matin où il lui annonça sèchement : “Dimanche prochain, je pars en Inde avec des copains !” Son papa faillit s’évanouir : “Comment ?! En Inde ?! Mais que vas-tu chercher là-bas ?” Le pauvre père était complètement pris au dépourvu et ne sut pas comment réagir. Il gémit de tristesse et de déception, mais toute sa peine ne réussit pas à émouvoir et faire changer d’avis son fils… Les tentatives de dissuasion du père se prolongèrent jusqu’au moment de l’embarquement… Au moment où son fils s’apprêtait à monter dans l’avion, le père sentit son cœur se briser et il lui dit : “Méchoulam, qu’est-ce qu’un jeune comme toi va chercher en Inde ?” Mais son fils rétorqua de manière provocante : “Si tu penses que je crois encore en Dieu, tu te fais des illusions !” Le coeur du vieil homme se brisa, il n’en croyait pas ses oreilles ! : “Méchoulam… as-tu abandonné ta foi en Dieu ?” Et le fils de rajouter froidement : “Papa, j’espère que tu me pardonneras.” Mais son père ne put contenir son émotion, tant la douleur était immense. Il explosa : “Te pardonner ? Après l’éducation en or que ta mère et moi t’avons prodiguée ? C’est là ta façon de nous remercier ? Je ne veux plus jamais te revoir ! Si tu as décidé de jeter derrière toi tout ce qu’il y a de plus précieux dans ta vie, tu n’es plus mon fils et je ne te pardonnerai jamais !”

Trois années passèrent et Méchoulam réalisa ses “rêves” en Inde. Pourtant, même s’il s’était adapté à sa nouvelle vie, la séparation d’avec son père à l’aéroport le perturbait encore. Il essaya souvent de l’appeler et de lui envoyer des lettres, mais il ne reçut jamais de réponse. Un jour qu’il se promenait dans la rue, il rencontra un ancien ami avec qui il avait étudié la religion en Israël. La rencontre fut très chaleureuse. Ils échangèrent leurs impressions sur leurs vies actuelles et leurs souvenirs d’enfance. Puis, le visage de son ami devint sérieux : “Méchoulam, j’ai eu beaucoup de peine lorsque j’ai appris pour ton père”. “Mon père ? Que lui est-il arrivé ?”, demanda Méchoulam, inquiet. Son ami le regarda : “Quoi, tu ne sais pas que ton père a eu une crise cardiaque six mois après ton départ ? Son cœur n’a pas supporté la peine qu’il ressentie de te voir le quitter pour l’Inde. Comment peux-tu ne pas être au courant ?!” Méchoulam ne sentait plus ses jambes. Ses oreilles se mirent à siffler. Il dut se tenir à une balustrade. Sa vie venait de perdre tout son sens. Son père, qu’il aimait tant, n’était plus de ce monde… La conscience de Méchoulam ne trouvait plus le repos. Il ne cessait pas de pleurer, rongé par la culpabilité. Et tout ça pour quoi ? Pour une vie de hippie dénuée de sens et faite de prétendus idéaux d’amour et de fraternité ? Tout cela pour assouvir ses instincts, voilà la vérité ! Qu’était-il venu chercher ici ? Qu’avait-il trouvé… ?

Il décida rapidement de faire un voyage en Israël. Il ressentait un besoin irrépressible de prier. Il monta dans le premier vol avec un seul et unique objectif : le Mur des Lamentations. Il voulait crier et supplier Dieu afin d’obtenir le pardon. Arrivé à destination, il se rendit directement au Kotel, dernier vestige du Beth Hamikdach. Méchoulam s’approcha du Mur et posa sa main sur les pierres. Bouleversé, il posa sa tête et se mit à pleurer, comme s’il était rentré à la maison. Il pleurait sur le passé, sur le présent et sur le futur, qui lui paraissait si incertain. Mais il pleurait surtout sur la peine qu’il avait causée à son père et qui avait entraîné sa mort. Cela, il ne pouvait se le pardonner… Puis il décida de s’asseoir afin d’écrire un petit mot à glisser entre les pierres : “Papa, je me trouve à Jérusalem, la ville sainte, au Mur des Lamentations. Si ton âme me contemple de là-haut, je te demande de me pardonner. Je n’avais pas l’intention de te faire souffrir. Dès aujourd’hui, je te promets de faire une sincère repentance et de revenir sur le chemin dans lequel toi et maman m’avez éduqué. Papa, pourras-tu me pardonner ?”

Puis Méchoulam chercha une fissure afin d’y glisser son mot. Mais à chaque fois qu’il tentait de l’insérer, le papier retombait étrangement à terre. Il en éprouva une grande peine car il interprétait cela comme un rejet du Ciel : “Dieu ne voulait-il pas de sa repentance ?”. C’est alors qu’il entreprit de déposer son papier un peu plus haut. Il monta sur une chaise et enfonça le mot entre les pierres. Cette fois, le papier y resta. Cependant, en le faisant pénétrer, il en fit tomber un autre parmi les dizaines qui étaient fichés à proximité dans le mur . Mais alors qu’il s’apprêtait à le replacer, il remarqua un mot sur le papier qui attira son attention : il s’agissait de son nom, Méchoulam ! Son cœur se mit à battre à toute vitesse. Une voix intérieure lui suggéra de l’ouvrir. Sa respiration s’arrêta : il s’agissait de l’écriture de son père ! Au bord des larmes, il put lire : “Maître du monde, je T’en prie, aie pitié de Méchoulam Ben Rivka, mon fils qui est parti en Inde. Veille sur lui afin qu’il te reste fidèle malgré tout. Protège-le et pardonne-lui toutes ses fautes. Méchoulam, si je le pouvais, je te dirais que je t’aime et que je te pardonne pour tout. Mon fils bien-aimé, je regrette les paroles dures que j’ai tenues à l’aéroport. Je prie pour que Dieu te pardonne à Son tour et qu’il te ramène à Lui. Ton père qui t’aime très fort.”

Méchoulam sanglota un long moment, comme un enfant. Lorsqu’il quitta le Kotel, il savait dans son coeur qu’il était revenu sur le chemin de la foi en Dieu ! La prière sincère qui avait jailli du fond du cœur de son père avait été entendue et exaucée, d’une manière que seul Dieu était en mesure d’orchestrer…

Source : Torah-Box-Magazine N°16, décembre 2018, tiré d’un témoignage raconté par le Rav Its’hak Zilberstein

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