Sauvé : Double six !

Jérémie 11 verset 20 : “L’Éternel des armées est un juste juge, qui sonde les reins et les cœurs.”

Oui, Dieu est un juste juge. Quel réconfort de savoir et de croire qu’il n’y a pas de fraude en Lui, qu’il n’y a aucune triche, ni aucun favoritisme ou à priori (Romains 2 verset 11). Dieu lit dans le plus profond de notre être, Il connaît nos pensées et arrière-pensées, rien ne peut être caché devant Lui. Il est tellement évident que le Créateur de toutes choses connaît les moindres recoins et détails de Sa création. Il connaît parfaitement le cœur de l’homme, et sait de quoi nous sommes capables tant dans le bien (Matthieu 20 versets 22 & 23)  comme dans le mal (Matthieu 26 verset 34). La Bible l’exprime à plusieurs reprises quand Jésus est en face de ses détracteurs : “Mais Jésus connaissait leurs pensées […]” dans Matthieu ou encore dans LucC’est pourquoi ne croyons pas que Dieu ferme un œil de temps en temps sur nos actions, paroles, pensées… Non, Il est lumière et toutes choses seront mises à la lumière de la justice divine.  Daniel 2 verset 22 : “Il révèle ce qui est profond et caché, il connaît ce qui est dans les ténèbres, et la lumière demeure avec lui.” Salomon a d’ailleurs bien résumé la fin de toutes choses dans le livre de l’Ecclésiaste : Écoutons la fin du discours : Crains Dieu et observe ses commandements. C’est là ce que doit faire tout homme. Car Dieu amènera toute oeuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal.” (Ecclésiaste 12 verset 13 & 14).  C’est ce que deux jeunes allemands vont expérimenter, d’une manière très particulière, lors de leur propre procès…

Dans les années 1670, l’Allemagne est dirigée par Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg, appelé aussi le Grand électeur. Cet homme illustre, élevé dans la foi calviniste, grandit pendant la triste guerre de Trente Ans au cours de laquelle le Brandebourg souffre énormément. Frédéric-Guillaume, réside principalement dans la ville de Potsdam, ville d’Allemagne, capitale du Land de Brandebourg située tout près de Berlin, au bord de la rivière Havel. Elle compte aujourd’hui plus de 150 000 habitants et est la ville la plus peuplée du Brandebourg, où l’on trouve aussi le quartier de Babelsberg qui  possède de nombreux palais dont certains sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Mais revenons à l’année 1678, où Frédéric-Guillaume, tout auréolé de ses dernières victoires militaires contre les envahisseurs Scandinaves, se trouve en sa chère ville de Potsdam.  La ville est tout en émoi, comme toute retournée du fait de ce qui vient de s’y passer. En effet, des bûcherons ont retrouvé dans la forêt, sous un amas de bois, le corps sans vie d’une pauvre jeune fille. Après avoir dégagé le cadavre, ils le transportent sur la place du marché, tout en appelant à l’aide. Rapidement, une foule se presse autour des bûcherons. Parmi elle, une femme pousse un cri et dit : “Oh non, c’est la petite Hildegarde ! C’est la fille de l’armurier Walther ! Pauvre p’tite, pauvre homme c’est son unique enfant… Mais quel malheur ! Après avoir perdu sa femme l’année dernière, v’la que c’est la p’tite qui s’en va…” L’armurier Walther est un personnage très connu et respecté dans toute la ville. Petit bourgeois, il est connu pour sa droiture, sa générosité et sa grande piété. On court le chercher à la hâte. Quand il arrive sur les lieux quelques minutes plus tard, son visage est défiguré par la douleur, mais sa posture reste digne. Il prend délicatement sa fille dans les bras, et s’en retourne à pas lents, sans un mot chez lui. Autour de lui, les yeux des femmes sont rouges, on secoue la tête à son passage, personne ne comprend pourquoi cette jeune fille a été assassinée ! Les gens restés sur la place parlent, se lamentent mais rapidement la tristesse laisse la place à la colère et aux appels à la vengeance et aux cris : “Mort à l’assassin, qu’on l’écartèle et qu’on jette ses restes aux chiens, afin qu’il soit comme le fumier des champs !” Toute la ville est dans l’effervescence. Mais qui a pu faire une chose pareille ? Comment peut-on faire le mal à ce point ? Dans toute la ville on ne parle plus que ce ça. Très vite les soupçons se portent vers deux jeunes hommes. Ils sont rapidement arrêtés et conduits dans les bâtiments de la maréchaussée.  Il s’agit de deux jeunes soldats sans histoire jusque là. L’un se nomme Guillaume, connu pour sa douceur et sa gentillesse,  l’autre s’appelle Friedrich connu pour sa rudesse et ses nombreux accès de colère. Bien sûr, tous deux nient en bloc le fait d’être mêlés d’une manière ou d’une autre au meurtre d’Hildegarde.

Mais alors pourquoi avoir arrêté ces deux hommes ? Quel lien ont-ils avec la victime ? Il s’avère en fait qu’ils sont tous deux les prétendants de la pauvre et défunte Hildegarde. Au fil de l’enquête, il ne se fait plus aucun doute pour les autorités, l’assassin est bien l’un de ces deux hommes. Le mobile : la jalousie. Seulement ils ont chacun un solide alibi, et personne ne peut témoigner du contraire. La seule preuve qu’il y a contre eux, c’est que des témoins assurent les avoir vus  en compagnie de la victime le jour de l’assassinat, mais ceci est encore trop léger pour les condamner. Le juge décide alors avec l’accord du Grand Électeur, de les soumettre à la question, car à cette époque la présomption d’innocence n’existe pas. Les deux soldats sont ainsi soumis à la torture. Les résultats sont nuls. Malgré les douleurs qu’on leur inflige, aucun des deux n’avoue quoi que ce soit. Au contraire, ils plaident avec encore plus de zèle leur innocence. La peuple s’impatiente et menace de faire justice lui-même… L’affaire fait de plus en plus de tapage, le Grand Électeur décide alors de recourir au jugement de Dieu par le sort… Les deux accusés vont jouer leur vie sur un coup de dés. Le principe est on ne peut plus simple : Chacun jette les dés, devant Dieu et les hommes, et celui qui fait le moins de points est considéré et déclaré coupable par la volonté de Dieu. Au jour fixé, le prince est présent dans la salle d’audience, entouré de toute sa cour et des différents magistrats. Après le rappel des faits par le juge, Friedrich réclame de prendre les dés en premier : “Chers amis, ma chance aux jeux n’est pas une légende dans cette ville, et par ce coup de dés je serai justifié devant vous tous dans ce tribunal ! Tout le monde sait que je ne suis pas l’assassin, et une fois innocenté, quiconque me dira le contraire devra m’en rendre compte !” Puis, avec un large sourire, il prend les dés, les montre à tout l’auditoire, et les lance crânement avec force devant lui. Les deux petits cubes en ivoire tournoient sur eux-mêmes. L’un arrête rapidement sa course folle et laisse apparaître un 6, tandis que l’autre continue de tournoyer. La salle d’audience retient son souffle. Quand le dernier dé devient à son tour immobile, c’est un autre 6 qui apparaît ! Friedrich ne peut s’empêcher de rire de contentement et crie : “Sauvé ! Double six !” Il retourne s’asseoir et laisse échapper un immense soupir de soulagement, tout en s’épongeant le front avec son mouchoir. Puis, il regarde Guillaume s’avancer à son tour pour se saisir des dés laissés sur le sol. Au passage il lui murmure tout bas sans que l’on puisse l’entendre : “On va voir si Dieu joue mieux aux dés que moi ! Tu vas pouvoir la rejoindre ta Hildegarde…”

Les magistrats et les assistants du tribunal sont très émus en voyant Guillaume debout au centre de la salle, la main refermée sur les dés. En effet, leur opinion penche depuis le début en faveur de Guillaume. Ils savent que Friedrich est un homme violent et emporté, tout a fait capable de tuer sous l’effet de la colère, tandis que Guillaume est doux, humble de cœur et possède la sympathie de son entourage.  Le jeune homme regarde à son tour tout l’auditoire, mais au lieu de la toiser du regard comme son prédécesseur, il descend lentement sur ses genoux. Les yeux vers le Ciel, qu’il regarde avec confiance, il se met à prier : “Dieu tout puissant, secours-moi, toi qui sait parfaitement que je suis innocent du crime dont on m’accuse… Justifie ton humble serviteur, et dévoile le méchant…” Dans la salle, il règne un profond silence, respectueux et solennel, que Friedrich vient troubler en conspuant : “Allez ! Jette les dés ! Qu’on en finisse avec cette mascarade !” Guillaume se relève, et jette à son tour les dés avec une telle force que l’un d’eux éclate en deux fragments laissant apparaître deux faces sur le sol. Le premier morceau de dés laisse entrevoir un 6 et l’autre morceau le numéro un. Tous les yeux se tournent vers le deuxième dé qui continue de tourner sur lui-même. Cette improbable toupie n’en finit plus, l’atmosphère dans la salle devient irrespirable tant la tension est extrême. Friedrich transpire à grosses gouttes sur sa chaise, devinant instantanément ce qui va se passer, car on ne se moque pas de Dieu ! Puis la salle se met à hurler quand le deuxième dé s’arrête : “6, c’est un autre six ! Guillaume a fait TREIZE ! Il est innocent et Friedrich est coupable devant Dieu !” Friedrich perd connaissance, Guillaume remercie Dieu de l’avoir justifié et sauvé du supplice. Dans la salle, on ranime à grand coup d’eau froide Friedrich. Celui-ci ne peut plus cacher son crime, il fait une confession complète : “Oui c’est moi qui est tué Hildegarde, elle m’a éconduit pour Guillaume, je ne l’ai pas supporté, je l’ai tuée !” Sur-ce, Friedrich est conduit immédiatement sur la place des exécutions sous les huée de la foule, et il y subit le châtiment réservé aux meurtriers. A l’opposé de GuillaumeFriedrich a hélas oublié, ou n’a pas cru en la donnée la plus importante de l’équation de leur procès : Dieu et sa justice. C’est dans ces tristes conditions qu’il est entré dans l’éternité, tandis que Guillaume a poursuivi sa route en étant totalement justifié et approuvé de Dieu…

 Psaume 9 versets 8 à 11 : L’Éternel règne à jamais, Il a dressé son trône pour le jugement. Il juge le monde avec justice, Il juge les peuples avec droiture. L’Éternel est un refuge pour l’opprimé, un refuge au temps de la détresse. Ceux qui connaissent ton nom se confient en toi. Car tu n’abandonnes pas ceux qui te cherchent, ô Éternel !”

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Adaptée partir d’une histoire vraie