Souvenir de professeur

Luc 9 verset 28 à 31 : […] Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur la montagne pour prier. Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage changea et son vêtement devint d’une blancheur éclatante. Et voici que deux hommes s’entretenaient avec lui : c’étaient Moïse et Elie, apparaissant dans la gloire, ils parlaient de son prochain départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.”

Comme pour Pierre, Jean et Jacques, il y a des choses que l’on n’oubliera jamais ! Peut-être avons-nous été bénéficiaires, victimes, témoins, participants, ou bien simples spectateurs de situations ou d’événements au cours de notre vie qui resteront à jamais gravés dans notre mémoire jusqu’à la fin de nos jours. Dans la Bible ce genre d’histoires ne manque pas ! En effet, peut-on imaginer que ceux qui ont vu la Mer Rouge s’ouvrir puissent oublier ce qu’ils ont vu ? (Exode 14 verset 21 à 30) Idem pour ceux qui ont assisté à l’effondrement de remparts imprenables ! (Josué 6 verset 12 à 21) Parmi les contemporains du roi David, qui a pu oublier son combat contre le guerrier géant et la manière dont il le terrassa ? (1 Samuel 17 verset 38 à 54) Ou bien encore, parmi tous ceux qui ont vu ce que le Seigneur Jésus a accompli quand Il était parmi les hommes ? Comment pourrions-nous oublier ce dont nous avons été témoins directs ? Juste un petit exemple : On peut penser que le jeune homme qui apporta son panier avec quelques poissons n’oublia jamais ce que Jésus a fait en les multipliant miraculeusement (Jean 6 verset 9 à 14). Qu’est devenu ce jeune enfant ? On ne le sait pas, mais on peut se laisser imaginer que cet événement a certainement changé sa vie d’une manière ou d’une autre. Oui il y a bien des situations qui changent nos manières de voir et peut-être même de vivre. Nous tirons souvent des leçons de ce qu’il nous arrive ou de ce qui arrive aux autres. C’est ce qui s’est passé pour un jeune garçon lorsqu’il était à l’école. Un simple événement a bouleversé sa vie…

Alors que je me promène dans le parc juste à côté de chez moi, j’aperçois un vieil homme assis seul sur un banc en train de lire son journal paisiblement. Je crois reconnaître un de mes anciens professeurs. Le temps a fait son oeuvre sur cet homme. Plus beaucoup de cheveux, petite barbe blanche, et petits yeux bleus pétillants. Cependant il y a une chose que je reconnais tout de suite, c’est l’expression de son visage. Visage que je n’ai jamais oublié ! Prenant mon courage à deux mains, je m’approche de lui :

  • “Bonjour, monsieur le professeur. Est-ce-que vous vous souvenez de moi ?”

Le vieillard lève la tête et me regarde. Puis après quelque secondes, il me dit tout simplement :

  • “Non, mon garçon, je ne vous reconnais pas. C’est que j’en ai eu des élèves, vous savez… Pendant plus de 40 ans, avec des classes entre 35 et 40 élèves… Je suis désolé. Mais dites-moi comment vous appelez-vous ?”
  • “Je suis Pierre Durand. Vous étiez mon professeur d’histoire-géographie en 1986, en classe de 2nde au Lycée Pablo Picasso. Vous vous rappelez un peu de moi ? Moi, je ne vous ai jamais oublié, vous savez…”

Le vieux professeur passe sa main sur sa barbe, l’air pensif, il cherche dans ses souvenirs…

  • “Oui, je me rappelle du lycée, mais des Pierre j’en ai vu passer quelques-uns… Pierre Durand dites-vous ? Ah mais oui bien sûr, je me souviens de vous… Eh bien, Pierre, ça me fait plaisir de vous rencontrer. Que faites-vous dans la vie maintenant ?”
  • “Eh bien, monsieur le professeur, je suis devenu professeur d’Histoire-géographie moi aussi, comme vous !”

Le vieil homme sursaute sur son banc, son visage s’illumine, et un large sourire se lit sur son visage ridé. Il poursuit avec un ton plus familier voire paternel :

  • “Ah ! Comme c’est bon de le savoir… Ainsi cher Pierre, tu es devenu professeur d’Histoire-Géographie comme moi ?”
  • “Oui monsieur… Comme vous ! Quand je vous ai vu assis sur le banc tout à l’heure, je vous ai reconnu tout de suite. Et je veux vous dire que si je suis devenu professeur, c’est grâce à vous. Vous avez inspiré ma vocation. Je voulais être un enseignant exactement comme vous !”

L’ancien sursaute une deuxième fois… Après la joie de revoir un de ses anciens lèves, c’est maintenant la curiosité qui s’empare de lui :

  • “Eh bien dis-moi Pierre, comment et à quel moment as-tu eu envie de devenir enseignant ?”
  • “Je vais vous expliquer. Cela remonte à quelques décennies maintenant. Un jour, un de mes amis, également au lycée avec moi, est arrivé en classe avec une magnifique montre toute neuve qu’il avait reçue pour son anniversaire. Dés que j’ai vu cette montre, j’ai flashé sur elle et j’en ai eu envie. J’ai donc décidé de la lui voler coûte que coûte ! J’ai attendu le cours de sport. Une fois dans les vestiaires on devait déposer nos vestes sur les porte-manteaux. Je vu que mon camarade avait laissé sa montre dans l’une des ses poches. J’ai attendu qu’il sorte en premier du vestiaire. Alors sans que personne ne me voit, j’ai fouillé ses poches, et je lui ai volé sa montre ! Après la fin du cours de sport, nous avions cours avec vous, et vous étiez notre professeur principal. À peine rentré, mon ami est allé directement vous voir. Il vous a dit en pleurant qu’on lui avait volé sa montre et que cela ne pouvait s’être fait qu’en cours de sport !”

A ce moment de l’histoire, le vieil homme me regarde fixement. Il est attentif au moindre de mes mots. Il se penche vers moi affectueusement et me prie gentiment de continuer mon récit, ce que je fais avec plaisir :

  • “Du haut de votre petite estrade, vous avez lancé à la classe : “Chers enfants. Une montre a été volée pendant le cours de sport. Celui ou celle qui l’a volé doit la rendre. C’est aussi simple que cela !” Moi, je ne voulais absolument pas rendre cette montre, elle me plaisait trop ! Et puis pas question de passer pour un voleur aux yeux de tout le monde. Le poids de la montre cachée dans la poche de ma veste me semblait paraître des tonnes ! Ensuite, vous avez fermé la porte de la classe, et vous nous avez demandé de nous lever de nos chaises. Puis vous nous avez expliqué que vous alliez tous nous fouiller jusqu’à ce que la montre montre soit retrouvée… Et enfin vous avez exigé que pendant cette opération nous fermions tous les yeux ! C’est ce que nous avons fait ! Alors vous avez commencé à fouiller méthodiquement les poches de chacun. Quand ce fut mon tour, vous avez fouillé les poches de ma veste, vous avez trouvé la montre, vous l’avez prise, et vous avez continué à fouiller les poches de tout le monde, jusqu’au dernier élève de la classe. Puis vous êtes retourné à votre estrade et nous avez dit : “C’est bon ! Ouvrez les yeux, j’ai retrouvé la montre ! Maintenant, vous pouvez vous asseoir. Reprenons notre leçon…”  De ce jour, qui fut le plus honteux de ma vie, vous avez sauvé ma dignité. Vous n’avez rien dit devant la classe, vous ne m’avez ni humilié, ni réprimandé, ni convoqué pour une leçon de morale.  Je n’ai jamais senti que votre comportement avait changé à mon égard, et vous ne m’avez jamais reparlé de cette triste affaire… ce jour là vous avez fait ce que personne d’autre n’avait fait pour moi… vous m’avez éclairé ! Grâce à vous, j’ai compris ce qu’est un véritable éducateur et la valeur d’un enseignant. Vous souvenez-vous de cet épisode, monsieur ?”

Le professeur sourit à son ancien élève. Son visage respire la compréhension et la compassion. Rien n’est forcé chez lui, il n’y a pas de faux semblant, c’est un homme vrai et de confiance. En fait il n’a pas changé depuis toutes ces années… Mais maintenant il doit répondre à la question qui lui a été posée :

  • “Oui, je me souviens très bien de l’histoire de cette montre volée. Mais je dois te dire une chose que tu ignores. J’ai cherché dans les poches de tout le monde, j’ai trouvé la montre, mais je ne me souviens pas de toi, car j’avais moi aussi fermé les yeux en cherchant. Car si pour corriger nous avons besoin d’humilier, d’abaisser notre prochain, c’est que nous ne savons ni enseigner ni éduquer… À méditer !”

Jésus est le meilleur enseignant et le meilleur éducateur qui soit. Pour conclure il est impossible de ne pas revenir sur cette merveilleuse histoire écrite de Jean 8 verset 1 à 11 : Jésus se rendit au mont des Oliviers. Mais dès le matin il revint dans le temple et tout le peuple s’approcha de lui. Il s’assit et se mit à les enseigner. Alors les spécialistes de la loi et les pharisiens amenèrent une femme surprise en train de commettre un adultère. Ils la placèrent au milieu de la foule et dirent à Jésus : «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu?» Ils disaient cela pour lui tendre un piège, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur le sol. Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : «Que celui d’entre vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.» Puis il se baissa de nouveau et se remit à écrire sur le sol. Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés et jusqu’aux derniers ; Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. Alors il se redressa et, ne voyant plus qu’elle, il lui dit : «Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a donc condamnée ?» Elle répondit : «Personne, Seigneur.» Jésus lui dit : «Moi non plus, je ne te condamne pas, vas-y et désormais ne pèche plus.»  

Bonne semaine 

Debout Jeunesse

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