Un Lord pas comme les autres 

2 Corinthiens 6 versets 1 à 2 : Aussi, nous qui travaillons ensemble à cette tâche, nous vous invitons à ne pas laisser sans effet la grâce que vous avez reçue de Dieu. En effet, Dieu déclare dans l’Ecriture : Au moment favorable, j’ai répondu à ton appel, et au jour du salut, je suis venu à ton secours. Or, c’est maintenant, le moment tout à fait favorable, c’est aujourd’hui, le jour du salut.”

Qui d’entre nous n’a jamais raté un train/métro, un avion, un rendez-vous important ? Quels sentiments n’avons nous pas expérimentés quand ces mésaventures nous sont arrivées ? Quand nous voyons le train s’éloigner lentement, et que nous sommes seuls sur le quai, ou quand les portes du métro se ferment juste sous notre nez… Ou encore quand nous voyons notre avion décoller et que nous sommes dans le hall de départ, ou quand nous arrivons en retard à un rendez-vous et que la personne est déjà partie ? Une foule de pensées nous rappellent alors ce qu’il aurait fallu faire pour être à l’heure au rendez-vous, ou bien on met tout bonnement la faute sur quelqu’un ou quelque chose d’autre. Mais tout cela ne change rien au fait que c’est trop tard : manqué c’est manqué… On est soit dehors, soit dedans (Matthieu 25 verset 11Genèse 7 verset 16). Sur Terre, selon le cas, on peut se dire qu’au final ce n’est pas bien grave de rater un rendez-vous : “Je pourrai toujours prendre le prochain train, métro, avion, taxi, tramway… ou bien que : tant pis, je reprendrai rendez-vous avec un tel ou une telle…” Oui tout cela est possible. Cependant, il y a un rendez-vous qu’il ne faut pas manquer. C’est celui que Dieu a fixé à chaque être humain, à savoir de rencontrer son Fils bien aimé : Jésus-Christ. Pourquoi ? Par ce qu’il n’y a que Jésus-Christ qui peut pardonner et effacer nos péchés. Il a en effet payé toutes nos dettes sur la Croix, par amour pour nous, pécheurs perdus. C’est pourquoi Paul exhorte : “C’est le moment tout à fait favorable, c’est aujourd’hui, le jour du salut.” L’histoire suivante nous relate ce merveilleux rendez-vous…

Lorsque ce matin là, le soleil est sorti de derrière la colline, ses rayons ont éclairé le clocher de l’église avec sa grosse horloge, puis les toits des fermes du village sont sortis peu à peu de l’obscurité. Sur le flanc de la colline, au-dessus, apparaît une grande et belle maison que tous les villageois connaissent bien. C’est là que demeure Lord Congleton. Il n’y a pas au village un seul paysan, qui n’ait un jour ou l’autre pris le chemin qui mène chez lui pour… lui emprunter de l’argent. L’un en avait besoin pour réparer sa grange, l’autre pour payer le vétérinaire, ou encore acheter des semences… En fait, tout le village doit de l’argent à Lord Congleton, même si personne n’en parle jamais. Hors, ce matin là, lorsque sa pioche sur l’épaule, Théo traverse la place pour se rendre à son travail, son attention est attirée par une grande affiche qui n’était pas là la veille. Il s’en approche et lit : “Celui qui viendra chez moi, aujourd’hui, avant midi, avec la liste complète de ce qu’il me doit, sera délivré de toute sa dette. Signé : Lord Congleton”. L’horloge de l’église sonne alors neuf heures. Ce message lui parait très étrange, et il ne sait vraiment pas quoi en penser : “Ce Lord Congleton n’est vraiment pas comme les autres !” se dit-t-il. Alors, il flâne sur la place, tourne autour de la fameuse affiche, espérant que quelqu’un d’autre la remarquera et surtout, lui dira ce qu’il en pense. Or, arrive justement son ami Adrien. Ce dernier remarque à son tour la grande affiche et se met à lire l’inscription. Théo le regarde du coin de l’œil pour observer sa réaction. Après avoir lu, Adrien se tourne naturellement vers Théo. Mais celui-ci joue les indifférents. Adrien se met alors à éclater de rire et dit en s’esclaffant : “Mais quelle blague ! Le vieillard sur la colline s’amuse à nos dépens ! Ben, il peut toujours courir… Ce n’est pas moi qui vais me laisser prendre par cette farce !” Théo semble comme soulagé et se joint au rire d’Adrien. Les deux compères commencent alors à plaisanter sur cette curieuse annonce et sur son propriétaire.

Au même instant, c’est Julien qui arrive la faux sur l’épaule. En effet, il s’en va faucher l’herbe pour nourrir son élevage de lapins. En passant, il remarque lui aussi l’affiche. D’ailleurs, comment ne pas la voir ?! Elle est immense, plantée au milieu de la place, et écrite en gros caractères noirs. Julien commence à lire, puis jette un coup d’œil sur les deux compères qui l’observent l’air de rien… Notre lecteur n’est pas du tout impressionné… Il hausse les épaules et dit tout haut : “Cela ne me concerne pas, je ne lui dois rien, moi, au vieux !” Mais Julien sait en son for intérieur que ce n’est pas vrai. En effet, sa liste de dettes envers Lord Congleton est très longue. Mais par vanité, il essaie de faire croire à qui veut l’entendre qu’il ne doit rien à personne et encore moins à Lord Congleton. Théo et Adrien continuent à rire de bon cœur, pour eux cette pancarte est une blague pour les esprits faibles et naïfs. Mais voilà qu’un autre homme arrive sur la place. C’est Claude le charpentier. Lui aussi se met à lire la pancarte. Plus il lit et plus sa figue se décompose. Il dit en se lamentant : “Oh, ça ce n’est pas pour moi, c’est pour les autres… Je lui dois tellement d’argent. Jamais il ne me remettra toute ma dette, elle est trop immense !” Accablé, il soupire, le front posé sur la pancarte, quand l’horloge se met à sonner les dix heures !

De plus en plus de gens se retrouvent sur la place dans un immense brouhaha. En effet, chacun y va de sa petite anecdote sur Lord Congleton, tandis que d’autres commentent  et donnent leurs avis sur cette curieuse et inattendue remise de dettes. Les discussions sont parfois vives. Certains villageois commencent à élever la voix, car pour eux, c’est une honte que Lord Congleton leur fasse une si méchante farce. Parmi la foule, Théo écoute les conversations pour tenter de se forger une opinion, Adrien continue de rire tout en se moquant, Julien crie très fort qu’il n’a aucune dette, et enfin Claude se tape maintenant la tête contre la pancarte, tout en se liquéfiant de désespoir. Le bruit de cet attroupement attire encore plus de villageois. Tous sont presque là, et parmi les derniers arrivants, voilà François le meunier. Celui-ci arrive difficilement à se frayer un chemin jusqu’à la pancarte. Ce qu’il lit lui paraît incroyable! Ne pouvant plus se contenir, François hurle : “Waaaoouu ! Mais quelle nouvelle extraordinaire ! Quelle heure est-il ? Il faut que je retourne vite à la maison chercher mes reconnaissances de dettes !” Théo n’en croit pas ses oreilles et ouvre de grands yeux. Adrien, entre deux éclats de rires, lui lance : “Pauvre type ! Et dire qu’il croit à cette bêtise ! Qu’est-ce que ça peut être naïf les meuniers !”. Julien, quant à lui, toise François du regard et prend un air à la fois hautain et étonné : “Ah bon François ? Tu lui dois de l’argent ? Tu ne sais donc pas gérer ton argent convenablement ?” Claude regarde avec envie le brave meunier, mais n’arrive pas à décoller sa tête de la pancarte. Cependant, François ne voit et n’entend rien de tout cela ! Il laisse tout le monde en plan, et se met à courir en direction de sa maison. Une fois à l’intérieur, il fouille frénétiquement dans son armoire. Il en tire une feuille de papier sur laquelle une longue liste de chiffres est inscrite. Ce sont là toutes ses dettes, et Dieu sait combien elles sont nombreuses et représentent une énorme somme d’argent ! Il sort alors en trombe de chez lui, sans entendre l’appel de son épouse qui lui demande pourquoi toute cette agitation !

Il court aussi vite qu’il le peut en direction de la belle maison de Lord Congleton. Mais pour atteindre cette jolie demeure, il doit passer par la place du village. C’est un véritable tour de force que de traverser cette foule en délire. François est traité de tous les noms, et des remarques désobligeantes fusent de toutes parts, certains tentent même de le faire tomber… Mais François n’a que faire des remarques, et parvient tant bien que mal à s’extraire de tout ce monde, tandis que l’horloge vient à sonner les onze heures ! Curieusement, aucun villageois ne songe à partir au travail ce matin-là. C’est alors que dans l’agitation générale Julien harangue la foule : “Suivons ce fou ! Je veux voir sa tête quand il sortira penaud de chez le vieux !” Tous les villageois se mettent alors en direction de la demeure de Lord Congleton. Tous ? Sauf Claude qui continue à se frapper la tête contre la pancarte… François arrive enfin devant les grilles de la propriété. On lui ouvre, tandis que la foule se masse en spectateur tout en faisant bon nombre de commentaires. On conduit alors François devant la porte du bureau de Lord Congleton. Son cœur bat fortement, son front est perlé de gouttes de sueur, dans sa main droite : sa feuille de papier qu’il tient fermement. Il frappe à la porte. Une voix grave lui répond : “Entrez !” Il est onze heure et demie ! Lord Congleton invite François à s’asseoir en face de lui. La pièce est splendide, richement décorée, et tout autour, une magnifique bibliothèque contenant des centaines de livres. Mais le regard de François se porte sur le gros livre ouvert en face de Lord Congleton : “Cela doit être son livre de compte ?” pense François. Les deux hommes se font face. Lord Congleton brise le silence et lui demande : “Vous avez donc cru au message que j’ai fait afficher sur la grande place du village n’est-ce pas ?” François lui répond : “Oui, my Lord… Vous y avez mis votre signature.” Le maître des lieux pose alors une seconde question : “Êtes-vous seul ? N’y a-t-il que vous qui ait cru en ma parole ?” François soutient le regard de son créancier et répond : “Je le crains my Lord…” 

Après un court instant, Lord Congleton demande à François : “Avez-vous votre reconnaissance de dettes avec vous ?” François lui tend alors sa feuille de papier. Le maître la prend de sa main, et la pose lentement en face de lui. Puis, il prend une magnifique plume taillée pour l’écriture. Il trempe la pointe dans l’encrier recouvert d’or fin. Puis, la plume se met à danser sur le papier, inscrivant sur toute la longueur de la feuille, en gros caractères rouges, par dessus la liste interminable de dette le mot : PAYE, suivi de la date et de sa signature. François est fou de joie ! Les deux hommes se regardent et se sourient. Dans le silence du bureau de Lord Congleton, on entend l’horloge du village sonner les onze heure quarante cinq ! Le meunier a le cœur qui déborde de gratitude, et exprime à son maître toute sa reconnaissance. Puis il se lève de son siège, saisit son papier, salue son bienfaiteur, et ouvre la porte pour se rendre à toute vitesse à l’extérieur pour partager sa joie et annoncer à qui veut l’entendre que sa dette est payée, effacée, oubliée ! Mais Lord Congleton l’arrête aussitôt : “Attendez François ! Vous êtes libre de vos dettes parce que vous avez eu foi en moi, vous m’avez simplement cru. Il faut que les autres aussi me fassent confiance. Asseyez-vous, mon brave homme, nous allons causer un peu tous les deux.” Les deux hommes se mettent alors à converser, et passent un excellent moment. François éprouve de l’admiration pour Lord Congleton. Pour rien au monde il voudrait travailler pour une autre personne… Puis, l’horloge du village laisse entendre ses douze coups de midi !

Après avoir poliment pris congé de son hôte, François se précipite dehors en sautant de joie et en brandissant bien haut son papier. Il crie de toutes ses forces à la foule qui a attendu devant les grilles de la propriété : “Libre ! Je suis libre ! Délivré ! Je suis délivré ! Mes dettes sont payées, effacées, oubliées !” La foule est stupéfaite, effarée, et en un éclair, tous les hommes se mettent à courir en direction de leur maison. Jamais homme n’a pu courir aussi vite ! Et c’est presque en même temps qu’ils se retrouvent devant les grilles de Lord Congleton, munis de leur liste de dettes dans les mains. Ils frappent alors sur les grilles, tentent de les forcer, mais rien n’y fait, les portes tiennent bon et restent closes. Devant un tel trouble, c’est la maréchaussée qui vient disperser la foule. C’est alors que Théo, Adrien et Julien remarquent un petit écriteau accroché à la grille. En effet, dans leur excitation personne ne l’a remarqué. Sur cet écriteau sont inscrits deux mots : TROP TARD ! 

Que dirions-nous d’un homme qui se noie et qui refuse la bouée qu’on lui tend, sous prétexte qu’il doute de celui qui lui envoie ou encore qui doute de la capacité de la bouée à flotter ? Que dirions-nous si cette personne commence à crier à son sauveteur, : “T’inquiète ! Je ne suis pas en train de me noyer ! Pas besoin de ta bouée…” tout en s’enfonçant et en se noyant… Ou encore si ce pauvre homme commence à dire : “Je suis trop en train de me noyer, alors pas besoin de ta bouée, elle ne peut pas me faire flotter…” Je pense que nous serions tous d’accord pour dire que cet homme est fou.

Le Seigneur est toujours prêts à recevoir nos dettes, car Il les a totalement payées sur la Croix. C’est à chacun de venir à Lui pour recevoir ce cadeau extraordinaire du pardon de ses péchés et la vie éternelle qui en découle. Ne tolérons pas le moindre péché dans notre vie, et si nous sommes tombés, amenons-le à la lumière car : Celui qui cache ses fautes ne prospérera pas, celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.” (Proverbe 28 verset 13)  N’attendons pas qu’il soit trop tard…

Bonne semaine 

Debout Jeunesse

Source : Tiré de CD Vieilles histoires jeunes oreilles. B. Durst