Un shopping particulier

Psaumes 90 verset 10 : “Les jours de nos années s’élèvent à soixante-dix ans, et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans. Et l’orgueil qu’ils en tirent n’est que peine et misère, car il passe vite, et nous nous envolons.”

La vie passe vite. Beaucoup de personnes âgées de plus de 70-80 ans s’aperçoivent qu’elle leur a filé entre les doigts. Il reste bien-sûr plein des souvenirs, mais on ne peut plus revenir en arrière. Chaque seconde de notre vie ne se vit qu’une seule fois… Quand on est jeune, on n’y pense absolument pas, quand on est adulte et dans la force de l’âge, nous pouvons être tellement pris par nos occupations, nos passions, notre carrière, que nous enchaînons les années les unes après les autres sans nous en apercevoir . Bien souvent hélas, c’est la famille qui souffre en premier de cette manière de vivre à 100 à l’heure. On oublie de passer du temps avec ses parents, ses grands-parents, ses enfants, son mari, sa femme, si bien qu’au bout du compte plus personne ne s’y retrouve : quelle terrible routine que celle de « Métro – boulot – dodo »… L’apôtre Paul nous met en garde si nous négligeons notre propre famille :  «Si quelqu’un ne prend pas soin de sa parenté, et surtout des membres de sa propre famille, il a trahi sa foi, il est pire qu’un incroyant.» (1 Timothée 5 verset 8)Une étude d’experts a révélé que trois-quart des parents voient leurs enfants moins de deux heures et quart et les croisent moins d’une heure par jour. Et le weekend n’est pas franchement l’occasion de se rattraper car seuls 19% d’entre eux trouvent le temps pour pratiquer un loisir en famille. Par conséquent, 60% d’entre eux se sentent frustrés et 94% souhaiteraient passer plus de temps avec les leurs. C’est ce que Gary, un homme très occupé, a fini par comprendre vis-à-vis de son épouse au cours d’une partie particulière de shopping…

Un jour, ma femme m’a demandé avec un air grave si elle pouvait me parler de choses importantes. A la vue de son visage, impossible de me défiler, c’était vraiment important… Je me doutais bien de ce qu’elle voulait m’entretenir, mais je faisais celui qui ne se doutait de rien ! La discussion a vite dévié sur ce que je redoutais : «Tu n’a pas assez de temps pour moi ! Tu passes ton temps au travail, et quand tu rentres tu fais ta vie… Le football, les copains, les pizzas, la télé… et moi dans tout ça ?». Après une copieuse séance de larmes, je décidai de m’engager sans réserve à mieux la comprendre et à établir une meilleure relation avec elle, mais je ne savais pas trop comment m’y prendre. Soudain, m’étonnant moi-même, je l’avoue, j’eus une merveilleuse idée qui me vaudrait sûrement le titre de Mari de l’année dans le plus populaire des magazines féminins : Partir à l’aventure avec ma femme : faire du shopping !  Bien sûr, mon épouse en raffole comme beaucoup d’autres femmes. Puisque je ne lui avais jamais proposé de l’accompagner, cette initiative lui démontrerait combien je l’aime vraiment. Je pourrais trouver une baby-sitter et accompagner ma femme à l’un des endroits qu’elle aime le plus au monde, à savoir le centre commercial et son immense galerie marchande. Je n’ai jamais compris les effets et les changements émotionnels et physiologiques qui enflamment ma femme lorsqu’elle entend ces mots : «centre commercial», mais lorsque je lui fis part de mon idée, il m’apparut évident que quelque chose de spectaculaire s’était produit. Ses yeux s’illuminèrent comme un arbre de Noël, et elle trembla d’excitation – une réaction semblable à celle que j’éprouvai lorsqu’un de mes amis m’offrit deux billets pour un match éliminatoire de la ligue nationale de football ! Le samedi suivant, lorsque ma chère et tendre et moi nous sommes rendus au centre commercial, je fus confronté à un obstacle majeur qui rend ardue la communication rationnelle entre beaucoup d’hommes et de femmes. Ma découverte déverrouilla la porte qui ouvre sur une meilleure compréhension et une meilleure relation avec ma femme. Voici ce qui se produisit : En route vers le centre commercial, Norma (ma femme de son prénom) me dit qu’elle avait besoin d’une nouvelle veste. Ainsi donc, après avoir garé la voiture et marché jusqu’à la boutique la plus proche, elle choisit une veste et me posa la question fatidique : «Alors, mon chéri, qu’en penses-tu ?». J’ai fait alors une autre découverte sur moi-même : Au fond de moi, je ne m’étais jamais posé la question sur ce que j’aimais lui voir porter… En fait, du moment qu’elle a quelque chose de décent sur le dos… moi les goûts et les couleurs ça m’a toujours dépassé !

Alors je lui répondis, en masquant comme je l’ai pu mon terrible embarras : «Waouh ma chérie ! Superbe ! On passe à la caisse ?» Puis jetant un rapide et surtout discret coup d’œil sur ma montre, je me dis : «Oui c’est ça elle est superbe ! Si elle se hâte, nous serons de retour à la maison assez tôt pour le match de football à la télé. Allez, courage mon vieux, tu vas y arriver, ça va le faire !» Mais comme dans toutes les histoires, les contes ou les romans, arrive le tragique élément perturbateur ! En effet, ma femme reposa cette «superbe et inespérée veste», et en prit une autre. Puis, avec un sourire radieux, elle me demanda : «Mais que penses-tu de celle-ci ? ». Pris à contre-pied comme un gardien de foot voyant le ballon au fond des filets, j’eus un moment de solitude. Mais me ressaisissant, je lui répondis : « Mais oui, bien sûr qu’elle est superbe ! Allez, on prend celle-là. Oh et puis non, on achète les deux, comme ça pas de problème ! Affaire veste résolue ! Youpie ! » Sur ce coup, j’étais sûr de mon effet. Ma femme se jetterait à mon cou et nous filerions rapidos à la maison où mon canapé m’attendait ainsi que ma chère télévision ! Mais les choses ne se sont pas passées comme je le prévoyais, car Norma reposa cette deuxième «splendide» veste et répéta l’opération à plusieurs reprises sur d’autres vestes plus superbes les unes que les autres, pour au final sortir de la boutique les mains vides ! A ce moment là, j’avoue que je lui aurais bien mis un carton jaune… Puis nous nous sommes rendus dans une autre boutique où elle répéta le même scénario. Ensuite dans une autre boutique, puis une autre, et encore une autre ! Là, dans mon for intérieur, elle frisait le carton rouge ! En effet, chaque fois que nous entrions et sortions des magasins, je sentais mon anxiété grandir. Une pensée me vint alors à l’esprit : «Non seulement j’avais raté les plus belles actions de la première mi-temps, mais je réalisais que j’allais manquer tout le match, à cause d’une veste introuvable !» Après avoir regardé ce qui me semblait des centaines de  « superbes vestes », je sentais que je commençais peu à peu à perdre mon calme olympien. Je me disais qu’au rythme où nous progressions, ce n’est pas un match que j’allais rater mais toute la saison !

C’est à ce moment que c’est arrivé, le fait de jeu que je n’aurais jamais imaginé dans cette partie de cache-cache avec cette veste qui commençait à me courir sur les nerfs. Voilà ce qui arriva : Au énième magasin suivant, au lieu de s’arrêter aux rayons vestes (qui me sortaient pas les yeux), je fus stupéfait quand Norma revint avec une robe entre ses mains. Puis tout sourire elle me dit : «Chérie, que penses-tu de cette robe pour notre fille, Kari ?» C’était comme si j’avais pris un tacle dans les mollets ! Mis à l’épreuve au-delà de toute limite humaine et malgré ma bonne volonté de jouer ce match jusqu’à la fin, je cédai et laissai échapper : «Quoi ?!  Que veux-tu dire ? Nous sommes ici pour t’acheter une superbe veste et non une robe pour Kari !». Ma réflexion ne fit aucun effet sur Norma… Nous avons quitté ce magasin pour un autre magasin les mains toujours aussi chargées de vide. Puis arriva l’instant qui m’acheva, tel le penalty sifflé contre moi à la dernière seconde de jeu : Ma femme se retourna vers moi, sans prêter attention à mon visage dépité et me dit : «Dis, mon chéri, et si nous allions prendre un petit expresso tout les deux ?» et elle me tira vers la terrasse d’un petit café italien. Dans mon esprit, je ne voulais pas d’un petit expresso, mais plutôt d’un «retourno presto a la casa !» Regardant à nouveau ma montre, je réalisai que soixante-sept longues minutes de shopping stérile et de ma vie venaient de s’écouler, ainsi que mon match de foot ! Mais il me restait une satisfaction : j’avais battu mon record personnel de shopping de trente minutes ! Une fois assis, mon épouse commença de me parler des affaires concernant nos enfants, et de toutes les choses de la vie et de notre foi en Dieu dont nous n’avions jamais le temps de parler ensemble ! Ce soir-là, je compris davantage une différence commune entre les hommes et les femmes. En fait, je faisais du shopping pour une veste, mais cela s’était vite transformé égoïstement pour moi en une véritable chasse à la veste ! Je voulais conquérir le plus rapidement possible cette veste, la mettre prestement dans le sac de ma femme et retourner à la maison où se passaient les choses les plus importantes pour moi, c’est-à-dire : regarder MON Match, dans mon canapé pour assister à la partie de football de MON samedi après-midi ! Cependant, la vision de ma femme du shopping était diamétralement opposée à la mienne. Pour elle, il s’agissait bien plus que du simple achat d’une veste. C’était une occasion d’être enfin seule avec moi pendant seulement quelques heures, loin des soucis de la vie quotidienne, des enfants et d’un certain match de football ! C’était aussi l’occasion de pouvoir parler des choses essentielles et des vrais sujets de notre vie de famille. C’est une belle leçon que j’ai depuis retenu et qui m’engage a prendre soin de ceux que le Seigneur m’a confié. Car si il y a bien une chose que nous devons donner à ceux que nous aimons, c’est ce qui nous manque souvent le plus : notre temps !

Bonne semaine

Debout Jeunesse

Source : Tiré du témoignage de G. Smalley
PS : Nous sommes désolés suite à un problème informatique les “Debout jeunesse” n’ont pu être diffusés les deux dernières semaines, mais les choses sont rentrées dans l’ordre. Merci de votre patience et compréhension.