Une petite tâche blanche

Psaume 145 versets 10 à 12 : “Toutes tes œuvres te loueront, ô Éternel ! Et tes fidèles te béniront. Ils diront la gloire de ton règne. Et ils proclameront ta puissance, pour faire connaître aux fils de l’homme ta puissance et la splendeur glorieuse de ton règne.”

Qu’il est bon et glorieux pour Dieu de pouvoir rendre témoignage de ce qu’Il a fait dans notre propre existence ! Pouvoir dire, dès que nous en avons l’occasion, comment l’Esprit-Saint nous a convaincu de péché, comment Jésus nous a aimés en donnant Sa vie, comment il a pardonné, effacé, oublié nos transgressions à la Croix… Car lui seul peut ôter la culpabilité et le poids pesant de nos fautes, sauver une âme perdue, transformer une vie, donner un nouveau départ et une espérance… Il n’y a pas de trop grands péchés ou de trop grands pécheurs. Quiconque vient à la Croix, confesse sincèrement son péché, obtient le pardon, le Salut et l’espérance de la vie éternelle : Venez et plaidons ! dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige. S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine.” (Esaïe 1 verset 18)  C’est ce que Dieu fait encore aujourd’hui pour chaque pécheur qui se repent. Et c’est ce que le jeune Khandy va expérimenter… Il raconte :

“Khandy, qu’est-ce que tu as au bras ?” C’est la question qui fusa de la bouche de maman, tandis qu’elle servait le repas du soir. Nous étions en effet tous rassemblés en famille dans notre maison autour de la table de la cuisine. Ma mère ne détachait plus ses yeux de mon bras. Je pouvais lire l’inquiétude et la peur sur son visage. Il est vrai que depuis quelques temps, j’avais remarqué sur mon avant-bras une tâche blanche que je n’arrivais pas à faire disparaître, ni en la lavant, ni en la grattant contre les pierres. Mais cela ne m’avait pas inquiété plus que cela… Mon père se mit alors aussi à regarder avec stupeur cette petite tâche blanche sur mon membre. Cette soirée allait changer totalement le cours ma vie. Depuis ce jour, mes frères m’ont tenu à distance. Tout le monde m’évitait. Plus personne ne voulait jouer avec moi. J’ai perdu tous mes amis. Plus personne n’osait me toucher. J’étais devenu comme un pestiféré, un objet indésirable ! J’ai dû dormir à l’écart, dans un coin de la maison. Jamais plus depuis ce jour ma mère ne m’a pris dans ses bras pour me parler doucement à l’oreille, comme elle le faisait auparavant. Ma situation empira rapidement. Quelques temps après, c’est au fond du jardin que j’ai dû me résoudre à habiter. Ma demeure se résuma alors à une simple et sommaire cabane de planches et de tôles, que mon père construisit à la va vite. Je ne pouvais plus remettre les pieds à la maison.

Des taches blanches, j’en avais maintenant partout sur tout le corps. Un nouveau et terrible mot s’était imposé à moi : LÉPREUX, LÉPREUX ! Oui j’étais devenu un lépreux. Et plus je grandissais et plus je devenais malheureux. Chaque jour, ma mère venait m’apporter, à distance, un peu de nourriture. Oh ! comme j’aurais voulu me précipiter vers elle et lui dire : “Maman, maman, je suis toujours ton petit garçon…”, mais je savais qu’au premier geste, la pauvre femme se serait enfuie, affolée, à la crainte d’attraper ma terrible maladie. Comme elle a dû souffrir elle aussi, combien de larmes n’a-t-elle pas dû verser ?! Puis un jour, je n’ai plus pu supporter d’habiter dans ma cabane au fond du jardin, et d’être nourri comme un chien… Alors, je suis parti ! J’ai quitté mon sordide logis de planches et de tôles. A mon jeune âge, je ne savais que vaguement ce qu’était être un lépreux. D’ailleurs, je ne m’étais jamais imaginé le devenir un jour. Cependant, plusieurs fois j’avais vu des lépreux venir mendier de la nourriture à la porte de notre maison. C’était ceux à qui mes camarades et moi avions si souvent jeté des pierres pour les chasser du village. C’était ceux aussi qui, en passant, criaient : “Impurs, impurs !” pour qu’on s’éloigne d’eux. Je suis donc parti, mendiant ici et là un peu de nourriture. J’ai rencontré d’autres lépreux, et nous avons vécu longtemps loin du monde, loin des villes et des villages, loin de ceux qui nous rejetaient et ne voulaient pas de nous. Un soir, lassé de ma misère, fatigué de cette triste vie qui était pire qu’une mort, je décidai d’en finir avec ma lamentable existence : “Oui, demain, je marcherai jusqu’au fleuve, là je me jetterai à l’eau, et tout sera enfin fini…”

Le lendemain matin, j’ai donc pris la direction du fleuve. En traversant les villages, j’ai crié comme il se doit : “Impur, impur” pour qu’on s’éloigne de moi. Comme à l’accoutumée, on m’a lancé des pierres, mais bientôt, j’ai vu le fleuve miroiter sous les rayons du soleil. Mon cœur était aussi lourd qu’un rocher, mais enfin mon cauchemar allait prendre fin ! Cependant, tout en marchant, j’ai remarqué à une vingtaine de mètres de moi, un vieillard assis sur une pierre plate, au bord du chemin. Ses cheveux et sa barbe brillaient dans le soleil du matin. Je m’apprêtais à faire un détour pour éviter qu’il ne me lance une pierre ou ne crache dans ma direction. Mais au contraire, le vieillard m’appela doucement : “Lépreux, lépreux, viens par ici !”. Surpris et très craintif, je m’approchai de lui. Le vieillard m’invita à m’asseoir à côté de lui. Il me parla doucement de ma maladie ! Mais, il me parla aussi d’une autre maladie, bien plus grave, qui rongeait mon cœur et qui s’appelle le péché. Il me parla d’un endroit où on soigne les lépreux comme moi. Il me parla aussi d’un certain Jésus qui pouvait guérir la maladie de mon âme. Je sentis mon cœur se briser et des larmes me monter aux yeux. Je cachai alors mon visage dans mes mains, et je restai ainsi longtemps, n’osant relever la tête. Quand enfin je me redressai, le vieillard était parti… Alors que je regardai la campagne autour de moi, il me semblait que quelque chose avait changé. La lumière me semblait plus pure, et le soleil plus radieux. Mais surtout quelque chose s’était allumé en moi, et ce quelque chose c’était de l’espoir !

Le vieillard m’avait indiqué un endroit appelé “Léproserie”. Oui, je voulais y aller ! J’ai longtemps marché, j’ai beaucoup cherché. Quand enfin j’ai découvert le lieu indiqué, je me suis trouvé devant un grand bâtiment blanc. Rempli de crainte, j’ai hésité à frapper à la porte. Allait-on me chasser à coup de pierres comme tant et tant de fois ? Reprenant courage, je finis par frapper. Alors, on m’a ouvert et… on m’a souri, puis invité à entrer. On ne m’a pas demandé beaucoup d’explications, mais très rapidement un médecin m’a examiné. Il n’hésitait pas à me toucher de ses propres mains, en les passant sur les endroits malades. On m’a gardé dans cette maison et on m’a soigné. Mais j’avais toujours le cœur lourd, repensant aux paroles du vieillard. Un jour, une des personnes qui s’occupaient de moi m’a donné un livre : “Lisez-le, m’a-t-elle dit avec un bon sourire, c’est la Bible, la Parole de Dieu.” D’abord je n’ai pas saisi grand-chose de ma lecture. Mais un soir, j’ai lu ce que Jésus dit : “Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi”. Alors j’ai compris que le vieillard qui m’avait appelé près de lui sur le chemin, que l’homme qui m’avait ouvert la porte de la léproserie, que le médecin et tous ceux qui s’occupaient de moi tous les jours, avaient tous le même maître : Jésus. Si c’est à cause de Jésus qu’ils m’ont accueilli et qu’ils me soignent avec tant de dévouement et d’amour, alors ça vaut la peine de Le connaître, Lui, Jésus, le Maître. Lui pourra me guérir du péché qui me ronge et guérir mon cœur. Ce soir-là, pour la première fois de ma vie, j’ai prié et Jésus m’a ouvert Sa porte. À la léproserie on m’a donné des médicaments pour soigner ma lèpre, Jésus, Lui, a donné Sa vie sur une croix pour guérir mon âme. Aujourd’hui, je suis délivré de ma lèpre. Je pourrais vous raconter avec quelle joie mes parents m’ont accueilli, quand je suis retourné à la maison, je pourrais aussi vous raconter comment, maintenant, moi aussi, j’aide à soigner les lépreux, mais ce que je voudrais vous dire avant tout, c’est que Jésus m’a aimé, et qu’Il m’a pardonné tous mes péchés, car : “Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde.” (Proverbe 28 verset 13) Oh si beaucoup pouvaient encore apprendre à connaître Celui qui dit : “Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi !” (Jean chapitre 6 verset 37).

Quel message, quelle puissance de l’Évangile ! Depuis combien de temps sommes-nous chrétiens ? Combien de personnes avons-nous réellement conduit au Seigneur Jésus ? Retenons-nous ce trésor de la Bonne Nouvelle uniquement pour nous ? Non, il ne le faut pas ! Ne gardons pas la Vérité captive, et annonçons l’Évangile de Jésus-Christ tant que les temps sont favorables, ne soyons pas paresseux ! Dieu nous a confié des talents que nous devons faire fructifier : Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. […]” (Lire Matthieu 25 verset 14 à 30). Que vas-tu Lui donner quand Il reviendra ? Que le Seigneur puisse donner cette semaine une merveilleuse occasion de témoigner de Lui.

Bon courage et bonne semaine 

Debout Jeunesse